Le cycle de production hivernal des primeurs est confronté à plusieurs défis. La principale difficulté, selon les professionnels, réside dans une pénurie de plants et de semences résistants.
« Chaque producteur fait de son mieux pour faire face à cette situation. Il n’y a pas de solution collective », explique à Médias24 Amine Amanatoullah, un producteur basé à Agadir.
Cette rareté est accentuée par deux autres facteurs : l’insuffisance des solutions de lutte biologique et la récente mise à jour des listes de produits phytosanitaires autorisés, qui a limité les options de traitement pour les agriculteurs.
Faute de choix, de nombreux producteurs ont dû utiliser des plants moins résistants, rendant leurs cultures plus vulnérables à des maladies comme le virus du fruit rugueux brun de la tomate (ToBRFV) et aux ravageurs.
Des rendements en baisse et une pression sur les prix
Cette situation a un impact direct sur les rendements. « Nous constatons déjà une baisse des volumes sur le terrain », affirme Amine Amanatoullah. Les produits les plus affectés sont les tomates et les poivrons.
Pour l’instant, le marché européen est relativement épargné, car ses propres récoltes se sont prolongées tard dans la saison. En conséquence, de nombreux producteurs marocains privilégient actuellement le marché national. « Le marché local est plus intéressant que la vente sur les marchés de gros européens, car ils ont encore leur propre production », analyse Amine Amanatoullah.
Cependant, cette situation pourrait évoluer. « Une pénurie est probable dès le mois de février », prévient-il, « et les acheteurs doivent s’attendre à une augmentation des prix ». Les récentes inondations dans la région de Dakhla, bien que limitées à un segment spécifique, pourraient également ajouter de la pression sur le marché local.