Dans un entretien accordé à la chaîne Al Ghad depuis Marrakech, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, a qualifié la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara de « victoire historique » et de « couronnement de la diplomatie royale ».

Une victoire historique, fruit d’une vision royale

Pour Omar Hilale, la résolution 2797 est « décisive » car elle marque une « rupture totale avec toutes les résolutions précédentes ». Elle établit un nouveau paradigme basé sur le réalisme, avec comme unique fondement la proposition marocaine. « Le contenu de la résolution est clair. La solution sera basée sur le plan d’autonomie. Le plan est mentionné six fois, comment pourrait-on en minimiser la valeur ? », a-t-il interrogé, balayant ainsi les interprétations qui verraient dans les propos de l’Envoyé personnel Staffan de Mistura une relativisation de la portée du texte.

« Nous considérons cela comme une victoire, mais ce n’est que le début d’une solution« , a-t-il nuancé, affirmant que le Maroc est « prêt pour les négociations ».

Cette victoire, a-t-il insisté, est le fruit de la vision du Roi Mohammed VI, « grâce à son ouverture, son réalisme et sa patience avec les voisins et avec les Nations Unies ». L’ambassadeur a rappelé que le Souverain a déjà donné ses instructions pour « mettre à jour et affiner le plan d’autonomie » afin de le présenter prochainement à l’ONU.

Les lignes rouges infranchissables de la souveraineté

Interrogé sur les « lignes rouges » du Maroc dans les futures négociations, Omar Hilale a été catégorique. « Les lignes rouges que le Maroc a établies et qu’il ne franchira pas étaient déjà dans la proposition d’autonomie de 2007. Ce sont les questions de souveraineté : les frontières, la défense nationale, le drapeau et la monnaie« , a-t-il énuméré.

« Tout est négociable, mais les questions de souveraineté ne le seront pas ». Il a rejeté l’idée de « concessions tactiques », affirmant qu’il n’y a pas de « tactique marocaine », mais « de la franchise, de la sincérité, un engagement et une main tendue ». Face à cela, il s’est interrogé : « Qu’apporteront les autres ? Rien ».

Le référendum, une page définitivement tournée

Concernant l’option du référendum, Omar Hilale a été sans équivoque, affirmant qu’il s’agit d’une page définitivement tournée par la communauté internationale.

« Le référendum, les Nations Unies l’ont enterré il y a un quart de siècle. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on a récité la Fatiha dessus, mais il a été enterré et rayé de toute la littérature onusienne », a-t-il déclaré, qualifiant le référendum d’ « outil » et non de « principe ».

Il a rappelé que même les résolutions de l’Assemblée générale, dont les textes sont souvent rédigés par l’Algérie, n’y font plus mention.

Une main tendue et une confiance dans l’avenir

L’ambassadeur a souligné que le Maroc n’a aucune crainte des « détails » de l’application, affirmant que le Royaume « a la réponse à toutes les questions et la volonté politique de surmonter tous les défis ».

Il a rappelé la dynamique de développement en cours dans les provinces du Sud, avec plus de 10 milliards de dollars investis au cours de la dernière décennie dans les infrastructures (hôpitaux, ports, aéroports, etc.).

Cette interview a également été l’occasion pour Omar Hilale de réitérer le message de paix du Souverain. « Nous sommes condamnés à vivre ensemble avec nos frères algériens », a-t-il déclaré, rappelant la main tendue par le Roi Mohammed VI et son principe de « ni vainqueur ni vaincu« .

Il a également eu une pensée pour les « 20 à 25.000 citoyens marocains dans les camps de Tindouf », affirmant que l’objectif de la solution politique est de leur permettre de « revenir avec toutes les garanties et la dignité », et que « Sa Majesté est le plus grand garant de leur réintégration en tant que frères ».

Omar Hilale a rappelé avec force que la proposition marocaine est la seule sur la table, soutenue par 120 pays. « S’il y avait d’autres propositions, personne ne les a entendues. On ne résout pas un problème de 50 ans avec des ‘papers’ (documents informels) », a-t-il conclu.