Lors de l’explication de son vote au Conseil de sécurité, le représentant de la Chine, Fu Cong, a détaillé les raisons de l’abstention de son pays, une position qui, tout en réaffirmant les principes fondamentaux de la diplomatie chinoise, critique ouvertement le processus de rédaction mené par la délégation « porte-plume » (les États-Unis, Ndlr.).
Le diplomate chinois a d’abord reconnu les « contributions positives » de la Minurso, notamment dans la surveillance du cessez-le-feu, le déminage et la protection des civils, estimant que la mission a créé des « conditions favorables à un règlement politique ». Par conséquent, la Chine était « favorable à la prorogation de son mandat pour une année supplémentaire ».
Cependant, le texte de la résolution a été la source du désaccord. Selon le représentant chinois, plusieurs membres du Conseil, dont la Chine, ont fait des « contributions constructives » durant les négociations dans l’espoir d’aboutir à un « texte plus équilibré, plus juste ». « Hélas », a-t-il déploré, « le texte final n’est pas équilibré, ne tient pas compte de toutes les préoccupations de toutes les parties et n’est pas un reflet fidèle de toutes les propositions. C’est pourquoi nous nous sommes abstenus ».
La Chine a par ailleurs lancé un appel à la délégation « porte-plume » américaine pour qu’elle adopte à l’avenir une « attitude constructive » et facilite des « consultations plus équitables » afin de parvenir à un consensus plus large au sein du Conseil.
Le représentant a tenu à souligner que la position de fond de la Chine sur le dossier du Sahara « n’a pas changé » et reste « claire ». Pékin espère qu’une « solution politique » sera trouvée, considérant que c’est « l’issue fondamentale ».
Cette solution, selon la Chine, doit reposer sur plusieurs piliers : les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité comme « base importante », et le « dialogue et les négociations » comme « approche qu’il faut adopter ». L’objectif est de parvenir à une « solution politique juste, durable et mutuellement acceptable » à travers des consultations sur un pied d’égalité.
Pékin attend désormais de l’Envoyé personnel qu’il « poursuive ses bons offices pour traduire la dynamique positive actuelle en résultats concrets » et fasse avancer le processus politique.