Le Maroc peut se mordre les doigts d’avoir concédé une défaite dès son entrée en lice dans la Coupe du monde U17 face au Japon (0-2). Car ce lundi 3 novembre à Doha au Qatar, l’équipe nationale a perdu un match qu’elle pouvait gagner.

Le champion d’Afrique a finalement subi la loi du dernier quart de finaliste de la Coupe d’Asie, qui a pris l’avantage grâce à Daigo Hirashima (57′) et Taiga Seguchi (98′). Comme quoi, il n’y a pas de hiérarchie préétablie dans un tournoi aussi relevé. 

Espérons que cette règle joue cette fois en faveur du Maroc face au Portugal, champion d’Europe, le jeudi 6 novembre (13h30), lors de la deuxième journée du groupe B, une rencontre déjà capitale pour espérer voir le second tour.

Le sélectionneur Nabil Baha a aligné un onze somme toute attendu, structuré autour d’un système de jeu modulable. À la base, c’est un 4-3-3 sur les phases offensives et un 4-1-4-1 si l’on met de côté le gardien.

Mais défensivement, les Marocains ont fait preuve d’une intelligence situationnelle pour bloquer les pistons japonais, en passant parfois à une organisation et à une ligne défensive composée de six joueurs à plat, les attaquants excentrés venant se placer aux deux extrémités de cette ligne.

Très appliqués dans leurs transmissions, malgré quelques prises de risques dans leur propre camp, les Lionceaux de l’Atlas semblaient sûrs de leur force face à une équipe qui, elle, était sur un fil, en particulier dans le premier acte. 

D’autant que l’arrière-garde japonaise ne transpirait vraiment pas la sérénité, malgré trois défenseurs centraux. 

Zakaria El Khalfioui a été le premier à tenter sa chance sur un coup franc excentré côté gauche, mais son tir est passé de peu au-dessus des cages de Shuji Muramatsu (3’).

Un coup franc glané à la suite d’une action collective rondement menée, au bout de laquelle Moncef Zakri avait débordé dans le bon tempo.

Le latéral avait déjà obligé un peu plus tôt le portier adverse à sortir un arrêt remarquable sur un tir des 25 mètres qui prenait la direction de la lucarne. 

Abdellah Ouazane fantomatique

Quelques minutes plus tard, c’est l’appel en profondeur de Abdelali Eddaoudi qui a mis au supplice une défense nippone dont la vitesse n’est pas la qualité première.

Mais la tentative à ras de terre de l’attaquant marocain a été détournée en corner par le portier adverse (8’). La rapidité et les appels incessants du joueur du Fath Union Sport ont dynamisé les phases offensives de ses coéquipiers, dont le calme et la sérénité tranchaient avec l’enjeu de la rencontre.

Chacun savait ce qu’il avait à faire, où se placer, quand presser et comment. Bref, une équipe bien en place et un collectif aussi talentueux que solidaire. Car dans le haut niveau, l’un ne va pas sans l’autre. Mais cela a manqué de consistance sur la durée. On y reviendra. 

D’ailleurs, le sélectionneur national n’était pas pour autant satisfait, au vu des multiples consignes adressées à ses protégés lors de la pause fraîcheur.

Une pause intervenue après une demi-heure de jeu, où le Maroc a donc été le plus dangereux. Petit bémol, la prestation de Abdellah Ouazane laissait à désirer.

Coupable de plusieurs pertes de balle, il n’a pas eu l’habituel rayonnement au milieu de terrain ni la mainmise sur le jeu de son équipe.

Et lorsqu’il était touché dans le demi-terrain offensif, il n’était pas juste dans ses choix ni dans l’exécution, à l’instar de l’avant-centre, Ziyad Baha.

Le principal fait d’armes du Sévillan a été une remise au cœur de la surface de réparation pour El Aoud. Mais ce dernier a manqué le cadre (40’).

Le Japon a accéléré en seconde mi-temps

Ceci contrairement à Minato Yoshida, qui a mis à contribution pour la première fois Chouaib Bellaarouch à la réception d’un corner dans les derniers instants de la première mi-temps.

Le meneur de jeu japonais a remis ça au retour des vestiaires. Le portier marocain était encore une fois vigilant afin de sortir du pied une frappe vicieuse qui a précédé une autre en pivot de Hiroto Asada. 

Ainsi, en moins de cinq minutes, le Japon venait de se créer plus d’occasions que lors des 45 premières. Une double piqûre de rappel qui a fait son effet puisque le Maroc a repris sa marche en avant ,en mettant d’abord le pied sur le ballon avant d’essayer de trouver les appels en diagonale de leurs attaquants dans la surface de réparation. 

C’est à travers ce schéma qu’Ismaïl El Aoud a créé un vent de panique dans la défense japonaise à plusieurs reprises. Mais à ce niveau, chaque erreur est directement sanctionnée.

À la suite d’une perte de balle de Elyes Saidi au milieu de terrain, le décalage créé a permis à Taïga Seguchi d’être esseulé à l’entrée de la surface marocaine et de tromper Chouaib Bellaarouch d’une merveille de ballon enroulé (57’). 

Autant il ne pouvait rien sur l’ouverture du score, autant le dernier rempart de l’équipe nationale est totalement sorti à contre temps au devant de Minato Yochida qui a doublé la mise.

Le re-visionnage de l’action a mis en évidence une main de l’attaquant nippon. Le but étant refusé, le Maroc avait encore une chance de revenir au score.

Mais pour y parvenir, il était nécessaire de percer le coffre-fort japonais. Une mission qui devenait quasi impossible au fur et à mesure que les minutes s’égrenaient. 

Les changements opérés par Nabil Baha n’ont pas eu l’effet escompté. Pis, le Japon a doublé la mise par l’intermédiaire de Taïga Segushi sur un contre éclair en fin de match.

Une mauvaise nouvelle pour le goal-average même si rien n’est encore fait. Le Maroc peut se rattraper dès la prochaine journée, ce jeudi 6 novembre face au Portugal.