Bien que la victoire du Maroc sur l’Ouganda (4-0), ce mardi 18 novembre au Grand stade de Tanger, ne donne pas une valeur assez juste du niveau de l’équipe nationale. Elle compte tout de même pour l’évaluation des prestations individuelles des Lions de l’Atlas qui enchaînent un 18e succès.

Si l’on devait choisir les trois tops et les trois flops, on mettrait dans la première catégorie des noms comme Neil El Aynaoui, décisif sur l’ouverture du score, Ismaïl Saibari (1 but, 1 passe décisive) et Soufiane Rahimi, qui a inscrit le 3 à 0 sur pénalty.

Hamza Igamane, Anas Salah-Eddine et Brahim Díaz seraient plutôt dans la seconde. Tandis que les autres internationaux ont eu des productions globalement neutres, excepté Azzedine Ounahi, Bilal El Khannouss qui a clôt la marque, et Noussair Mazraoui qui commence à faire oublier l’absence de Achraf Hakimi.

À l’instar de sa victoire sur le Mozambique, l’équipe nationale a démarré la rencontre pied au plancher. Un pressing intense et agressif lui a permis de s’offrir une première occasion rapidement sur un tir enroulé d’Azzedine Ounahi (2’).

Le milieu de terrain à la touche soyeuse retrouve doucement mais sûrement toutes ses aptitudes et un niveau à la hauteur de son talent.

Il a plusieurs fois tenté de lancer Ismaïl Saibari sur du jeu direct. Pour preuve, l’action sur laquelle le milieu du PSV Eindhoven était à deux doigts d’ouvrir le score sans l’intervention du gardien Denis Onyango (4’).

Ce n’était que partie remise puisque Saibari, placé sur le côté gauche de l’attaque marocaine, a doublé la mise à la demi-heure de jeu en coupant au deuxième poteau un centre au cordeau de Noussair Mazraoui. Dont c’est la deuxième passe décisive lors des deux derniers matchs.

Auparavant, ce même Saibari avait offert à Neil El Aynaoui l’ouverture du score sur un plateau.

Une action typique du profil de milieu box-to-box de ce dernier. Un joueur qui se projette dans la surface de réparation, sous les yeux emplis d’émotion de son père, l’illustre tennisman marocain Younès El Aynaoui (5’).

Heureusement que le Maroc a privé l’adversaire de ballon

Brahim Díaz a également eu l’occasion d’y aller de son but, mais il a trop écrasé son ballon pour espérer inquiéter le gardien ougandais (15’), avant de frapper sur ce dernier au lieu de décaler Hamza Igamane dans la surface.

En dépit de tous ses efforts, Díaz pèse encore trop peu sur l’animation offensive de l’EN au regard de son immense talent, même si c’était beaucoup mieux en seconde mi-temps.

Derrière lui, la défense a encore une fois fait passer des sueurs froides dans les travées à cause d’un positionnement approximatif et des distances un peu trop grandes entre les centraux.

D’autant que les Ougandais étaient menaçants sur transition. En premier, Béni Moukouana a tenté sa chance, avant qu’Allan Okello n’en fasse de même mais mieux, en cadrant son tir.

Mais si le temps passe et les fleurs fanent, l’efficacité de Yassine Bounou demeure intacte. Le portier marocain s’est aisément interposé (30’).

Azzedine Ounahi a tenté de mieux gérer le tempo de la rencontre, il n’en a pas moins essayé de marquer en envoyant un missile difficilement dévié en corner.

Au vrai, heureusement que le Maroc a privé l’adversaire de ballon, car sa défense n’était vraiment pas souveraine. En parlant de flops, Anas Salah-Eddine mérite largement sa place dans ce classement.

Loin d’être à distance d’intervention sur le tir d’Allan Okello, le latéral gauche a mis en danger toute son équipe sur une remise de la tête imprécise en direction de Romain Saïss, en fin de première mi-temps.

Puis en ratant sa sortie de balle plein axe en seconde. Si l’on ajoute à cela sa pauvre production offensive, son match n’est clairement pas celui d’un titulaire du poste (8 ballons perdus).

Esseulé en pointe, Hamza Igamane était porté disparu, peu en mouvement et donc rarement trouvé par ses coéquipiers (1 tir, 17 ballons touchés). Il n’a pu que suivre du regard le tir enroulé de Ounahi à l’entame du second acte.

Bilal El Khannouss et Soufiane Rahimi se sont rapidement mis en évidence

Il faut dire que par séquences, l’attaquant lillois n’était pas servi malgré des appels en première intention, notamment lorsque le Maroc construisait ses actions dans son propre camp.

Sofyan Amrabat aurait pu le toucher une ou deux fois, mais ce dernier n’a pas osé, malgré un jeu long au plus que parfait (5/5). Cela dit, le milieu du Betis Séville continue à très bien faire ce qu’il sait faire. À savoir équilibrer le bloc équipe et tuer les contres adverses dans l’œuf (6 ballons récupérés).

Les Ougandais ont toutefois repris le contrôle du jeu et obligé Jawad El Yamiq à un sauvetage miracle, juste devant Steve Mukwala en coupant un centre venu encore une fois du côté d’Anas Salah-Eddine (56’).

Le défenseur s’impose petit à petit dans l’axe droit de la charnière centrale (3 interceptions, 2 dégagements, 2 ballons récupérés et 3 duels gagnés sur 4). Dur sur l’homme, il a été pris une fois dans la profondeur en première mi-temps, mais il est bien revenu dans son match.

Brahim Díaz aussi par moments. Trop court après une série de dribbles dans la surface, il obligeait ensuite Denis Onyango à sortir un arrêt réflexe au premier poteau afin de détourner le ballon en corner.

Entrés à l’heure de jeu, Bilal El Khannouss et Soufiane Rahimi se sont rapidement mis en évidence. Le premier par sa disponibilité et le deuxième par ses appels tranchants.

Rahimi a été justement à l’origine de l’avant-dernière passe qui a permis à Ismaïl Saibari de chauffer les gants de Balba Al Hassan, qui venait de suppléer Denis Onyango.

Dans la foulée, l’attaquant d’Al Ain n’a pas réussi à redresser un centre au second poteau. En revanche, il ne s’est pas fait prier de transformer le penalty qu’il a lui-même obtenu.

Bilal El Khannouss lui a emboîté le pas en aggravant le score à la réception d’un centre de Ilias Akhomach (90’).

Sinon, il reste encore pas mal de pain sur la planche en vue de la Coupe d’Afrique des nations 2025, et la défense demeure le chantier principal.