L’annonce, faite ce vendredi 21 novembre par la plateforme, a confirmé ce que les experts et les services de renseignement soupçonnaient depuis longtemps : l’existence de réseaux organisés cherchant à manipuler l’opinion publique marocaine. Des captures d’écran, devenues virales, ont montré des profils se revendiquant « marocains », mais dont la localisation pointait vers Alger, Ottawa ou d’autres capitales, y compris celles de pays affichant pourtant une proximité diplomatique avec Rabat.

Cette nouvelle option de transparence, introduite par Nikita Bier, responsable produit chez X, démocratise un outil jusqu’alors réservé aux spécialistes. Elle permet à chaque utilisateur de vérifier l’authenticité d’un profil et l’origine géographique d’un contenu.

Pour les experts en cybersécurité, cette révélation n’est qu’une demi-surprise. En effet, les services de renseignement avaient déjà identifié, depuis plusieurs années, des entités étrangères utilisant des « fermes de trolls » et des faux comptes pour provoquer des perturbations numériques. Leur objectif est de manipuler l’engagement autour de sujets ciblés pour les faire apparaître en tendance et, in fine, influencer le débat public.

Une partie de ces réseaux aurait d’ailleurs migré de Facebook vers X, après le renforcement des mesures de vérification sur la plateforme de Meta.

Des réseaux coordonnés depuis l’étranger

Les premières analyses issues de cette nouvelle fonctionnalité confirment des schémas bien connus. Un nombre significatif de comptes diffusant des contenus hostiles au Maroc sont coordonnés depuis l’Algérie ou même Taiwan.

Plus surprenant, une présence importante de comptes est également administrée depuis le Canada, où résident plusieurs individus recherchés par les autorités marocaines. Certains opèrent sous leur véritable identité, tandis que d’autres utilisent l’anonymat pour mener diverses activités qui ne sont pas toujours avouables.

Pour les spécialistes, l’ensemble de ces éléments dessine les contours d’une stratégie délibérée de perturbation visant à déstabiliser l’espace numérique marocain. Avec cette nouvelle fonctionnalité, les autorités marocaines et le grand public disposent désormais d’un outil simple et efficace pour identifier ces acteurs et contrer l’influence grandissante de ces réseaux coordonnés depuis l’étranger.