Le MASI affiche une hausse de 27% en YTD, à 18.668 points à la clôture de la séance du 12 novembre. Le marché reste bel et bien volatile, marqué par des phases de hausse suivies de corrections successives. Après un rebond observé en octobre, la tendance s’est de nouveau inversée en novembre.

Depuis le début du mois, l’indice a lâché près de 5%, renouant avec une dynamique de correction. Mais pourquoi cette nouvelle baisse, alors qu’une première phase d’ajustement avait déjà eu lieu en septembre, jugée alors salutaire par les analystes pour permettre au marché de repartir sur des bases plus solides ?

Faut-il s’attendre à une poursuite de la correction jusqu’à la fin de l’année ? L’année 2025 reste pourtant portée par un newsflow positif : organisation de la CAN et de la Coupe du monde, montée en puissance de l’investissement, résultats solides de la cote, perspectives macroéconomiques favorables et inflation maîtrisée.

Pour rappel, le marché avait déjà connu plusieurs phases de tension au cours de l’année. D’abord au printemps, lorsque les marchés mondiaux ont vacillé à la suite du relèvement des droits de douane américains, ce qui avait momentanément pesé sur la confiance des investisseurs. Puis, en juin, la montée des risques géopolitiques au Moyen-Orient, avec l’escalade entre l’Iran et Israël, avait entraîné un mouvement de prudence généralisé.

Les raisons de la baisse

« Le marché boursier a clairement atteint des niveaux de valorisation excessifs. C’est vrai que pour certaines valeurs, on observe un léger redressement vers des niveaux plus raisonnables, mais globalement, les P/E restent élevés. Dans ce contexte, il est préférable que la correction intervienne maintenant et qu’elle se prolonge sur le reste de l’année 2025, afin d’aborder 2026 sur des bases plus saines », explique un analyste de la place.

« Imaginez démarrer 2026 avec un MASI à 20.000, voire 22.000 points… On s’exposerait à un risque réel de bulle spéculative. Aujourd’hui, tout le monde veut entrer en bourse, profiter du mouvement, mais où en est la vraie stratégie ? Où est la logique dans la construction des portefeuilles ? »

« Et pour ceux qui pensent que la correction de septembre suffisait, il faut rappeler qu’après un recul de 5%, le MASI restait autour de 19.000 points. Souvenons-nous que l’année a commencé à 14.700 points ! La vitesse à laquelle les records ont été atteints montre bien que la consolidation actuelle était nécessaire ».

« On est aujourd’hui dans les deux derniers mois de l’année, et cette période est généralement marquée par une adaptation des stratégies. C’est un moment où les investisseurs prennent du recul, évaluent ce qui a marché ou non, et ajustent leurs positions. C’est exactement ce qu’on observe sur le marché ».

« Les institutionnels, de leur côté, semblent lever le pied. Ils prennent une pause, se calment un peu, le temps de réévaluer. À l’inverse, on constate un retour massif des petits porteurs, et les chiffres parlent d’eux-mêmes : ils représentent près de 28% des échanges ».

« Ces investisseurs individuels ont souvent des comportements plus opportunistes : ils peuvent acheter une action aujourd’hui, la revendre demain, parfois même à perte, avant de la racheter quelques jours plus tard. Ce type de mouvements crée une forme de volatilité, voire de mini-manipulations sur certains titres. Malheureusement, ce sont des pratiques qu’on observe de plus en plus souvent ».

À cela s’ajoute un autre facteur : les petits porteurs vendent actuellement pour dégager du cash, dans la perspective des introductions en bourse à venir. Ils arbitrent, ce qui amplifie mécaniquement la pression vendeuse sur le marché

Techniquement parlant, « la Bourse de Casablanca a buté sur un seuil symbolique autour de 20.000 points, qui s’est révélé être une résistance à la fois technique et psychologique. Cette zone a coïncidé avec un contexte social tendu et un resserrement progressif des liquidités. Plusieurs institutionnels ont en effet réorienté une partie de leurs placements vers d’autres véhicules, notamment les OPCI, dont les encours ont progressé d’environ 3% entre août et septembre ».

« D’un point de vue microéconomique, on est clairement dans une phase de transition saisonnière. L’attentisme est de mise autour des résultats du troisième trimestre, que beaucoup d’investisseurs attendent avant de repositionner leurs portefeuilles », explique notre analyste de la place.

« Il faut aussi rappeler que les comités semestriels des OPCVM se tiennent en octobre, ce qui renforce cette posture d’attente. Tout le monde veut d’abord voir comment le marché va aborder la fin d’année avant de reprendre position ».

« Cet attentisme, qui aurait pu simplement se traduire par une stagnation, s’est finalement accompagné d’un repli plus marqué, car les volumes d’échanges ont nettement diminué. La baisse de liquidité amplifie forcément les mouvements correctifs ».

Ce que dit BKGR

« Après avoir touché un sommet intraday à 20.060 points au début du mois de novembre, le MASI s’est inscrit dans un mouvement baissier, sur fond de volumes relativement timides autour de 210 MDH. À la clôture du 10 novembre, l’indice se situait à 19.064 points, sous sa MME 50 et à proximité de sa MME 100, qui devrait jouer le rôle de support technique lors des prochaines séances », explique BKGR dans son dernier snapshot technique.

« Selon la théorie des vagues d’Elliott, le marché serait actuellement dans la quatrième vague d’une troisième vague de grand degré, une phase généralement marquée par des volumes stables et un sentiment mitigé. Deux scénarios se dégagent dans ce cadre ».

« Le premier, le plus probable, est celui d’une consolidation en triangle, avec un mouvement d’oscillation sans casser le creux de 17.765 points ni le sommet de 20.060 points. Dans cette configuration, le MASI pourrait finaliser une vague (C) du triangle et rebondir vers la zone de 18.200 à 18.500 points, correspondant à un retracement de Fibonacci couplé à un support oblique haussier ».

« Le second scénario, moins probable, est celui d’une correction plus prononcée de type ABC, qui pourrait ramener l’indice autour de 17.000 points pour retester le canal de base et le retracement de 50%. Mais en l’absence d’éléments négatifs majeurs, ce scénario reste peu envisageable ».

« En somme, la phase actuelle de consolidation/correction pourrait se prolonger d’ici la fin de l’année, voire jusqu’à la mi-janvier 2026, avant une reprise du mouvement haussier de fond. À moyen terme, le trend reste fortement positif tant que le MASI se maintient au-dessus de 16.000 points, avec un potentiel de hausse vers 21.500, voire 22.000 points. Cette consolidation représente même, selon BKGR, une fenêtre d’opportunité “to buy the dip” avant la prochaine vague haussière ».

Source : BKGR
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12/11/202412/11/2025

Source: medias24.com

https://medias24.com/2025/10/20/bourse-ce-que-nous-raconte-la-valorisation-du-marche/