Les autorités locales de la province de Nouaceur ont procédé, ce mercredi 12 novembre, à la démolition d’un bâtiment luxueux connu sous le nom de « Dar Diyafa » à Bouskoura.

Surnommé le « Kremlin » par les habitants en raison de son architecture imposante et de son luxe ostentatoire, tranchant avec le caractère rural environnant, le bâtiment est devenu un symbole de démesure. Érigé sur un terrain agricole non constructible, face au club « Arena Ville Verte » dans la zone de M’kanssa, il était présenté par son propriétaire comme un complexe hôtelier incluant des salles de fête, une maison d’hôtes et une écurie.

Connu dans la région pour ses activités d’élevage, le propriétaire a déclaré aux médias avoir investi 160 millions de DH dans ce projet, démarré il y a six ans. Le complexe promettait la création de 200 emplois directs.

Un permis retiré et des avertissements ignorés

Le propriétaire a affirmé avoir obtenu une autorisation initiale de l’ancien président de la commune de Bouskoura. Cependant, ce permis aurait été suspendu par l’ancien gouverneur. Le propriétaire a lui-même reconnu l’existence de violations, notamment un dépassement de la hauteur autorisée, et a indiqué avoir déposé une demande de dérogation qui serait restée sans réponse.

Une source au sein de la province de Nouaceur avait précisé dans une déclaration à la presse que le permis initial ne concernait que la construction d’une maison d’hôtes rurale et d’installations équestres. Le projet aurait ensuite été radicalement modifié pour inclure d’immenses salles de fête, sans les autorisations nécessaires.

Selon cette même source, le permis avait été officiellement retiré en 2022, et un délai de trois ans avait été accordé au propriétaire pour régulariser sa situation ou procéder à une démolition volontaire. Ignorant cette décision, les travaux se seraient poursuivis sur le site.

La construction a été jugée en violation flagrante du plan d’aménagement et des lois en vigueur, rendant l’intervention des autorités inévitable.

L’affaire « Dar Diyafa » est désormais entre les mains de la justice marocaine, qui devra statuer sur l’ensemble des violations constatées. Cette démolition envoie un signal fort de la part des autorités, indiquant un durcissement du contrôle des infractions à l’urbanisme dans la région de Nouaceur, afin de protéger les terres agricoles de l’expansion anarchique.