Après sa défaite devant le Portugal (0-6), ce jeudi 6 novembre à Doha au Qatar, il faudrait un miracle pour que le Maroc se qualifie au second tour de la Coupe du monde U17.
Il suffisait de voir les mines défaites des Lionceaux de l’Atlas pour comprendre que leur aventure sur les pelouses de l’Aspire Zone touchait à sa fin.
Dernière du groupe B avec une différence de buts largement défavorable, l’équipe nationale U17 ne peut en vouloir qu’à elle-même, surtout après la défaite inaugurale contre le Japon (0-2).
Malgré un dernier rendez-vous prévu le dimanche 9 novembre contre la Nouvelle-Calédonie, il faudrait un véritable miracle pour que le Maroc se qualifie au second tour parmi les huit meilleures troisièmes.
Surtout après cette déroute contre le Portugal, qui a plié le match dans le premier acte. Joao Aragao (20’), Anisio Cabral (22’) et Matheus Mide (29’, 44’) ont complètement éteint les Marocains dès le premier acte, avant que José Neto n’aggrave le score en inscrivant un doublé en seconde mi-temps (47’, 60’).
Le Maroc surclassé dans tous les compartiments du jeu
Une défaite somme toute logique, au terme de laquelle Chouaib Bellaarouch n’est pas exempt de tout reproche. Mais il est difficile d’imputer ce naufrage au seul portier marocain, car lorsque le bateau coule et qu’il prend l’eau de toutes parts, c’est trop facile et injuste d’accuser les voiles.
Surclassés dans les grandes largeurs, les joueurs ont bien évidemment leur part de responsabilité, mais le staff technique également. On sentait qu’il n’y avait pas de capitaine à bord.
Le sélectionneur Nabil Baha n’a jamais réussi à trouver un semblant de solution face aux différents problèmes posés par son homologue portugais.
Les premières minutes de la rencontre ont rapidement mis en évidence la supériorité technique et collective des Portugais, qui maîtrisaient le tempo en mettant le pied sur le ballon sans pour autant se créer de grosses occasions.
Du moins jusqu’à la 9e minute, lorsque Chouaib Bellaarouch a sorti un arrêt réflexe pour repousser la demi-volée de Stevan Manuel, étrangement libre de tout marquage à trois mètres des cages marocaines.
Outre l’aspect offensif, le Portugal a particulièrement gêné la relance basse du Maroc, obligeant les champions d’Afrique à systématiquement allonger le jeu pour sauter la première ligne de pression.
En conséquence, Abdellah Ouazane, qui était sur la pelouse sans être présent, et ses coéquipiers perdaient rapidement le ballon et voyaient les vagues portugaises revenir sans cesse.
Des situations que le Maroc réussit à endiguer jusqu’à cette faute dans la surface de réparation d’Ilyas Hidaoui, que l’arbitre n’a pas jugé utile de siffler après révision des images.
C’était quelques minutes avant l’ouverture du score des champions d’Europe par l’intermédiaire d’Aragao (20’), d’un tir croisé au premier poteau sur lequel Chouaib Bellaarouch a été auteur d’une faute de main aussi évitable que fatale.
Quasiment sans transition, Anisio Cabral doublait la mise d’une frappe puissante du gauche et placée au petit filet, décochée aux abords de la surface de réparation (23’).
Une première mi-temps catastrophique
À l’évidence, le Maroc était dépassé par les évènements et complètement étourdi sous l’effet des mouvements et permutations perpétuelles des attaquants adverses.
L’arrière-garde marocaine a encaissé un troisième but en moins de dix minutes sur une sublime déviation de Mateus Mide à la réception d’un centre côté gauche (29’).
Intervenue juste après une frappe enroulée de Cabral qui a frôlé les cages de Bellaarouch, la pause fraîcheur est tombée à point nommé, tant les Marocains semblaient totalement sous l’eau, plongés dans un véritable cauchemar.
Nabil Baha, le sélectionneur national, complètement abasourdi, a tenté un coup en lançant Hamza Bouhaddi à la place de Youssef Bellahsen.
Un changement qui n’a pas eu l’effet escompté. Pis, le Maroc a encaissé un quatrième but sur penalty avant de rentrer aux vestiaires, conséquence d’une sortie et d’un tacle pas du tout maîtrisé dont a été coupable Chouaib Bellaarouch sur Cabral (42’).
Dans la lignée d’une première période catastrophique, le Maroc encaissa un cinquième but dès la 47e sur une relance manquée plein axe, parfaitement exploitée par José Neto, qui a trompé le dernier rempart marocain d’un tir à ras de terre.
Ce n’est qu’en encaissant un sixième but sur une tête imparable de José Neto à l’heure de jeu que les Marocains commençaient à se montrer plus dangereux. À l’image de ce tir d’Abdellah Ouazane, sauvé de justesse par le gardien portugais sur sa ligne.
Mais ce semblant de révolte n’a pas trouvé de prolongement, excepté une frappe écrasée d’Abdelali Eddaoudi (80’), captée aisément par Romario Cunha.
D’autant que les Portugais ont repris leur marche en avant, mais la réussite les avait fuit dans le dernier quart d’heure, où les débats s’étaient quelque peu équilibrés.
Si dans les gradins, les supporters marocains ont comme d’habitude répondu présents, ce ne fut pas le cas des joueurs sur le terrain. Comme quoi, toutes les Coupes du monde se suivent mais ne se ressemblent pas.