Voici enfin des explications détaillées de la part de Abdeltif Loudyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale. Ces explications ont été fournies en commission parlementaire dans le cadre de l’examen des budgets sectoriels. Elles confirment les données et analyses de Médias24 concernant ce budget qui est de 73 milliards de DH, soit 4% du PIB, enregistrant une hausse de 3,3 MMDH par rapport à 2025, ou 4,8%.
Voici la ventilation des dépenses :
Personnel (65%) : 47,4 milliards de DH
Ce poste, le plus important, est en augmentation de 2 milliards de DH (MMDH) par rapport à 2025 (qui était de 45,4 MMDH). Cette somme couvrira une revalorisation des salaires et indemnités décidée en juillet 2025, pour un montant de 1,1 MMDH. Elle financera également la création de 5.500 nouveaux postes budgétaires, la promotion de militaires et civils pour 400 millions de DH (MDH), les salaires des nouveaux postes pour 332 MDH, et 102 MDH pour la couverture sociale et la retraite.
Matériel et dépenses diverses (11%) : 7,9 milliards de DH
Ce poste connaîtra une augmentation de 300 MDH (+3,9%). Il se décompose comme suit : 1,3 MMDH pour les frais de déplacement du personnel ; 3,2 MMDH pour les aides sociales via la Fondation Hassan II pour les œuvres sociales des anciens militaires et anciens combattants ; 534 MDH pour la maintenance des infrastructures (eau, électricité, télécoms) ; 349 MDH pour les garanties des prêts accordés aux FAR ; et 243 MDH d’autorisations pour la Direction générale des affaires sociales (DGAS) ; le coût de la conscription pour le contingent n°40, qui comprend 20.000 jeunes, est estimé à 60 MDH. En y ajoutant les 560 MDH déjà prévus pour les soldes et salaires, le coût total du service militaire pour 2026 s’élèvera à 863 MDH.
Le montant restant sera également alloué à la couverture des dépenses suivantes :
– les frais de fonctionnement des unités militaires dans toutes leurs composantes : terrestre, aérienne, navale, Gendarmerie royale et Garde royale ;
– les coûts des entraînements et des interventions militaires menées par les FAR à l’intérieur du Royaume ainsi qu’à l’étranger dans le cadre de l’aide humanitaire, comme le déploiement d’hôpitaux militaires mobiles, avec tout ce que cela implique en termes de frais de déplacement, d’hébergement, de nourriture, de matériel et de munitions ;
– l’acquisition de médicaments et de fournitures médicales au profit des unités militaires, des hôpitaux de campagne et des détachements militaires ;
– les dépenses pour le maintien de la disponibilité opérationnelle des équipements et pour assurer ce que leur fonctionnement nécessite en termes de maintenance et de réparation.
Investissement et acquisition (24%) : 17,7 milliards de DH
Le budget d’investissement comprend les crédits d’engagement et les crédits de paiement, qui ont également connu une évolution par rapport à l’année 2025.
Concernant les crédits de paiement, ils ont atteint 6,2 MMDH, soit une augmentation de 428 MDH par rapport à 2025, ce qui représente une hausse de 7,4%.
Quant aux crédits d’engagement, ils ont également augmenté par rapport à l’année précédente de 2,7 MMDH pour atteindre un montant de 6,8 MMDH.
Ces crédits, qu’ils soient alloués au paiement ou à l’engagement, seront destinés à couvrir les dépenses suivantes :
– Poursuite des travaux de construction du Collège royal des études militaires supérieures, en tant que pôle universitaire intégré regroupant tous les établissements de formation militaire supérieure.
– Modernisation et extension de l’Hôpital militaire d’instruction Mohammed V de Rabat afin de répondre aux normes techniques, technologiques et architecturales avancées en vigueur dans le domaine de la santé.
– Acquisition de matériels, d’armes et de munitions au profit des FAR dans leurs différentes composantes : terrestre, aérienne, navale et Gendarmerie royale.
– Poursuite de la maintenance et de la modernisation du matériel militaire au profit de toutes les composantes des FAR.
– Acquisition de matériels destinés à renforcer et à fortifier l’infrastructure militaire déployée pour la sécurisation des frontières orientales et méridionales.
– Réalisation d’infrastructures telles que des casernes militaires et des centres de la Gendarmerie royale.
Acquisition et réparation du matériel des FAR et soutien au développement de l’industrie de défense
À l’instar du budget de fonctionnement et d’investissement, l’enveloppe financière allouée à ces dépenses a également connu une augmentation par rapport à l’année 2025.
Concernant les crédits de paiement prélevés sur les charges communes du budget général de l’État, ils ont connu une légère augmentation de 5,3% par rapport à l’année précédente pour atteindre environ 11,5 MMDH. Ces crédits sont alloués, d’une part, au paiement des échéances annuelles de la dette militaire dues aux banques qui ont financé les contrats d’acquisition de matériel et d’équipements pour les FAR conclus au cours des années précédentes. Ces crédits sont alloués, d’autre part, au paiement de certaines créances qui doivent être couvertes sans recourir à un financement bancaire.
En ce qui concerne les autorisations d’engagement, ils sont alloués pour couvrir les dépenses pour lesquelles l’engagement est autorisé par avance, et sont estimés à 157 MMDH. Ils ont connu une augmentation de 17,8% par rapport à l’année 2025. Cette enveloppe comprend :
– la couverture de la totalité de la dette militaire due au cours des prochaines années ;
– la fourniture de crédits d’engagement pour couvrir les marchés et contrats à long terme dont l’exécution nécessite plusieurs années ;
– la fourniture de crédits d’engagement pour couvrir les nouveaux contrats dont la conclusion est programmée en 2026, et qui seront exécutés à l’avenir.
Point essentiel : L’autorisation de crédits d’engagement d’un montant de 157 MMDH ne représente pas la dépense effective pour l’année 2026. Selon Abdeltif Loudyi, il s’agit plutôt du plafond financier alloué pour couvrir la dette militaire, pour conclure des contrats spécifiques de fabrication d’armes et de matériel, et pour réaliser des infrastructures sur plusieurs années, nécessaires à la production de ce matériel et à la réalisation de ces infrastructures.
Le ministre a conclu en précisant que le budget de l’Administration de la Défense, bien qu’en hausse, reste un instrument essentiel pour garantir la sécurité et la stabilité du Royaume, sans pour autant négliger les équilibres macro-économiques.