Peut-être que le 18 janvier 2026, en finale, Romain Saïss offrira la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc d’une tête rageuse sur corner.
Mais en attendant, son retour en équipe nationale pose question, d’autant que ses performances ont baissé avec le temps, malgré une adversité moindre dans les pays du Golfe.
Certes, ce n’est pas parce que le sélectionneur national, Walid Regragui, a convoqué son ancien capitaine qu’il lui réserve une place pour la CAN. Mais si c’était son intention, il ne pouvait pas mieux s’y prendre.
Pour l’instant, le défenseur central de 35 ans fait seulement partie des 27 joueurs convoqués qui disputeront les matchs amicaux prévus les vendredi 14 et mardi 18 novembre au Grand Stade de Tanger, respectivement face au Mozambique et à l’Ouganda.
Il n’est même pas sûr de fouler la pelouse, un an et demi après sa dernière convocation. « Romain Saïss ne sera pas forcément titulaire. C’est la semaine d’entraînement qui en décidera », assure Walid Regragui lors de la conférence de presse.
« Aujourd’hui, il n’y a aucun défenseur qui a réussi à s’imposer à côté de Nayef Aguerd »
Mais on serait étonné que le sélectionneur n’offre pas une 84e sélection à celui qui était son relais privilégié sur le terrain dans le passé. D’autant qu’il y a une place à prendre dans la charnière centrale.
« Aujourd’hui, il n’y a aucun défenseur qui a réussi à s’imposer à côté de Nayef Aguerd, Romain Saïss est une option », affirme le technicien marocain.
Pour preuve, depuis l’élimination en huitièmes de la dernière CAN, jamais Walid Regragui n’a réussi à aligner la même défense centrale trois matchs de suite.
Mais cela suffit-il à justifier la convocation d’un joueur qui est plus sur la fin de sa carrière qu’à son apogée, alors que d’autres plus jeunes auraient également mérité d’être dans le groupe, à l’image du Rennais Abdelhamid Aït Boudlal ?
Walid Regragui répond par l’affirmative, en mettant en avant l’expérience de Romain Saïss comme atout majeur.

« On ne gagnera pas la CAN avec de jeunes joueurs. Il faut de l’expérience, des joueurs qui connaissent l’environnement et qui ont l’habitude d’être sous pression ».
En effet, avoir des joueurs d’expérience pendant une CAN est indispensable afin d’aller au bout. Mais l’aspect compétitif du joueur en question n’est pas à prendre à la légère.
Or, les performances de Romain Saïss sont loin des standards auxquels il nous avait habitués, notamment lors de la Coupe du monde 2022.
Et pour cause. Après avoir quitté la Premier League (Wolverhampton) pour la Turquie (Beşiktaş), le natif de Bourg-de-Péage a succombé au pont d’or qui lui a été offert par les pays du Golfe.
Moins fort dans les duels défensifs et moins précis dans ses transmissions
D’abord, sous les couleurs du club saoudien d’Al-Shabab, avant de poser ensuite ses valises au Qatar, à Al-Sadd. Walid Regragui, qui l’a récemment supervisé, a beau dire que la Ligue des champions asiatiques est d’un très haut niveau, il n’en reste pas moins que c’est encore loin des standards européens.
Pourtant, au-delà des nombreuses blessures qu’il a subies, les performances de Romain Saïss ne sont plus ce qu’elles étaient, et ce dans quasiment tous les compartiments du jeu.

La différence peut paraître dérisoire, mais sur l’ensemble d’une compétition ou d’une saison, cela prend une toute autre dimension.
Voici la comparaison entre les statistiques des saisons 2022-2023 / 2025-2026 de Romain Saïss :
– % de duels défensifs gagnés par 90’ : 63,4 % / 56,3 % ;
– % de duels aériens gagnés par 90’ : 63,1 % / 60 % ;
– Dégagements par 90’ : 3,2 / 2,7 ;
– Interceptions par 90’ : 4,8 / 4,9 ;
– Récupérations par 90’ : 10,6 / 9,2 ;
– % de passes en avant réussies : 80,3 % / 77,6 % ;
– % de passes longues réussies : 61,3 % / 58,6 %.
Si sa lecture du jeu est toujours aussi aiguisée, Romain Saïss gagne moins de duels défensifs qu’auparavant. Il est aussi moins impérial dans les airs et récupère moins de ballons.
Pis encore, même sa relance vers l’avant est moins précise, au même titre que son jeu long. En tout et pour tout, le défenseur marocain a pour lui l’expérience des grands rendez-vous.
Mais l’expérience n’est pas un blanc-seing dès lors que les prestations sur le terrain ne sont pas à la hauteur.
Sa convocation est clairement une pierre dans le jardin des défenseurs centraux marocains qui n’ont pas su gagner leur place, ouvrant la porte à son retour en équipe nationale.
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