Un nouveau statut encadre désormais les ingénieurs, administrateurs et techniciens affectés à la sécurité des systèmes d’information au sein de l’Administration de la Défense nationale (direction générale de la Sécurité des systèmes d’information DGSSI). Publié au Bulletin officiel du 6 novembre, un décret définit les missions, les grades, les règles de recrutement et les obligations professionnelles de ces effectifs.

Ce texte institue pour la première fois trois corps dédiés – ingénieurs, administrateurs et techniciens – dotés de grilles propres, d’un dispositif de formation continue obligatoire et d’un régime indemnitaire spécifique. Leur mission : sécuriser, superviser et maintenir les infrastructures numériques placées sous la responsabilité de la Défense.

Recrutement dans les disciplines de pointe

Le décret réserve l’accès à ces corps aux titulaires de diplômes spécialisés en cybersécurité, réseaux, cryptographie, cloud, IA, data, développement ou systèmes d’information.

Le département peut élargir cette liste selon les besoins opérationnels. Certaines recrues peuvent être engagées sans concours, sur autorisation du chef du gouvernement, lorsque des compétences critiques doivent être mobilisées rapidement.

Devoir de silence : la grande muette 2.0

Le texte renvoie aux obligations inscrites dans l’article 33 de la loi 54.19 (charte des services publics), qui encadre le comportement et la déontologie des agents publics. Cet article impose :

  • le respect absolu du devoir de réserve ;
  • la confidentialité totale des informations, données et documents obtenus dans l’exercice des fonctions ;
  • la poursuite de cette obligation même après la fin de la fonction ;
  • la protection active des systèmes et informations sensibles.

On parle de cybersécurité étatique. Ces exigences prennent donc une dimension particulière : les agents interviennent sur des environnements classés, manipulent des données critiques et gèrent des systèmes dont la compromission peut affecter la sécurité nationale.

Les nouveaux agents doivent servir au moins huit années au sein de la DGSSI. Un départ anticipé implique le remboursement, au prorata, d’une fraction de leur dernière rémunération annuelle. Cette obligation s’applique également aux fonctionnaires déjà en activité qui seront intégrés dans le nouveau statut.