Interrogé sur la dynamique croissante en faveur du plan d’autonomie marocain, soutenu par de nombreux pays européens, l’ambassadeur algérien a affirmé que le « droit à l’autodétermination » est la seule voie possible. « Nous ne dévierons pas de cette position ». En réalité, l’autonomie est une forme d’autodétermination, admise par les instances onusiennes.

L’ambassadeur a tenté de minimiser la portée de la résolution 2792 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui soutient explicitement le plan marocain, la qualifiant de simple « cadre qui pourrait être une solution parmi d’autres ». Fait révélateur, il a été contraint d’admettre que l’Algérie avait refusé de participer au vote de cette résolution en raison de son opposition à l’utilisation du terme « souveraineté » en lien avec la proposition marocaine, un aveu qui illustre l’isolement d’Alger au sein du Conseil.

Concernant la pression de l’administration Trump pour que l’Algérie rejoigne les Accords d’Abraham, la réponse de l’ambassadeur a révélé là aussi une autre contradiction majeure. Tout en affirmant que l’Algérie « croit en un marché ouvert et une économie capitaliste », il a conditionné toute normalisation avec Israël à la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967. « D’abord l’État palestinien, et ensuite tout est possible », a-t-il déclaré.

Cette position, conforme à la ligne traditionnelle de la diplomatie algérienne, apparaît de plus en plus déconnectée de la dynamique régionale, alors que plusieurs pays arabes ont fait le choix de la normalisation pour se positionner comme acteurs crédibles et trouver au plus vite un accord qui consacre la solution aux deux États.

En somme, l’intervention de l’ambassadeur a illustré une diplomatie algérienne qui, malgré une rhétorique de « non-alignement », peine à sortir de ses schémas idéologiques et à s’adapter à un environnement international où le pragmatisme est devenu la norme.