Le Maroc a fait énormément de progrès en peu de temps dans cette Coupe du Monde U17. Assez pour éliminer les États-Unis en seizième de finale, ce vendredi 14 novembre, à Doha.

L’équipe nationale poursuit donc son aventure au Qatar. Elle croisera le Mali en huitième, mardi 14 novembre.

Jude Terry a été l’unique buteur côté États-Unis et Abdellah Ouazane a égalisé sur une action de grande classe en fin de match. Juste avant la séance des tirs au but.

Ziyad Baha a été le premier à s’élancer avec réussite. Goo Villa a fait de même pour les Américains.

Ismail El Aoud a eu également la bonne idée de transformer son pénalty car dans la foulée, Chouaib Bellaarouch a repoussé la tentative de Cooper Sanchez.

L’avantage fut donné par Wissam Dardak. Alors que les États-Unis avaient recollé au tableau d’affichage, le Maroc rata l’occasion d’enfoncer le clou.

Mathis Albert égalisa pour son équipe en prenant à contre-pied Bellaarouch après avoir raté un penalty pendant la deuxième mi-temps.

Tout était à refaire. Et Ilias Hidaoui ne manqua pas l’occasion de tromper le gardien adverse. Chouaib Bellaarouch s’étira de tout son long pour offrir la qualification au Maroc.

Les Lionceaux de l’Atlas, pris parfois en grippe par l’arbitre, dormiront certainement mieux que d’habitude ce soir en ressassant le film d’un match assez fou. Leur meilleur du tournoi.

Ils peuvent être fiers du visage affiché et du rebond dont ils ont été capables après leur catastrophique entame de compétition. N’oublions pas qu’à un âge où on n’a pas encore le droit d’avoir le permis, le résultat ne pèse pas bien lourd face à l’apprentissage.

Réduire les espaces et jouer rapidement vers l’avant à la récupération

Dans un stade acquis à la cause marocaine, le 4-1-4-1 bas et compact mis en place par Nabil Baha, qui a décidé de lancer la majorité des joueurs vainqueurs de la Nouvelle-Calédonie, a particulièrement gêné les États-Unis en réduisant les espaces, quitte à délaisser le contrôle du ballon.

De toute façon, il valait mieux attirer l’adversaire pour le prendre dans le dos en capitalisant sur la vitesse d’Abdelali Eddaoudi.

D’ailleurs, à la domination territoriale des Américains, le Maroc a opposé application et concentration, tout en se projetant rapidement par séquences, à l’image de la tête croisée de Nahel Haddani qui a frôlé la base du montant droit d’Aidan Stokes (5’).

Le portier américain a certainement poussé un ouf de soulagement en voyant Moncef Zekri dévisser sa tentative de volée. Conclusion d’un contre rondement mené (18’).

Le Maroc était bien entré dans son match. Mais les protégés de Nabil Baha concédaient un peu trop de coups francs aux abords de leur surface de réparation.

Chouaib Bellaarouch a dû s’interposer à deux reprises pour capter des tirs cadrés. Sauf qu’il n’a rien pu faire sur le but de Jude Terry (21’), étrangement esseulé au point de penalty, à la réception d’un centre en retrait.

Une ouverture du score logique au vu de la mainmise des États-Unis sur ce début de match. Mais frustrante dans un sens, car le Maroc avait eu les meilleures occasions jusque-là.

Pour se sortir de l’ornière, l’équipe nationale était obligée de se faire davantage violence afin de revenir au score, alors que Oulad Ibn Salah et ses coéquipiers n’avaient jamais réussi à le faire dans cette compétition.

Que ce soit contre le Japon ou le Portugal en phase de groupe, ils ont plutôt tendance à baisser les bras et subir dans des proportions encore plus importantes.

L’enjeu résidait donc à savoir si les Marocains avaient appris de leur erreur. En ce sens, il y a eu du mieux.

Le Maroc a laissé filer un momentum favorable

Les percées plein axe balle au pied d’El Khalfaoui ont contribué à créer des brèches dans la défense américaine et donner l’impression à ses amis qu’ils avaient encore toutes leurs chances.

Cependant, les esprits se sont échauffés à la demi-heure de jeu. Et ce n’était pas forcément à l’avantage du Maroc qui avait laissé filer un momentum favorable.

Les Américains ont bien joué le coup en amenant les Marocains sur un terrain dont ils ne raffolent pas.

Pour peu qu’ils aient gardé leur calme, la stratégie offensive de l’équipe nationale qui consistait à fixer sur un côté avant de trouver le joueur libre de l’autre avait du sens et commençait à porter ses fruits.

En rentrant au vestiaire, le Onze national était encore en vie dans un match particulièrement éprouvant sur le plan mental. Un premier acte où l’équipe nationale a fait jeu égal avec les États-Unis au nombre de tirs cadrés (5).

Le staff de l’EN avait pour mission de convaincre ses joueurs de lâcher les chevaux. Car au fond, c’était un peu miraculeux qu’ils soient aujourd’hui sur le terrain.

Malgré une entame énergique, le Maroc était à deux doigts de voir ses rêves en partie envolés lorsque par deux fois, Chouaib Bellaarouch s’interposa magistralement devant les attaquants américains.

Malheureusement, Zakaria El Khalfaoui n’a pas bonifié les arrêts de son gardien dans la continuité. Sa déviation au premier poteau (54’) fut sortie par Aidan Stokes.

Bellarouch et Ouazane, héros de la soirée

On avait la sensation à ce moment que le Maroc avait laissé passer sa chance. Mais pour le plus grand bonheur des supporters présents, Mathis Albert a complètement manqué l’occasion d’aggraver le score sur un pénalty concédé par Bilal Sokrat (57’).

L’espoir était toujours permis. Moncef Zekri pensait avoir ravivé la flamme en égalisant à la 64e. Son but a été toutefois refusé pour une position de hors-jeu.

Alors qu’il restait une vingtaine de minutes à jouer, le Maroc était plus près de l’égalisation que du gouffre. Les entrées conjuguées d’Abdellah Ouazane et d’Ismail El Aoud ont pesé dans le demi-terrain offensif.

C’est d’ailleurs sur une déviation aérienne de Ouazane pour Hamza Bouhaddi que le tir de ce dernier a heurté un bras américain dans la surface. Mais la carte verte brandie par Nabil Baha n’a pas suffi à changer l’avis de l’arbitre.

Pourtant, on a vu des penaltys sifflés pour moins que ça. Ce n’était que partie remise. Avant qu’il ne quitte sa bande de copains sur blessure, Abdellah Ouazane a eu un éclair de génie.

Il s’est occupé de tout pour égaliser d’un tir croisé légèrement dévié à l’entrée de la surface, en sortie d’un dribble qui a éliminé trois joueurs d’un coup (90’).

Le public exulta au moment où le banc de touche sautait de joie. Tant mieux, car le Maroc avait besoin de soutien pour poursuivre sur sa lancée.

Wassim Derdak a bien tenté sa chance mais sans grande réussite. C’était avant que Chouaib Bellaarouch ne nous gratifie de deux arrêts décisifs lors de la séance des tirs au but pour qualifier ses amis au prochain tour.