Quelle que soit l’issue du quart de finale de la Coupe du monde U17, opposant le Maroc au Brésil, ce vendredi 21 novembre à Doha au Qatar (16h45), sur le terrain numéro 7 de l’Aspire Zone, les Lionceaux de l’Atlas auront largement réussi leur compétition. Surtout au vu de la manière dont ils l’ont commencée.

Si le sacre de leurs aînés tombait sous le sens d’un parcours remarquable, Abdelali Eddaoudi et ses amis ont appris à perdre pour gagner. Une défaite n’est pas seulement définie par le résultat. Car ce n’est pas la chute qui compte mais plutôt la façon dont on se relève.

Et cette joyeuse bande de copains a largement démontré sa capacité à apprendre de ses erreurs et élever son niveau de jeu. À progresser tout simplement. Mentalement. Mais aussi techniquement et tactiquement.

Inutile de vous mentir, on ne donnait pas cher de leur peau après la défaite contre le Portugal (6-0), précédée par la déroute face au Japon (2-0). Les défaillances collectives et individuelles étaient trop nombreuses pour espérer atteindre le second tour.

Notamment l’incapacité des protégés de Nabil Baha à se rebeller contre le cours des événements ou, à minima, à recoller au score. Ils n’avaient pas été confrontés à ce type de situation en écrasant la Nouvelle-Calédonie (16-0).

C’était une équipe nationale remaniée qui avait battu le record de buts lors d’une victoire en Coupe du monde. Mais les prémices d’un renouveau étaient déjà visibles. La mue d’un collectif enfin soudé, qui commençait à croire en son étoile.

Le Maroc a su déjouer les pronostics

Qualifiés parmi les huit meilleures troisièmes, ils étaient donnés perdants face aux États-Unis et au Mali. Mais ils ont su déjouer les pronostics à chaque fois. La faim de victoire les a réveillés et l’appétit les a mobilisés.

Comme des héros de mangas dos au mur, les Lionceaux de l’Atlas se sont surpassés. En témoigne l’égalisation d’Abdellah Ouazane devant les États-Unis. Un instant de génie fondateur.

C’était la première fois que le Maroc revenait au score dans la compétition. Les choix forts pris par le sélectionneur national et son staff n’y sont pas étrangers.

Au moment de trancher, Nabil Baha n’a pas hésité à mettre sur le banc deux de ses meilleurs joueurs, le milieu de l’Ajax et Ziyad Baha. Il n’a pas eu à le regretter.

Le premier a égalisé dans les derniers instants du temps additionnel en seizième. Et le second a été l’auteur de l’ouverture du score au tour suivant. Des choix de management risqués donc, mais au bout du compte payants.

Solide derrière et imprévisible devant, le Maroc n’a évidemment pas gommé toutes ses faiblesses d’un coup de baguette magique. Les oublis dans le marquage, la communication perfectible et les relances manquées plein axe sont toujours d’actualité.

Une fascinante mue collective

Cela dit, les progrès sont tangibles et la transformation fascinante. Brahim Yamani résume parfaitement cette évolution.

« Sur le plan mental, les joueurs ont montré beaucoup plus d’abnégation, de générosité, d’efforts et de concentration », souligne l’ancien directeur technique de la formation au Fath Union Sport (FUS) et de l’Ittihad Riadi de Tanger (IRT).

« Et tactiquement, nous avons vu un bloc bien plus compact, avec des lignes resserrées, des intervalles réduits et un bloc bas-médian géré avec patience, capable de se projeter rapidement en transition à la récupération du ballon ».

Une montée en puissance, corroborée par les chiffres (voir infographie). Plusieurs indices de performance dessinent une trajectoire ascendante, illustrant le nouveau palier franchi. Que ce soit en termes de xG, de tirs cadrés ou de duels :

xG :

Vs Japon : 0,2

Vs Portugal : 0,6

Vs États-Unis : 0,9

Vs Mali : 2,4

Tirs cadrés :

Vs Japon : 1

Vs Portugal : 3

Vs États-Unis : 4

Vs Mali : 6

Duels gagnés (off+def) :

Vs Japon : 73

Vs Portugal : 71

Vs États-Unis : 103

Vs Mali : 103

Duels défensifs gagnés :

Vs Japon : 27

Vs Portugal : 40

Vs États-Unis : 49

Vs Mali : 50

Un adversaire aux attaques protéiformes

Autant dire que le Brésil n’a qu’à bien se tenir. Même si, en réalité, les auriverdes partent favoris. Sortis premiers d’un groupe assez faible au premier tour, les Brésiliens ont peiné pour atteindre les quarts.

Venant difficilement à bout du Paraguay puis de la France au terme de deux séances de penalties irrespirables.

Douze des treize buts marqués par le Brésil l’ont été pendant la phase de groupe.

La trajectoire de forme des Brésiliens est quelque peu descendante. Mais cela ne doit pas empêcher l’équipe nationale de redoubler de vigilance, surtout face à une attaque où le danger peut venir de tous les côtés.

Ils savent aussi bien marquer de loin que dans la surface de réparation. Mais aussi sur du jeu de position ou de transition. En tout cas, c’est une équipe qui aime avoir le ballon (59 % de possession moyenne), bien qu’elle n’y arrive pas toujours.

Dans ce cas, le Brésil sait attendre son heure et gérer ses temps faibles. Sans surprise, il s’agit de l’une des meilleures défenses de la compétition (2 buts encaissés).

Elle doit cette solidité également à son gardien, auteur de deux arrêts contre la France pendant la séance de tirs aux buts et d’un taux de plus de 90 % d’arrêts jusqu’ici dans la compétition (7/8).

En somme, cet alléchant quart de finale entre le Maroc et le Brésil s’annonce disputé.

Entre deux équipes qui ont su maintenir une fraîcheur physique. Les staffs techniques ont bien géré les temps de jeu des joueurs. Le Brésil est l’équipe qui a effectué le plus de changements en cours de match (24), derrière le Maroc (25).