La question de la situation juridique du Wydad Athletic Club (WAC) refait surface. Depuis l’incarcération de Saïd Naciri en décembre 2023, le club se trouve dans une zone grise juridique. Ancien président de l’association et actuel président du conseil d’administration de la société sportive du WAC, Saïd Naciri reste, selon les documents officiels consultés par Médias24, le président légal de la société.
Pourtant, en juillet 2024, les membres de l’association du Wydad ont élu Hicham Aït Menna à la tête du club. Depuis, les interrogations se multiplient : les contrats signés par Aït Menna engagent-ils réellement la société ?
Contacté par Médias24, Hicham Aït Menna explique qu’une procédure judiciaire est en cours. Les détails de celle-ci ont déjà été révélés par Médias24 dans un précédent article.
Cela dit, une procédure en cours suffit-elle à justifier la légalité des contrats déjà signés ? Pour un juriste spécialisé en droit du sport, la réponse est non.
Une procédure judiciaire en cours
Avant de s’intéresser aux explications de Hicham Aït Menna et à la lecture de l’expert en droit du sport, il est nécessaire de rappeler qu’en mai 2025, c’est l’association du Wydad, présidée par Hicham Aït Menna, qui a saisi le tribunal de commerce de Casablanca pour régulariser la situation de la société.
Le 13 juin dernier, la justice a désigné Abdelmajid Rais comme mandataire ad hoc, avec comme mission de convoquer une assemblée générale extraordinaire (AGE).
Le 6 août 2025, le mandataire a notifié la tenue de cette AGE pour le 11 septembre, soit quelques jours avant l’assemblée générale de l’association du WAC.
Le seul point à l’ordre du jour de cette AGE était la mise à jour du dossier juridique de la société du Wydad. Trois décisions majeures ont alors été prises lors de cette AGE. Parmi elles, la constitution d’un nouveau conseil d’administration, composé de Hicham Aït Menna et deux actionnaires actuels.
Contacté par Médias24, Hicham Aït Menna affirme que la procédure suit son cours. Il précise que “le procès-verbal de désignation des nouveaux administrateurs a déjà été déposé au tribunal”, et que la justice reste seule compétente pour valider le changement de direction.
Une légitimité juridique contestée
Mais selon un juriste expert en droit du sport, consulté par Médias24, la situation reste floue sur le plan juridique. “Saïd Naciri reste le président-directeur général légal de la société du Wydad. Par conséquent, Hicham Aït Menna ne dispose d’aucun pouvoir de signature”.
L’expert rappelle que la loi impose aux clubs professionnels d’agir à travers leur société sportive. “Tous les contrats de joueurs ou de staff doivent donc porter la signature du représentant légal de cette société”.
“Les contrats signés par Aït Menna sont juridiquement nuls, voire assimilables à une falsification, car il sait qu’il n’a pas encore le droit de signer”, souligne-t-il.
L’expert identifie plusieurs voies pour régulariser la situation :
- Convoquer une assemblée générale extraordinaire de l’association afin d’obtenir son accord pour désigner officiellement de nouveaux administrateurs. Une fois cette étape validée, Hicham Aït Menna pourrait être nommé président du conseil d’administration et procéder à la mise à jour du registre de commerce.
- Obtenir une délégation de pouvoir de Saïd Naciri au profit d’un administrateur actuel.
- Saisir le président du tribunal pour autoriser la signature d’un document par Saïd Naciri en prison, afin de débloquer la situation administrative du club.