Optimiste sur le volume de son potentiel inexploité, l’étude en question estime que la croissance annuelle à 2 chiffres du nombre de visiteurs américains au Maroc permet d’espérer que ce marché générera a minima 2 millions d’arrivées dans les 5 prochaines années contre 351.000 en 2024.
Le Maroc devient une destination africaine de prédilection des Américains
En effet, si les touristes américains visitent en premier lieu leur pays suivi par l’Amérique latine (Mexique…), l’Europe (France, Italie, Portugal …) ou l’Asie (Thailande …), le Maroc émerge de plus en plus en se positionnant comme une destination de prédilection pour leurs séjours en Afrique.
Sachant qu’ils sont surtout issus de la Californie, de Georgie, de Floride ou de New York, l’étude justifie le choix des compagnies RAM, United Airlines et Delta Airlines de desservir les villes de New York, Washington, Boston, Miami, Los Angeles et Atlanta qui possèdent les plus grands hubs aériens des États-Unis.
Un taux de pénétration du marché marocain limité à 40%
Afin de capter une part croissante des 100 millions d’américains qui voyagent à l’international, l’ONMT a multiplié des partenariats avec l’association de voyageurs USTOA (United States Tour Operators Association) qui est un acteur incontournable en termes de prescription de voyages.
Tout en se félicitant de ce partenariat, l’étude précise qu’il est encore largement insuffisant quand on sait que seuls 40% des 150 Tour-Opérateurs affiliés à l’USTOA proposent des voyages vers le Maroc.
Et d’ajouter que le potentiel inexploité de 60 % des T.O. qui ne programment pas la destination marocaine constitue une opportunité majeure pour développer a moyen terme les flux américains.
Un manque à gagner de 97 M$ pour le tourisme d’affaires au Maroc
Partant du constat que le tourisme d’affaires n’a généré que 5 millions de dollars en 2024, l’étude estime que le Maroc peut capter plus d’événements de type MICE par rapport à des pays concurrents comme le Portugal, les Émirats arabes unis, l’Espagne, la Croatie, la Grèce, l’Italie, la Turquie et la France.
Le chiffre d’affaires actuel est en effet minoré par le manque de réactivité des opérateurs marocains dont le temps de réponse de 24 heures aux offres est largement supérieur à celui de leurs concurrents qui mettent 4 à 8 heures pour répondre aux appels d’offres d’entreprises américaines souhaitant organiser des congrès au Maroc.
Faute de réactivité, les planificateurs d’événements de tourisme d’affaires éliminent systématiquement les destinations lentes comme le Maroc dont le manque à gagner en termes d’appels d’offres aura été de 97 millions de dollars en 2024 et de 300.000 nuitées redistribués aux concurrents de la région MENA.
Les axes d’amélioration
Confronté à une connectivité aérienne insuffisante et à une grande disparité dans la qualité du service, le développement du marché américain se doit par conséquent de relever plusieurs défis estime l’ONMT.
Tout en mettant en avant les atouts indéniables du Maroc en termes de stabilité politique, d’héritage culturel et de proximité géographique, l’étude pointe l’insuffisance de sa visibilité médiatique sur le marché américain et de sa capacité aérienne, la qualité moyenne de ses services numériques, l’inégalité de ses infrastructures hôtelières en dehors de Marrakech, le manque d’informations….
Des lacunes qui tranchent paradoxalement avec l’engouement actuel pour le Maroc, la multiplication des vols directs, et le momentum exceptionnel du Mondial 2026 aux Etats-Unis qui devrait stimuler l’intérêt des touristes américains
Ces derniers sont en effet de plus en plus nombreux à voyager à l’étranger depuis la crise sanitaire qui a complètement transformé leurs habitudes de voyages.
Multiplier les partenariats avec les T.O. pour générer une croissance de 20% des flux
Disposant d’un revenu élevé, ce marché doit se développer grâce à la multiplication de partenariats avec les T.O. américains et des voyages de familiarisation pour les agents de voyages et les médias.
Sachant que l’ONMT compte participer au premier semestre 2026 à plusieurs manifestations spécialisées à New York, Miami, Los Angeles…, l’objectif consistera à transformer les prospects en clients et à être référencé chez les six T.O. les plus importants, pour garantir au Maroc une visibilité maximale et arriver à une croissance de 20 % des flux touristiques supplémentaires via le canal Tour-Operator.
En parallèle, l’autre priorité sera de développer la collaboration numérique avec les plateformes de réservation en ligne (Tripadvisor, Edreams, Expedia…) pour une couverture omnicanal complète.
Parvenir à 300.000 sièges aériens en 2026
Afin d’obtenir une capacité aérienne suffisante pour satisfaire la demande qui ne cesse de croître, l’année 2026 sera marquée par une forte croissance du nombre de sièges qui devrait dépasser les 300.000 contre 276.000 en 2025 et 248.000 en 2024.
En attendant l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes, United Airlines et Delta Airlines qui desservent toutes les deux la ville ocre à partir de New York et d’Atalanta devront non seulement renforcer leurs lignes existantes avec un minimum de 5 fréquences par semaine mais aussi créer une synergie avec RAM pour développer davantage les flux touristiques…