Invité dans le studio de Médias24, Nassim Belkhayat, fondateur de Neo Motors, revient sur la genèse et évoque les perspectives de la nouvelle Dial-E.

L’entreprise, qui avait déjà lancé un véhicule thermique avec « un taux d’intégration locale de plus de 65% », engage une nouvelle aventure avec ce nouveau modèle 100% électrique.

Du thermique à l’électrique : une stratégie de niche

« En tant que constructeur, nous avons compris qu’il serait très compliqué de trouver notre place parmi les géants européens et l’avalanche de véhicules chinois », explique Nassim Belkhayat. Face à ce constat, Neo Motors a décidé il y a deux ans de « pivoter » pour devenir « le géant de la micro-mobilité« . S’inspirant du succès de la Citroën Ami en Europe, l’entreprise a identifié un marché porteur pour des petits véhicules urbains.

La nouvelle voiture électrique partage un écosystème similaire à son aînée thermique, notamment un châssis tubulaire, un « set de verre », des faisceaux et des sièges, tous fabriqués localement. La principale nouveauté est la batterie, qui représente 35% de la valeur du véhicule.

« Cette batterie, aujourd’hui, on la fabrique chez Neo », précise Nassim Belkhayat. L’entreprise a investi dans une ligne de « packing » de batteries et maîtrise la technologie du BMS (Battery Management System), lui permettant de « coder sa propre batterie ».

Actuellement, le véhicule atteint 20% à 25% de taux d’intégration, mais « quand on sera en maîtrise complète de notre batterie, on atteindra les 55%. Les cellules sont pour l’instant importées, mais Neo Motors deviendra le premier client de la future Giga Factory Gotion au Maroc, ce qui permettra d’utiliser des cellules produites à partir de phosphate et de fer marocains ».

Homologation européenne et ambitions à l’export

En moins de deux ans, Neo Motors a réussi à « refabriquer un véhicule électrique, à l’homologuer et à le certifier au nom de Neo Motors par un organisme européen ». « On est la première start-up industrielle africaine à avoir une homologation complète européenne« , indique Nassim Belkhayat.

Le véhicule sera donc commercialisé non seulement au Maroc, mais aussi sur le marché européen dès janvier 2026. L’objectif est d’atteindre 10.000 unités vendues sur trois ans, avec une capacité de production de 10.000 véhicules par an (25 à 30 par jour).

Accessible et adapté : la réponse aux contraintes locales

Le véhicule a été conçu pour répondre aux problématiques marocaines et africaines. Conscient des défis liés à l’infrastructure de recharge, Nassim Belkhayat souligne que « ce modèle se charge comme un iPhone, avec une prise simple murale ». Il se recharge complètement en 6-7 heures, offrant une autonomie de 150 km et une vitesse de pointe de 85 km/h.

Avec un prix de 99.800 DH TTC (grâce à une TVA réduite pour les véhicules économiques), et des mensualités estimées à 1.300-1.400 DH après un acompte de 10.000 DH, le véhicule se veut « accessible ».

« On l’a pensé pour les Marocains qui s’étaient plaints de ne pas pouvoir acheter un véhicule Made in Morocco« , ciblant les étudiants, les jeunes entrepreneurs, les collectivités et les entreprises pour leurs flottes commerciales.

Le modèle chinois comme source d’inspiration

Interrogé sur la concurrence chinoise, Nassim Belkhayat ne cache pas son admiration. « Je suis impressionné par le niveau de qualité de leurs véhicules. Aujourd’hui, je fais le Chinois avec les Chinois, je vais m’inspirer chez eux », confie-t-il.

Pour lui, le succès de l’industrie automobile chinoise, qui est passée en vingt ans de « voitures en carton » à une position de leader technologique, est un « véritable modèle à suivre ».

Neo Motors entend donc s’inspirer de cette agilité, en utilisant le reverse engineering et le remanufacturing pour comprendre et adapter les technologies existantes, tout en y introduisant une valeur ajoutée marocaine en termes de design et de savoir-faire.