Au cours des derniers mois, le Maroc connaît une montée alarmante des campagnes de diffamation, d’insultes, de dénigrement et d’incitation numérique visant directement des militantes et militants des droits humains, des femmes engagées dans la vie publique, des journalistes, des défenseurs de la liberté de la presse, ainsi que des actrices et acteurs politiques exprimant des opinions indépendantes, fait savoir le collectif.
Selon la même source, ces campagnes ne sont plus des actes isolés : elles s’inscrivent désormais dans une stratégie organisée exploitant l’espace numérique et médiatique pour intimider, discréditer ou punir des personnes en raison de leur engagement. Les principales cibles sont :
- les défenseurs des droits humains ;
- les femmes engagées pour l’égalité et la justice sociale ;
- les journalistes indépendants ;
- les défenseurs de la liberté de la presse ;
- Les actrices et acteurs politiques défendant des positions autonomes.
Cette instrumentalisation du numérique se transforme en véritable arme de harcèlement et d’assassinat moral, incompatible avec les valeurs démocratiques, ajoute le collectif, précisant qu’elle constitue une menace et une atteinte directe à la démocratie et à l’image du Maroc.
Les signataires appellent les autorités judiciaires à:
- agir de manière urgente pour protéger les victimes de ces attaques
- engager des enquêtes et poursuivre les auteurs de toute campagne de diffamation ;
- Garantir le droit au recours pour toute personne exposée à ces violences numériques ;
- Lutter fermement contre l’impunité, condition essentielle pour restaurer la confiance dans la justice.
Parallèlement, ils exhortent le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) à :
- mettre en place un mécanisme national de suivi et de documentation de ces violations ;
- publier régulièrement des rapports sur leur évolution et leurs impacts ;
- adresser des recommandations opérationnelles aux autorités
- renforcer la coopération avec les mécanismes internationaux de protection des libertés ;
- accorder une attention particulière aux attaques visant les femmes, particulièrement exposées à la violence numérique et symbolique.
- Les campagnes de diffamation ne visent pas seulement des individus : elles fragilisent l’ensemble de la société et menacent les fondements du projet démocratique marocain.
- Protéger la dignité humaine, préserver la liberté d’expression et garantir un espace public sain sont des responsabilités collectives et nationales.