En 2026, le ministère de la Santé bénéficiera, d’une enveloppe budgétaire supplémentaire d’environ 10 milliards de dirhams (MMDH), portant ainsi son budget annuel à un niveau inédit de 42,3 MMDH.
Ce budget est réparti comme suit :
– 27,85 MMDH pour le fonctionnement, dont 16,4 MMDH consacrés au personnel et 11,43 MMDH destinés à l’équipement et aux autres dépenses courantes ;
– 14,5 MMDH pour l’investissement.
Répartition des 10 MMDH supplémentaires pour 2026
Le ministre de la Santé a présenté, le 3 novembre en commission des secteurs sociaux, le budget de son département au titre de l’année 2026. Consulté par Médias24, ce budget est en augmentation de 30% par rapport à 2025.
Les 10 MMDH supplémentaires dont bénéficiera ce ministère seront répartis comme suit :
- 617 millions de DH (MDH) alloués à la couverture de 1.500 nouveaux postes budgétaires ajoutés au titre de l’année 2026, portant le total à 8.000 postes, contre 6.500 en 2025.
- 2,05 MMDH de soutien en faveur du Groupement territorial de santé (GST) de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTAH), dont 1,7 MMDH pour les dépenses du personnel de santé et 305 MDH pour les frais de fonctionnement.
- 350 MDH de soutien en faveur de l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés.
- 150 MDH de soutien en faveur de l’Agence marocaine des médicaments et produits de santé (AMMPS).
- 80 MDH de soutien en faveur du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Laâyoune.
- 206 MDH de soutien en faveur du CHU d’Agadir, dont l’ouverture a été ordonnée ce 3 novembre par le Roi Mohammed VI.
- 5,5 MMDH consacrés à la réhabilitation de 91 centres hospitaliers et à la mise à niveau de 1.600 établissements de soins de santé primaires.
Les principales nouveautés du budget 2026 de la santé
L’année 2026 constituera, selon le ministre, une étape clé pour consolider et accélérer le chantier de réforme en cours. Pour ce faire, les principales mesures prévues sont les suivantes :
– La poursuite du chantier de construction des CHU, notamment à travers l’équipement du nouvel hôpital Ibn Sina à Rabat, dont l’achèvement est prévu en 2026, ainsi que la poursuite de la construction et de l’équipement des nouveaux CHU à Béni Mellal, Guelmim et Errachidia.
– Le lancement de la deuxième phase de réhabilitation de 1.600 centres de santé répartis régionalement, avec un budget prévisionnel de 1,47 MMDH en crédits de paiement et 1,26 MMDH en crédits d’engagement.
– Le renforcement de l’offre de soins par la poursuite et le lancement des travaux de construction des centres hospitaliers régionaux (CHR) et provinciaux (CHP), des hôpitaux psychiatriques, des hôpitaux spécialisés et de proximité.
– Le lancement d’un programme régional de construction de 12 centres de transfusion sanguine, avec un budget de 200 MDH en crédits de paiement et d’engagement pour 2026.
– Le lancement de la rénovation de 90 hôpitaux, nécessitant une réhabilitation à différents niveaux pour assurer le confort des patients, améliorer l’efficacité des services et renforcer les performances sanitaires du Royaume. Le budget prévisionnel pour ce chantier en 2026 est estimé à 1,32 MMDH en crédits de paiement et 2 MMDH en crédits d’engagement.
– La mise en œuvre progressive des GST et la poursuite du programme de réhabilitation des infrastructures et des équipements sanitaires, avec un budget de 550 MDH pour 2026.
– L’accélération de la digitalisation du système de santé national.
2.440 lits prévus dans quatre nouveaux CHU…
La construction et l’équipement des CHU est l’un des principaux chantiers du ministère de la Santé pour 2026, avec une capacité totale supplémentaire de 2.440 lits prévue dans les quatre nouveaux centres suivants :
– Hôpital Ibn Sina à Rabat, prévu d’être achevé en 2026 (1.044 lits) ;
– CHU de Guelmim (376 lits) ;
– CHU d’Errachidia (500 lits) ;
– CHU de Béni Mellal (520 lits).
… et environ 6.800 lits supplémentaires dans 65 établissements hospitaliers
Le ministère prévoit également la construction, la reconstruction et l’extension de 65 établissements hospitaliers, avec une capacité supplémentaire totale de 6.800 lits. Il s’agit notamment des CHR de Dakhla (80 lits), Oujda (380 lits) et Béni Mellal (450 lits), et des CHP de Khémisset (270 lits), Mohammédia (250 lits), Nador (250 lits) et Azilal (120 lits).
Les nouveaux projets de construction/reconstruction et d’équipement prévus sont répartis comme suit :
– la construction du CHP d’El Hajeb ;
– la reconstruction des CHP de Bouarfa, Settat, Moulay Rachid, Essaouira, El Kelâa des Sraghna, Taroudant et Midelt ;
– la réhabilitation, la rénovation et la modernisation de 91 centres hospitaliers ;
– la construction et l’équipement des hôpitaux de proximité de Ghafsai (45 lits), Mechra Bel Ksiri (45 lits), Dar Kdari (45 lits) et Al Watiya à Tan-Tan (45 lits).
Vers la généralisation des GST en 2026
La généralisation des GST à toutes les régions du Royaume est également l’un des projets phares prévus en 2026 par le ministère de la Santé. Pour ce faire, le ministère doit élaborer une feuille de route opérationnelle comprenant les mesures organisationnelles, techniques et financières, dont :
– le transfert progressif des ressources humaines, matérielles et financières des directions régionales et délégations vers les GST ;
– l’élaboration des budgets régionaux intégrés pour les GST ;
– l’unification du système d’information sanitaire régional et la connexion des établissements de santé au niveau de chaque région ;
– l’élaboration de plans de communication régionaux.
L’objectif est d’assurer la coordination entre les différents niveaux de soins (de proximité, régional et national) et d’améliorer la performance et l’efficacité des services de santé.
Le ministère ambitionne par ailleurs de mettre en œuvre le dossier médical partagé et de déployer la feuille de soins électronique au niveau national, en partenariat avec la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Ce dernier chantier a été entamé par le ministère, qui prévoit une phase pilote à Kénitra avant sa généralisation. Il a tenu des réunions dans ce sens, avec les pharmaciens et certains syndicats de médecins privés, qui le rejettent déjà.
Valorisation des ressources humaines
En ce qui concerne les ressources humaines, le ministère prévoit d’élaborer et d’examiner plusieurs projets de décret d’application de la loi 09-22 relative aux garanties essentielles accordées aux ressources humaines.
Il s’agit notamment du décret définissant la part variable du salaire et la prime de travail dans les zones difficiles (Article 7), tant attendus par les professionnels du secteur, mais aussi du projet de décret définissant les conditions et modalités d’exercice de certaines missions dans les établissements privés par les professionnels de santé du secteur public (Article 9).
En ce qui concerne la formation initiale et continue, elle sera renforcée par l’augmentation de la capacité des instituts de formation professionnelle en santé pour atteindre 1.300 places pour 2025-2026, la poursuite du renforcement de la carte de formation au niveau des instituts supérieurs des professions infirmières et des techniques de santé (ISPITS) et des instituts de formation professionnelle en santé, mais aussi à travers l’ouverture d’instituts de formation professionnelle en santé dans les régions qui n’en disposent pas encore.
Agences du médicament et du sang
Pour ce qui est de l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés, le ministère prévoit, en 2026, la création et la réhabilitation de centres régionaux de référence.
La région Casablanca-Settat abritera un pôle national d’excellence dédié au transport sanguin, tandis que la région Rabat-Salé-Kénitra accueillera un centre de coordination, de formation et de référence qualité, doté également d’un point de collecte de plasma pour le fractionnement.
D’autres pôles régionaux et unités fonctionnelles verront le jour selon la carte sanitaire nationale, notamment dans la région Béni Mellal-Khénifra et dans d’autres provinces.
En ce qui concerne l’Agence marocaine des médicaments et produits de santé (AMMPS), le ministère mettra l’accent sur le renforcement de la souveraineté pharmaceutique et le développement du local manufacturing. Les premiers projets liés à la politique pharmaceutique nationale prévus en 2026 incluent le soutien à la production locale de matières premières, de médicaments génériques et de vaccins, ainsi que l’encouragement de l’investissement dans les industries biotechnologiques pharmaceutiques.
Le ministère prévoit aussi de consolider ses partenariats avec les acteurs industriels afin d’atteindre l’autosuffisance en médicaments essentiels.
Parallèlement, l’AMMPS poursuivra ses démarches d’accréditations internationales, notamment pour atteindre la troisième phase d’évaluation internationale (3ML) selon l’outil mondial GBT.
Feuilletez la présentation du ministre au Parlement :
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