Le climat social se dégrade à l’hôtel Avanti Mohammedia. Plusieurs dizaines de salariés ont manifesté, samedi 8 novembre, devant l’établissement, puis défilé sur le front de mer de Mohammédia, à l’appel de la Confédération démocratique du travail (CDT).
Le lendemain, le bureau régional du syndicat a diffusé un communiqué dénonçant « les abus du repreneur », Remax Immo, qui a récemment acquis l’hôtel dans le cadre de l’extension de la liquidation de la Samir.
La CDT évoque de nombreux licenciements, dont plusieurs délégués syndicaux, accusant la direction d’atteinte à la « dignité des travailleurs ». L’organe syndical appelle le tribunal de commerce de Casablanca, le gouverneur de Mohammédia et la direction régionale de l’emploi à intervenir pour « faire cesser les violations » et « imposer le respect des engagements du transfert judiciaire ».
La CDT réclame aussi l’annulation des décisions de licenciement, le retour de tous les employés évincés et le respect de la liberté syndicale. La centrale syndicale évoque même l’hypothèse d’une demande de résiliation du transfert judiciaire de l’hôtel, accusant le repreneur de s’être « détourné de ses obligations » contenues dans l’ordonnance de cession.
L’hôtel Avanti a été repris en juillet dernier par Remax Immo, société dirigée par Abdeljabbar Bouayad, à l’issue d’une enchère judiciaire organisée par le tribunal de commerce de Casablanca. Son offre, d’un montant de 173,48 millions de dirhams, avait été retenue pour ses engagements sociaux : maintien de l’emploi, préservation des droits acquis et interdiction de céder les actifs avant cinq ans. Le syndic Me Abdelkebir Safadi a été désigné pour en contrôler l’exécution jusqu’à la clôture de la procédure.
Médias24 avait déjà fait état de tensions sociales nées dès l’installation du repreneur, avec la programmation d’une audience de médiation qui s’est révélée non concluante. Sollicitée, la direction de l’hôtel avait alors nié l’ensemble des accusations formulées par la CDT et annoncé son intention d’engager des poursuites contre le syndicat pour « atteinte à l’image de l’établissement ».