Lors de la présentation du budget 2026 devant la Commission des secteurs sociaux de la Chambre des représentants, le ministre de l’Intégration économique, des petites entreprises et de l’emploi, Younes Sekkouri, a annoncé que son ministère reprendrait la gestion des bourses des stagiaires, retirant cette mission à l’OFPPT.
Cette décision fait suite, selon lui, aux retards fréquents et aux difficultés récurrentes observés dans le versement des allocations.
En réaction à l’annonce du ministre Younes Sekkouri, l’Office de la Formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) dément toute responsabilité dans les irrégularités liées au retard des bourses au profit de ses stagiaires et dénonce toute attribution des dysfonctionnements à son institution, indique l’Office, dans un communiqué explicatif.
Il rejette par ailleurs le terme « retrait« , soulignant que la gestion des bourses a été affectée par des facteurs externes indépendants de sa volonté et que les déclarations du ministre contredisent les faits réels et documentés.
L’OFPPT rappelle qu’il assure, depuis 2017 et en collaboration avec le ministère de tutelle, la gestion des bourses destinées aux stagiaires, garantissant ainsi le versement effectif des allocations jusqu’en 2025.
Il précise que ce processus, structuré en plusieurs étapes, inclut l’envoi et la validation des listes des bénéficiaires, le versement des premières tranches dès réception des crédits ministériels. Il comprend aussi la communication avec les stagiaires pour expliquer la procédure, ainsi que le traitement des plaintes en coordination avec le ministère.
Le retard du ministère est à l’origine du problème
L’Office a souligné avoir contribué activement à ce processus en finançant 296 millions de dirhams, soit 30 % du montant total des bourses versées entre 2017 et 2025 (968 millions de dirhams), afin de pallier les retards répétés dans le transfert des crédits.
Il a également indiqué avoir été confronté à des retards dans la réception et la validation des listes des bénéficiaires.
Malgré cela, il a continué à traiter les plaintes des stagiaires et à assurer la continuité du versement des bourses, en soulignant que le ministère reste responsable de l’approbation finale.
Retards budgétaires et impact sur les programmes annuels de l’OFPPT
Par ailleurs, l’Office a déploré que les retards dans l’approbation et l’exécution de son budget annuel entravent la mise en œuvre des grands projets stratégiques, notamment le programme « Cités des métiers et des compétences ».
Il a précisé que, pour l’année 2025, l’Office n’avait reçu aucun versement pour son programme annuel jusqu’au 7 novembre, soit quatre mois après le début de l’année financière.
Le programme, interrompu pendant 14 mois, a pu reprendre grâce à une autorisation exceptionnelle du chef du Gouvernement, permettant l’ouverture de la Ville des métiers et des compétences à Dakhla–Oued Eddahab et la programmation de nouvelles villes à Marrakech–Safi et Guelmim–Oued Noun, portant à 10 sur 12 le nombre de villes prévues.