Après avoir atteint 813,6 MMDH à la mi-septembre, les encours des OPCVM se stabilisent à 806,5 MMDH au 21 novembre 2025, selon les données de l’ASFIM, soit une légère contraction proche de 0,9%. Mais il faut rappeler qu’entre la fin octobre, lorsque les encours s’élevaient à 790 MMDH, et le 21 novembre, le marché a enregistré une hausse de plus de 14%.
Dans ce contexte, quelles tendances ressortent réellement de l’évolution des OPCVM et des choix d’allocation des investisseurs ?
Des flux qui reflètent un ajustement tactique des investisseurs
Les mouvements observés entre le 14 et le 21 novembre confirment explicitement le positionnement actuel des investisseurs face au contexte de marché.
D’abord, la baisse de -2,6% des fonds actions, soit un repli de 79,02 MMDH à 77 MMDH, n’est pas surprenante. « La correction du marché boursier, combinée aux arbitrages pour dégager du cash en vue des IPO à venir, a entraîné des sorties ciblées. Nous voyons bien que les investisseurs institutionnels ont réduit leur exposition actions pour renforcer leur trésorerie », confie un gérant d’actifs.
Le recul des fonds diversifiés, passés de 104,05 MMDH à 102,5 MMDH (-1,5%) et des fonds contractuels, qui diminuent de 9,34 MMDH à 9,2 MMDH (-1,5%), s’inscrit dans la même logique.
« Lorsque la visibilité diminue entre la baisse des actions, la tension sur la liquidité et la remontée ponctuelle des rendements obligataires, les stratégies mixtes souffrent mécaniquement. Les investisseurs préfèrent attendre avant de reprendre du risque ou de se repositionner durablement ».
À l’inverse, les fonds monétaires enregistrent l’une des progressions les plus nettes de la période, passant de 115,07 MMDH à 116,7 MMDH, soit +1,4%. « C’est très cohérent avec l’assèchement de la liquidité institutionnelle : dans ces phases-là, les investisseurs arbitrent naturellement vers les supports de court terme, plus liquides et plus prévisibles. Le monétaire sert de zone d’attente, surtout dans un moment où les trésoreries sont mobilisées pour les levées de fonds et les opérations de marché ».
« En fin d’année, la liquidité institutionnelle se resserre souvent : banques, assurances et grands investisseurs privilégient temporairement la préservation de leurs ressources, ce qui réduit leur capacité à intervenir sur les adjudications ou à renforcer leurs positions sur le secondaire. Cette moindre absorption des titres pousse les taux à la hausse et affecte mécaniquement la valorisation des fonds obligataires ».
Quant aux fonds OMLT, ils progressent légèrement, de 372,19 MMDH à 372,9 MMDH (+0,2%). Cela montre que malgré la hausse des rendements observée récemment – un mouvement plutôt technique lié à un affaiblissement temporaire de la demande –, l’intérêt pour les obligations moyen-long terme reste présent.
« Les souscriptions se poursuivent, mais de manière mesurée, dans l’attente d’une stabilisation durable de la courbe. Les investisseurs cherchent visiblement à capter les nouveaux niveaux de rendement, tout en restant prudents dans le calibrage de leurs positions ».
« Les investisseurs se préparent aux IPO, préservent la liquidité, profitent des rendements obligataires redevenus attractifs et réduisent temporairement le risque actions dans un marché en consolidation ».
Un contexte de fin d’année marqué par la prudence et la montée en puissance de la réforme des OPCVM
Ces variations interviennent dans un contexte de marché marqué par une dynamique de fin d’année bien particulière. « À cette période, les investisseurs institutionnels adoptent traditionnellement une approche plus prudente, ce qui se traduit par des arbitrages plus fréquents, une gestion plus serrée de la trésorerie et un recours accru aux supports liquides ».
« Cette attitude se reflète d’abord sur le marché actions, où la baisse récente s’est accompagnée d’un recul de la liquidité. Plusieurs acteurs ont procédé à des ventes ciblées pour dégager du cash, notamment en vue des introductions en bourse attendues dans les prochaines semaines. Ce repositionnement a logiquement pesé sur les OPCVM actions, mais aussi sur les fonds diversifiés et contractuels, qui combinent plusieurs classes d’actifs ».
« Le marché de la gestion d’actifs a connu une très belle année 2025 et a bien évolué : on parle de plus de 800 MMDH d’encours, ce qui est très encourageant ».
« Il faut dire qu’il y a une montée en puissance du secteur, surtout avec la réforme des OPCVM consacrée par la loi 03-25. Cette modernisation, qui introduit de nouveaux véhicules, notamment les ETF, et assouplit les règles de fonctionnement, arrive à un moment où le marché exprime un besoin croissant de diversification et d’outils plus agiles ».
« Le nouveau cadre offre des perspectives élargies pour la gestion d’actifs et renforce le potentiel du secteur à absorber les variations saisonnières de flux. Cette mise à niveau structurelle complète les comportements de fin d’année en offrant, à moyen terme, un environnement plus solide pour les investisseurs institutionnels comme pour l’épargne individuelle ». Ces nouvelles classes d’actifs vont contribuer à améliorer la liquidité et à accroître les encours.