Sous une pluie drue, le Maroc s’est offert une courte victoire sur le Mozambique (1-0), ce vendredi 14 novembre, sur la pelouse du Grand Stade de Tanger, fraîchement inauguré.

Une soirée qui se finit donc en beauté, après la qualification des U17 en finale du mondial, quelques heures plus tôt.

Cette victoire peut être interprétée sous plusieurs angles. Dans un sens, l’équipe nationale étire sa série d’invincibilité à 17 victoires et fait le plein de confiance.

De l’autre, l’adversité était beaucoup trop faible pour que le résultat soit vraiment significatif à un mois et demi de la Coupe d’Afrique des nations 2025.

Pourtant, le Maroc a trouvé le moyen de faire passer des frissons dans les gradins, à cause notamment de relances complètement manquées, dont une par le revenant Romain Saïss qui n’a vraiment pas rassuré son monde.

Le genre d’erreur systématiquement sanctionné par des équipes de haut niveau. Ce que ne sont pas les Mambas. Offensivement, l’absence d’Achraf Hakimi n’avait pas que des inconvénients.

L’attaque était plus équilibrée et le jeu ne penchait plus majoritairement côté droit. Le danger venait de partout, compliquant la tâche pour le Mozambique, malgré sa défense à trois axiaux.

Cela dit, on peut regretter une nouvelle fois les chutes de tension soudaines dont souffre l’attaque de l’EN. Au même titre qu’une inefficacité devant le but qui devient chronique.

Le sélectionneur national Walid Regragui en est certainement conscient. Mais cela ne date pas d’hier. Et on dirait que les Lions de l’Atlas sont parfois réticents à se faire mal pour maintenir un rythme élevé sur des périodes beaucoup plus longues.

Jawad El Yamiq et Romain Saïss formaient l’axe central

Mais commençons par le commencement. À l’exception de la défense qui est amenée à changer, la composition du milieu de terrain et de l’attaque ressemblait à celle qui a de fortes chances de débuter la Coupe d’Afrique des nations 2025.

Romain Saïss et Jawad El Yamiq formaient l’axe de la défense centrale, appuyés par Anass Salah-Eddine à gauche et Noussair Mazraoui à droite. Dans l’entrejeu, on retrouvait Sofyan Amrabat, Neil El Aynaoui et Azzedine Ounahi.

Abdessamad Ezzalzouli, Brahim Diaz et Youssef El Kaabi composaient la ligne d’attaque. Le Sévillan a justement été à l’origine de l’ouverture du score. Son déboulé côté gauche a pris de court la défense des Mambas, avant de centrer.

Azzedine Ounahi a hérité du ballon un peu par hasard à l’entrée de la surface de réparation pour placer un magnifique ballon enroulé, petit filet, et ouvrir la marque (6’). Un copier-coller de sa réalisation en éliminatoires de la Coupe du monde 2022 face au Congo.

En imposant un rythme endiablé et une circulation rapide du ballon, le Maroc n’a jamais vraiment laissé le temps à la défense du Mozambique de s’organiser.

Une emprise sur les événements favorisée par une première ligne de pression efficace et beaucoup d’application dans la première passe en avant. Du moins lors des vingt premières minutes de jeu. On y reviendra.

La position en électron libre d’Ounahi a offert une supériorité numérique à ses coéquipiers dans plusieurs zones du terrain.

Prise à défaut par moments, l’arrière-garde des Lions de l’Atlas a pour sa part montré des signes de fébrilité. Notamment sur quelques relances manquées qui auraient pu mener à des situations beaucoup plus dangereuses.

Heureusement que de l’autre côté du terrain, le Maroc s’est montré inspiré, à défaut d’être efficace. Comme sur cette volée de Jawad El Yamiq passée de peu au-dessus des cages.

Mais encore la chevauchée d’un Abdessamad Ezzalzouli de feu, qui a mis à contribution le portier adverse sur un tir puissant au premier poteau.

Les chutes de tension deviennent récurrentes

Au bout d’une demi-heure de jeu, les Lions de l’Atlas maîtrisaient largement leur sujet. Ils auraient même pu doubler la mise par l’intermédiaire d’Ayoub El Kaabi qui n’a pas trouvé le cadre à deux reprises (29’, 38’).

Au retour des vestiaires, le Maroc a eu un peu de mal à remettre la machine en route. Pis, le Mozambique a trouvé le moyen de mettre en danger la défense de l’EN. Mais Faisal Bangal était un peu court pour reprendre un centre au second poteau (52’).

À noter que sur cette action, Noussair Mazraoui et la charnière centrale ont laissé trop de liberté au centreur et à celui qui était à la réception.

Et puis que dire du penalty accordé aux Marocains sur une main totalement involontaire de Diogo Calila (57’) ?

En quelque sorte, ce n’est pas plus mal qu’Ayoub El Kaabi l’ait raté. Pour la beauté du sport. Même si Brahim Diaz, qui avait insisté pour le tirer, n’a certainement pas apprécié sur le moment.

La sortie de l’avant-centre au profit de Youssef En-Nesyri à l’heure de jeu prenait dès lors des allures de sanction.

Hamza Igamane est lui aussi entré et n’a pas tardé à se mettre en évidence sur un tir puissant, sorti difficilement en corner par Ernan Siluane (65’), qui a dû laisser sa place après s’être blessé sur l’action.

Dans tous les bons coups, l’attaquant lillois a offert un but sur un plateau à Youssef En-Nesyri, mais ce dernier a eu du retard à l’allumage et n’a pas pu couper la trajectoire du centre de son coéquipier à temps (69’).

Les multiples changements opérés en deuxième mi-temps ont haché le rythme du match. Les attaquants marocains en ont pâti lors des quinze dernières minutes du temps réglementaire. Encore une énième baisse de tension et d’intensité.