Le MASI a effacé 5,3% de ses gains annuels en novembre, pour retomber à 18.603,5 points. La baisse a été large et homogène, avec un MASI20 à –5,37% et un indice Mid & Small Cap en recul de 6,45%.

Ainsi, la majorité des secteurs terminent le mois dans le rouge et seules dix valeurs ont réussi à afficher une performance positive sur l’ensemble de la période. L’ensemble du marché a donc corrigé dans un même élan, sans véritable distinction entre grandes capitalisations, valeurs moyennes ou small caps.

Comme nous l’avions déjà expliqué dans nos précédents articles, cette correction résulte d’un mélange de facteurs techniques, de rotations internes et de prises de bénéfices après une année exceptionnellement dynamique.

La baisse observée en novembre s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement largement anticipé par plusieurs analystes : « le marché avait accumulé des niveaux de valorisation élevés, avec des P/E devenus tendus après une progression fulgurante depuis janvier. Ainsi, une consolidation devenait nécessaire pour éviter un glissement incontrôlé vers une forme de bulle spéculative, d’autant que le MASI a longtemps évolué à proximité de la barre des 20.000 points, un seuil aussi technique que psychologique ».

Dans le même temps, on a également assisté à des ventes destinées à dégager du cash en vue des IPO à venir. Cela a, certes, accentué le recul de plusieurs valeurs, tout en provoquant quelques rotations sectorielles. Pourtant, ces mouvements restent normaux en fin d’année : les investisseurs arbitrent, réallouent et rééquilibrent leurs portefeuilles avant d’aborder un nouveau cycle.

Graphique
masi
Min
14 611.23
Max
20 233.50
02/12/202401/12/2025

Source: medias24.com

Presque tout recule

Dans le détail, plusieurs catégories de valeurs ont corrigé plus nettement. Les small caps, souvent plus volatiles, figurent parmi les plus fortes baisses du mois. Minière Touissit recule de 35,6%, son recul s’explique essentiellement par le litige douanier qui a fortement affecté la perception du marché.

Med Paper a baissé de 12,2%, Ennakl de 11%, ou encore Cartier Saada de 11,15%. Ce sont des titres qui avaient déjà beaucoup monté et qui réagissent plus vite aux arbitrages, surtout lorsque les flux se tournent vers d’autres segments ou vers des besoins de liquidité.

Les banques ont également contribué au repli du MASI. BCP perd 10%, BOA 7,07%, CDM 7,9%, tandis qu’Attijariwafa Bank recule de 5,86%.

Compte tenu de leur poids dans les indices, ce mouvement a mécaniquement accentué la correction. Pourtant, là encore, il s’agit davantage d’un ajustement que d’un changement de perception sur le secteur : le repli est intervenu dans un contexte de rotations, de prises de bénéfices et d’arbitrages de fin d’année.

Les grandes capitalisations n’ont pas non plus servi d’amortisseur. IAM perd 4,17%, LafargeHolcim 5,03%, Marsa Maroc 2%, Managem 2,4%, TAQA -7%. Leur recul reste mesuré, mais il suffit à montrer que la correction a été structurelle et non concentrée sur des segments spécifiques.

À l’inverse, les rares hausses du mois sont davantage techniques qu’indicatives d’un mouvement de fond. Promopharm avance de 13,9%, Rebab de 11,7%, Oulmès de 6,13%, ou encore SMI de 4,98%.

Des volumes supérieurs à 5 MMDH : un marché en pleine rotation plutôt qu’en retrait

La correction de novembre s’accompagne d’un niveau d’activité remarquable. Les investisseurs ont échangé plus de 5,05 milliards de dirhams sur le marché central, un volume élevé pour cette période. Ainsi, le mouvement du mois repose sur des flux importants, signe d’un marché pleinement engagé dans une phase de rotation et de rééquilibrage.

Les transactions se concentrent sur plusieurs grandes capitalisations et valeurs liquides. TGCC domine largement le mois avec plus de 1,12 milliard de dirhams, soit près de 22% des échanges. Attijariwafa Bank suit avec 556 MDH, puis Marsa Maroc avec 471 MDH, Alliances avec 246 MDH, Akdital avec 233 MDH et IAM avec 231 MDH. Cette distribution traduit une réallocation active des positions, souvent motivée par les anticipations de fin d’année et les ajustements tactiques sur les valeurs les plus suivies.

Une partie de ces flux s’explique également par des stratégies de gestion de liquidité. Plusieurs investisseurs, notamment les particuliers, mobilisent des ressources pour accompagner les introductions en Bourse attendues, ce qui intensifie les arbitrages et stimule les échanges sur l’ensemble du marché. Ce type de mouvement soutient une dynamique où chaque séance devient un moment d’ajustement plutôt qu’une phase d’attentisme.

Effet valorisation : une correction visible sur les cours, mais encore limitée sur les multiples

La baisse de novembre aurait pu laisser penser à un assouplissement notable des valorisations. Pourtant, l’analyse des multiples montre une réalité plus contrastée. Le MASI se situe encore autour d’un P/E avoisinant 21,4x, un niveau qui demeure exigeant au regard des standards historiques du marché. Ainsi, malgré un repli de plus de 5% en un mois, la correction n’a pas suffi à ramener l’ensemble des valorisations vers des zones véritablement confortables.

Plusieurs valeurs conservent des niveaux de prix élevés, parfois largement supérieurs à la moyenne du marché. Ils reflètent l’enthousiasme accumulé durant les mois précédents et l’intérêt que certains investisseurs continuent de leur porter. Ces valeurs restent soutenues par leurs fondamentaux ou leur positionnement stratégique, mais leur multiple reste tendu, même après ajustement. La correction du mois agit donc davantage comme une respiration que comme un véritable retour à des niveaux de valorisation modérés.

Certaines valorisations demeurent particulièrement élevées, avec des P/E qui restent tendus comme ceux de Taqa Morocco (55,7x), TGCC (47x) ou encore Akdital (48x).

À l’inverse, certains secteurs s’inscrivent dans une dynamique plus raisonnable. Les valeurs bancaires, notamment, affichent des multiples nettement inférieurs à la moyenne du MASI, souvent portés par des publications solides et une visibilité plus stable sur leurs résultats. Leurs P/E demeurent proches de niveaux historiques attractifs, ce qui renforce leur statut de piliers du marché sur le plan fondamental.

Ainsi, le mois de novembre n’a pas uniformément redistribué les cartes. Les valorisations demeurent hétérogènes : certaines restent élevées malgré la correction, tandis que d’autres se situent déjà dans des zones jugées attractives. Ce paysage crée un marché plus sélectif, où les investisseurs se concentrent progressivement sur les segments offrant un véritable potentiel de rééquilibrage.

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