Le Maroc n’est jamais aussi à l’aise que dans la peau d’un outsider. Cela tombe bien, puisqu’il le sera face au Portugal lors de la 2e journée du groupe B de la Coupe du monde U17, ce jeudi 6 novembre (13h30) sur la pelouse du terrain 8 de l’Aspire Zone, à Doha au Qatar.
Les protégés de Nabil Baha seront quelque peu dos au mur à l’heure de rencontrer les champions d’Europe qui ont battu la Nouvelle-Calédonie (6-1).

La défaite inaugurale contre le Japon (2-0) leur a mis un coup au moral et les oblige désormais à jouer avec la pression de remporter des points.
Au moins un point afin de ne pas hypothéquer leurs chances de qualification au second tour parmi les huit meilleures troisièmes.
Ce ne sera pas une sinécure. Les Lionceaux de l’Atlas seront attendus sur leur capacité à ne pas répéter les mêmes erreurs que lors de la précédente rencontre.
Factuellement, le Japon n’est pas un foudre de guerre et il est loin d’être supérieur techniquement aux Marocains. C’est une équipe qualitativement homogène, disciplinée et solidaire. Plus important encore, elle a su prendre la mesure de l’événement avec détermination.
C’est l’état d’esprit qui a fait toute la différence dans cette rencontre. Les Nippons se sont jetés sur chaque ballon comme si leur vie en dépendait.
Alors que les Marocains donnaient l’impression d’être champions du monde par procuration, après le sacre des U20 au Chili.
Sans énergie, sans idées et surtout sans combativité, les Lionceaux de l’Atlas sont apparus blasés, loin de la hargne qui devait les porter. Cela s’est particulièrement vérifié sur l’ouverture du score japonaise.
Au-delà de la perte de ballon évitable au milieu de terrain, c’est l’attitude des attaquants excentrés qui pose question. Il ne s’agit pas de les accabler, mais le manque de combativité d’Abdelali Daoudi était pour le moins affligeant.

Le joueur du Fath Union Sport (FUS) de Rabat n’a jamais réussi à combler le retard qu’il avait sur son adversaire direct. Tout simplement car il n’a pas voulu sprinter pour réduire l’écart qui le séparait de Taiga Seguchi.
Maroc : une balance offensive défaillante
Cette action a également mis en évidence une autre problématique côté marocain. Le staff technique aura à charge d’améliorer la balance offensive de son équipe.
« Maintenir une balance offensive est primordial dans le football moderne car cela permet de se préparer à perdre le ballon avant que ce ne soit le cas », expliquait récemment le sélectionneur du Portugal, Roberto Martinez, lors d’un événement organisé récemment par la plateforme FIFA Training.
Autrement dit, le bloc équipe doit se préparer à défendre son but avant même de perdre le ballon. L’idée est de prévoir la manière dont l’équipe adverse attaquera lorsqu’elle récupère le cuir.
Le Maroc a malheureusement péché dans ce domaine, éprouvant énormément de difficultés à contenir les transitions défense-attaque du Japon.
Si un tel scénario venait à se répéter contre le Portugal, l’addition risque d’être encore plus salée. « Nous disposons de joueurs de qualité capables de faire la différence et de montrer sur le terrain de quoi ils sont réellement capables », a assuré Nabil Baha lors de la conférence d’avant-match.
Encore heureux que le sélectionneur des U17 aspire à ce que ses joueurs montrent enfin leur vrai visage. D’une certaine manière, c’est aussi avouer que ce n’était pas le cas lors de la première rencontre.
Maroc – Portugal : un adversaire qui développe un football total
De toute façon, les Marocains n’ont plus le choix, surtout qu’en face, le Portugal ne va pas faire dans la dentelle. « Il faut montrer davantage d’envie et de grinta pour battre le Portugal, une équipe qui joue avec intensité et possède des attaquants talentueux », a insisté Nabil Baha.
Difficile de le contredire, au vu de la démonstration portugaise, surtout en seconde mi-temps. Après avoir concédé le premier but, les joueurs de Manuel Albino ont continué à dérouler leur jeu sans se précipiter.
Un style de jeu protéiforme, fait de mouvement, de combinaisons dans les petits espaces et de débordements sur les ailes.

Le tout agrémenté d’une volonté immuable d’attaquer quel que soit le score, en mettant beaucoup d’entrain et surtout énormément de joueurs dans la surface de réparation adverse.
Une zone où Anísio Cabral a été particulièrement en vue. Il y a ses deux buts, bien évidemment, mais aussi son physique hors norme pour un joueur de cet âge (1m87). Et techniquement, il ne se débrouille pas si mal. En tous cas, il possède le flair du buteur.
La vigilance du Maroc sera donc mise à rude épreuve. Même si, au fond, ce n’est pas si mal si les Lionceaux de l’Atlas se retrouvent dans la position de l’outsider.