« Celui qui a pris ne serait-ce qu’un lopin de terre ou un dirham qui ne lui appartient pas devra le rendre, de gré ou de force« , a martelé M. Laftit.

S’exprimant devant la commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants lors de la présentation du budget sectoriel pour 2026, le ministre a adopté un ton particulièrement offensif, signifiant la fin de toute forme d’impunité. « Nous ne négocierons pas. Nous reviendrons en arrière et il faudra rendre des comptes au peuple », a-t-il déclaré.

Utilisant un langage direct, le ministre a prévenu que toute personne ayant détourné des biens publics, qu’il s’agisse « d’un lopin de terre ou même d’un seul dirham », ferait mieux de les restituer volontairement. « Car nous finirons par l’atteindre », a-t-il averti, précisant que des commissions d’audit ont déjà commencé leur travail à Casablanca et étendront bientôt leurs investigations à d’autres villes pour mettre un terme à ces abus. Les contrevenants devront rendre ce qu’ils ont pris, « de leur plein gré, sinon ils le rendront de force ».

Abdelouafi Laftit a ajouté que son ministère ne fera preuve d’aucune indulgence envers « tout élu ou fonctionnaire qui s’est approprié ne serait-ce qu’un mètre carré ».

Tout en lançant cet avertissement, le ministre a tenu à distinguer l’écrasante majorité des élus, qu’il a qualifiés d’ « intègres » et animés par « l’amour de la patrie ». Se considérant lui-même comme « l’un d’entre eux », il a salué leur engagement en première ligne au service des citoyens.

Cependant, il a pointé du doigt une « très petite minorité » qui « n’aide ni elle-même, ni sa commune, ni les autorités à faire leur travail ». Selon lui, ces quelques individus portent directement atteinte à l’image et à l’intégrité de l’ensemble du corps électoral. Il a dénoncé les pratiques de certains qui « cèdent sur le droit de la commune » – un droit qui appartient aux citoyens et non à eux –, qui omettent de déposer plainte ou de suivre les voies de recours judiciaires (appel, cassation) pour défendre les intérêts publics, ou qui négocient des arrangements illégaux.

« Ce sont eux qui causent des problèmes aux élus qui, eux, sont intègres. Ceux-là, nous devons les combattre, et vous devez les combattre avec nous », a-t-il lancé aux parlementaires, affirmant que bien qu’ils se « comptent sur les doigts de la main », le danger qu’ils représentent est réel car ils « portent atteinte à l’intégrité et dévalorisent » la fonction élective.

Cette déclaration de guerre à la corruption s’inscrit dans un contexte de renforcement des mécanismes de contrôle et signale une volonté politique claire de moraliser la gestion des affaires publiques locales, soutenue par le déploiement d’audits sur le terrain.