Qui succèdera à l’Allemagne dans le palmarès de la Coupe du monde U17 ? Le Maroc peut nourrir de telles ambitions, surtout après le titre de champion du monde de ses aînés, décroché il y a quelques semaines au Chili.
Mais avant de rêver plus loin, Abdellah Ouazzane et ses coéquipiers devront bien lancer leur compétition ce lundi 3 novembre (14h30) face au Japon, pour le compte de la première journée du groupe B, sur le terrain numéro 5 du complexe Aspire Zone à Al Rayyan, au Qatar.
Les groupes de la #U17WC dévoilés! ✅
La nouvelle génération de quelle nation soulèvera le trophée = __________? 🏆💎 pic.twitter.com/Dz1vdjmI36
— Coupe du Monde de la FIFA 🏆 (@fifaworldcup_fr) May 25, 2025
À l’instar de l’ensemble des matchs de cet événement planétaire, devenu annuel, tous les matchs jusqu’à la finale se déroulent sur les terrains du complexe Aspire Zone, à Al Rayyan, à environ neuf kilomètres du centre de Doha.
Seule la finale se jouera au stade Khalifa International, également situé sur le site de l’Aspire Zone. Un écrin qui n’est pas sans rappeler la formidable épopée du Maroc à l’occasion de la Coupe du monde 2022. Les A y avaient subi une défaite lors de la petite finale contre la Croatie.
Cette fois, les Lionceaux de l’Atlas veulent écrire leur propre histoire et rêvent de fouler cette pelouse pour y décrocher la victoire et rejoindre les U20 sur le toit du monde.
« Après ce que les U20 ont accompli au Chili, on a envie de les imiter. Disputer une Coupe du Monde, il n’y a rien de mieux », assure Ilyas El Arbaoui (Athletic Bilbao) dans un entretien accordé à la Fédération internationale de football (FIFA).
Mais il ne faut pas se leurrer. La tâche s’annonce encore plus ardue car cette compétition est nettement plus exigeante que sa devancière. Beaucoup plus que ce que certains pourraient imaginer.
Une compétition bien plus relevée que le Mondial U20
Sans minimiser l’exploit des hommes de Mohamed Ouahbi, « les meilleurs joueurs de moins de 20 ans au monde n’étaient pas tous présents lors du Mondial U20″, nous explique un formateur de jeunes.
Et pour cause, « les plus grands espoirs de cette catégorie sont quasiment tous titulaires dans les équipes premières de leurs clubs respectifs qui n’ont d’ailleurs pas voulu les libérer tant ils sont devenus indispensables. Mais pour le mondial U17, il faut s’attendre à voir les meilleures moins de 17 ans », ajoute notre interlocuteur.
Dès lors, le Maroc fera face à un niveau de compétition beaucoup plus élevé. La FIFA ne se trompe vraiment pas en le décrivant comme le tournoi des futures stars du ballon rond. Cela dit, les motifs d’espoir sont toutefois légion pour l’équipe nationale.
Déjà, parce que le continent africain a toujours fait bonne impression dans cet évènement. Pour preuve, sept des 19 éditions sont tombées dans l’escarcelle de pays africains, notamment le Nigéria (5) et le Ghana (2).
De surcroît, le Maroc aborde le tournoi avec une confiance renforcée, quelques mois seulement après son sacre à la Coupe d’Afrique des nations U17, obtenu au terme d’un parcours jalonné de trois victoires et trois matches nuls, avec 11 buts inscrits pour un seul encaissé.

« Remporter ce titre, c’était spécial, mais ça l’était encore plus car nous avons été la première équipe du Maroc à y parvenir dans cette catégorie d’âge », explique le sélectionneur national, Nabil Baha.
“Le bilan que nous en avons fait, c’est que nous avons une génération très prometteuse, d’autant que huit des joueurs de notre groupe sont de 2009. Nous connaissons nos forces et nos faiblesses, et nous avons confiance dans notre capacité à affronter sans peur n’importe quel adversaire », poursuit-il.
Les deux premiers et les huit meilleurs troisièmes seront qualifiés pour les seizièmes de finale
Cet état d’esprit conquérant sera nécessaire pour s’extirper dans un premier temps d’un groupe B, où le Maroc affrontera donc le Japon, mais aussi les champions d’Europe portugais (jeudi 6 novembre) et la Nouvelle-Calédonie (dimanche 9 novembre).
« On va se préparer de la même manière pour les trois matches, avec la même ambition de les remporter pour finir en tête, en ne laissant aucune chance à nos adversaires. C’est notre état d’esprit », promet Ilyas El Arbaoui.
Ce ne sera pas une mince affaire, même si les chances de qualification au second tour sont plus grandes que jamais. Encore plus que lors de la dernière édition, qui avait vu les Lionceaux de l’Atlas atteindre les quarts de finale, où ils s’étaient inclinés de justesse contre le Mali (1-0).
Voir cette publication sur Instagram
En effet, pour la première fois dans l’histoire de la compétition, le Mondial U17 met aux prises 48 équipes. Les deux premiers de chaque groupe et les huit meilleurs troisièmes seront qualifiés pour les seizièmes de finale.
Cependant, le Maroc aurait tout intérêt à l’emporter dès son entrée en lice face au Japon, afin de ne pas jouer ses chances de qualification face au Portugal, l’ogre du groupe B, lors de la 2ᵉ journée.
Une victoire d’entrée du Maroc ne serait pas saugrenue, au regard du pedigree du Japon, qui s’est qualifié en tant que quart-de-finaliste de la Coupe d’Asie U17.
Le pays du Soleil levant compte déjà dix participations à la Coupe du monde de la catégorie, avec pour meilleur parcours les quarts de finale atteints en 1993 et 2011.
Le Japon produit un jeu qui a les défauts de ses avantages
Certes, cela traduit une forme de continuité et une amélioration de la formation Nippone, mais les générations se suivent mais ne se ressemblent pas forcément. Et puis le Japon produit un jeu qui a les défauts de ses avantages.
Les Japonais adoptent un style de jeu protéiforme porté vers l’attaque, qui met l’accent sur la rapidité et la technicité de leurs joueurs. Mais on y retrouve aussi une certaine naïveté dans la conception du football.
Ils peuvent parfois se montrer vulnérables face à des équipes capables de punir les espaces laissés derrière leur ligne défensive.
C’est précisément le point fort du Maroc, qui peut compter sur la vision de jeu d’Abdellah Ouazzani et sur le sens du placement et les appels incessants de Ziyad Baha pour exploiter ces failles.

Pour le coup, on regrette le forfait d’Elyesse Belmokhtar, qui se serait sans doute régalé face à la défense nippone.
Mais le Maroc dispose d’autres atouts pour inscrire son nom au panthéon des grandes nations et produire une génération qui fera les beaux jours des A.
À l’image de Cesc Fàbregas (Espagne) ou Toni Kross (Allemagne), qui ont été Ballons d’or du Mondial U17 mais qui ont aussi connu une brillante carrière internationale. C’est tout le mal que l’on souhaite à la bande de Nabil Baha.