Dans la soirée du mardi 4 novembre, le Paris Saint-Germain a perdu bien plus qu’un match de la 4e journée de Ligue des champions devant le Bayern Munich.
Son latéral droit, Achraf Hakimi, est sorti avant la mi-temps, blessé à la cheville gauche, après avoir subi un tacle par derrière de Luis Díaz.
L’attaquant colombien, auteur des deux buts de son équipe, est passé du statut de bourreau du PSG à celui de boucher, tant son geste incontrôlé fut aussi grave qu’inconsidéré.
Le tacle absolument HORRIBLE de Luis Diaz sur Achraf Hakimi 😱
Le Colombien est exclu, mais le Marocain est contraint de sortir 😳#PSGBAY | #UCL pic.twitter.com/JcBIY8GgYk
— CANAL+ Foot (@CanalplusFoot) November 4, 2025
On se demande encore comment l’arbitre a dû revoir les images pour transformer le carton jaune initialement adressé à Díaz en une expulsion logique.
En pleurs et incapable de poser le pied gauche sur la pelouse du Parc des Princes, le capitaine de l’équipe nationale a dû être porté par le staff médical du PSG en quittant la pelouse.

Quelques minutes après le match, le 6e joueur au dernier classement du Ballon d’or quittait le stade en béquilles, le pied gauche enveloppé dans une botte de protection.

Et c’est tout le Maroc qui retient son souffle à un mois et demi du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc, le dimanche 21 décembre.
Une indisponibilité d’au moins cinq semaines, voire davantage
Pour l’heure, il est difficile de statuer sur la gravité de la torsion et encore moins sur la durée d’indisponibilité de l’international marocain, qui fêtait son 27e anniversaire le soir même.
D’abord, car il faut que sa cheville se dégonfle avant de pouvoir réaliser des examens et déterminer le mal dont il souffre. Ensuite, la durée d’indisponibilité indiquera s’il sera remis à temps pour disputer la Coupe d’Afrique des nations.
Les échos parvenus de l’autre côté de la Méditerranée parlent d’une torsion de la cheville de modérée à grave. Les durées d’indisponibilité évoquées vont de 5 à 8 semaines avant une possible reprise.
Soit juste avant ou juste après la phase de groupes de la compétition continentale. Ce qui représente deux scénarios totalement différents. D’autres possibilités sont également à prévoir. Voici l’analyse du site Physioscout sur son compte Twitter :
« Les mécanismes d’éversion et de rotation externe suggèrent une lésion de la syndesmose. L’incapacité de Hakimi à s’appuyer sur sa jambe fait craindre une fracture du péroné (et peut-être du tibia).
Il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’une fracture du péroné associée à une entorse grave de la cheville.
Délais de récupération possibles :
– En cas de syndesmose : 8 à 10 semaines avec intervention chirurgicale.
– En cas de fracture isolée du péroné : 6 à 10 semaines avec intervention chirurgicale.
– En cas de syndesmose et de fracture : 12 semaines ou plus.
– En cas de fracture du tibia, la convalescence serait considérablement prolongée.
Ce type de tacle en ciseaux est parfois associé à une lésion du ligament collatéral médial (LCM) en raison de la force en valgus exercée sur la jambe. Cependant, la blessure à la cheville est plus préoccupante.
Achraf Hakimi had to come off in PSG’s clash vs. Bayern Munich with a lower leg injury.
Eversion + external rotation mechanics suggest syndesmosis damage. Hakimi’s inability to weight-bear raises concern for a fibula (± tibia) fracture.
A good chance this is a fibula fracture +… pic.twitter.com/FjECRjqXAu
— Physio Scout | Football Injury Analysis (@physioscout) November 5, 2025
Sous les ordres de Walid Regragui, le Maroc a perdu plus de matchs avec que sans Hakimi
Dans le meilleur des cas, les délais seront donc serrés, d’autant qu’ils ne prennent en considération ni la probabilité d’une rechute, ni le temps nécessaire à Hakimi pour retrouver le rythme après plusieurs semaines d’inactivité.
Bref, la blessure du 11e meilleur buteur de l’histoire de l’équipe nationale (11 buts en 88 sélections) inquiète. Même si, sous les ordres de Walid Regragui, Achraf Hakimi était de toutes les défaites de l’équipe nationale (4).
Toutefois, son importance est cruciale à bien des égards. En premier lieu, c’est l’une des principales armes offensives des Lions de l’Atlas.
Sa présence accapare l’attention des adversaires, avec des prises à deux, voire à trois, qui accordent plus de temps et d’espace à ses coéquipiers autour de lui.
En outre, c’est un cadre important du groupe. Très apprécié de ses coéquipiers, il représente une courroie de transmission entre le staff et les joueurs sur le terrain.
En somme, son absence risque de faire beaucoup de mal. Cela dit, on voit mal le monde s’écrouler autour de l’équipe nationale comme un château de sable balayé par la marée.
Car on espère que le sélectionneur ne compte pas sur son capitaine pour remporter la CAN à lui seul. Son rôle est certes prépondérant dans cette équipe, mais nous avons la faiblesse de penser que le technicien marocain a d’autres alternatives en tête.
Noussair Mazraoui est l’alternative qui s’impose. En matière de qualité technique, les deux joueurs se valent, même si le défenseur de Manchester United n’a pas brillé par sa fiabilité physique ces derniers mois.
Derrière lui dans la hiérarchie, on retrouve Mohamed Chibi. Vainqueur de la dernière édition de la Ligue des Champions africaine avec le maillot de Pyramids FC (Égypte), le natif de Casablanca peut dépanner à travers sa hargne défensive, mais sans plus.
Il ne faudra pas attendre de lui des fulgurances offensives ni des chevauchées à la Hakimi.
Un deuxième problème à régler en défense et c’est bien le plus préoccupant
Ce dont on peut être certain, c’est qu’un éventuel forfait d’Achraf Hakimi serait inquiétant eu égard aux difficultés de Walid Regragui à composer sa défense.
C’est une deuxième pierre jetée dans le jardin du sélectionneur. Déjà qu’il a du mal à trouver un complément à Nayef Aguerd, il devra peut-être faire sans Achraf Hakimi, ce qui constitue un deuxième problème.
Sans parler de Youssef Belaamari, dont les prestations sur le côté gauche n’inspirent vraiment pas confiance sur la durée d’un match, notamment en termes de placement défensif.
Et si le défenseur marseillais, qui ne cesse d’enchaîner les matchs avec l’OM malgré une gêne constante à la hanche, venait à se blesser également, on pourrait débarrasser la table, plier la nappe et aller dormir.
Autrement dit, aller au bout de la CAN risque de devenir compliqué. Car ce genre de compétition ne se gagne pas avec une attaque de feu mais avec une défense d’airain et de glace.
Ainsi, plus de 40 millions de Marocains se sont certainement mal endormis. Mais tout n’est pas perdu. Une telle éventualité peut aussi devenir une source de motivation collective.
Le groupe peut se souder davantage autour de son capitaine blessé, redoubler d’efforts et trouver dans cette épreuve le supplément d’âme nécessaire pour briller à domicile lors de la CAN.
Car, souvent, c’est dans l’adversité que naissent les plus grandes épopées. A moins que tout soit mis en œuvre pour permettre à Achraf Hakimi de revenir à temps. Auquel cas, tout cela ne sera qu’un mauvais souvenir.
https://medias24.com/2025/10/23/can-2025-a-quoi-ressemblerait-une-defense-du-maroc-sans-nayef-aguerd/