Le Maroc a brillé sur la scène internationale de la gastronomie en remportant des résultats inédits lors du Championnat du monde de Pâtisserie, Glace et Chocolat (FIPGC 2025), qui s’est tenu à Rome les 9 et 10 novembre.
Dans la catégorie très disputée du « Cake Design« , les cheffes Sara Alaoui et Sara El Fetouh ont impressionné le jury avec une œuvre artistique qui mariait habilement l’identité marocaine à une esthétique contemporaine, combinant haute technicité et vision artistique moderne.

En « Pâtisserie« , le trio composé du chef Mohamed Yazidi et de ses coéquipiers Ali Goussaid et Omar Dib s’est distingué par des créations qui incarnaient l’innovation, la précision d’exécution et la richesse du patrimoine culinaire marocain, présentées dans un format international.
La performance a été complétée par la 3e place mondiale obtenue par le chef Tiyo (indépendant) dans la catégorie « Tiramisu« , démontrant la polyvalence et l’excellence des chefs marocains dans divers domaines de la gastronomie.

La délégation marocaine a exprimé sa profonde gratitude pour le soutien reçu, tant au niveau officiel que populaire, et a particulièrement remercié le team leader Amine Moumane pour son appui décisif tout au long de leur parcours, ainsi que le manager logistique Mohamed Lamraoui.
Cet exploit confirme que le Maroc, puisant dans la richesse de son héritage et le talent de sa jeunesse, s’affirme avec assurance comme un acteur majeur de la gastronomie mondiale.
« En toute sincérité, nous étions tous convaincus depuis la confirmation de notre participation en juillet 2025 que nous irions là-bas pour réaliser un podium », a confié Amine Moumane, président de MasterGel et architecte de cette victoire. « Je connais très bien mon équipe ; ce sont les meilleurs chefs au Maroc, une équipe avec beaucoup d’expérience. Nous visions le titre sans faire de bruit », a-t-il ajouté, révélant que la préparation s’est déroulée à huis clos, loin des regards.
Une recette gagnante : tradition, technologie et préparation rigoureuse
Pour préparer sa participation au championnat du monde de la pâtisserie et cake design, le Maroc n’a rien laissé au hasard. « Cette victoire est le fruit de quatre années d’expérience en coaching », explique Amine Moumane, dont les protégés ont déjà triomphé à plusieurs reprises au Maroc et en Afrique. Mais pour rivaliser avec les meilleures nations du monde, il a fallu aller plus loin.
Le succès repose sur plusieurs piliers, selon le team leader qui est également initiateur de Academy Chef’s Corner, spécialisé en formation des professionnels en pâtisserie et cake design. D’abord, « la guidance divine et la bonne foi de toute l’équipe ». Ensuite, « le secret absolu au sein du camp de préparation ». Mais la clé réside surtout dans « la recherche et développement alliés à l’expérience et la complémentarité du groupe ».
Les équipes ont combiné des technologies de pointe (découpe laser, injection plastique, thermoformage, conceptions 3D) avec le savoir-faire d’artisans traditionnels, notamment pour la sculpture sur bois. Le tout, en s’appuyant sur la « richesse et la diversité de la nature de notre pays ».
Cette préparation méthodique, basée sur un « référentiel de procédures » éprouvé lors de compétitions précédentes, a été chiffrée : environ 100 jours de travail intensif pour les équipes « Pâtisserie » et « Cake Design », un budget de 50.000 euros, et la mobilisation d’une équipe administrative et logistique dédiée.
Pour Amine Moumane, ce titre de vice-champion du monde est « la cerise sur le gâteau ». « Il constitue une première dans ce domaine et hisse notre pays parmi les grandes nations de la gastronomie, tout en donnant au Maroc la reconnaissance mondiale et aux jeunes pâtissiers l’espoir et la confiance nécessaires ».
L’avenir est déjà tracé. Après un repos amplement mérité, les vice-champions se consacreront à la transmission de leur savoir-faire via des ateliers pour les jeunes en 2026. L’objectif est clair : « Affermir et consolider ce résultat » en visant « la coupe en 2027 ».
Le team leader a conclu en lançant un message fort à la jeunesse. « Nous invitons les jeunes à se mobiliser derrière leurs rêves, à croire en leurs potentiels ». Il a insisté sur l’importance de la formation continue, de la recherche et de la dimension académique, « qui manquent énormément à ce secteur ». Il a également appelé les organismes publics comme l’OFPPT à « convenir de compétitions régionales » pour détecter les talents de demain, sans oublier les jeunes pâtissières.
Enfin, il a souligné une réalité incontournable : « Sans moyens financiers et structurels, on ne pourrait avoir une vision stratégique sur le secteur », citant l’exemple des équipes asiatiques (Chine, Japon, Malaisie) qui « dominent aujourd’hui les compétitions mondiales » grâce à un soutien massif.
« Je tiens à remercier le Roi Mohammed VI, le peuple marocain, et la Fédération marocaine des arts culinaires présidée par Kamal Rahal pour avoir initié depuis plus de 20 ans les compétitions au Maroc ».


