Le Parti de l’Istiqlal (PI) a tenu samedi 29 novembre la troisième session ordinaire de son Conseil national à Salé. Au-delà des ajustements réglementaires, cette grand-messe a servi de tribune au secrétaire général, Nizar Baraka, pour réaffirmer les ambitions politiques de sa formation dans un paysage national en pleine mutation.
L’un des faits marquants de cette session réside dans l’adoption d’amendements au règlement intérieur, introduisant une dimension régionale dans l’élection du comité central. Cette réforme vise officiellement à « aligner l’appareil partisan sur le chantier de la régionalisation avancée ». L’objectif de la direction est de « mieux ancrer le parti dans les territoires », un atout stratégique en vue des prochaines batailles électorales.
Dans son discours, Nizar Baraka a longuement insisté sur la question du Sahara, qualifiant la période actuelle de « tournant décisif » suite à la résolution 2797 de l’ONU. Le leader istiqlalien a positionné son parti comme un « acteur central de la mise en œuvre du plan d’autonomie », rappelant la récente transmission d’un mémorandum au cabinet royal.
Sur le plan socio-économique, le secrétaire général s’est livré à un exercice d’équilibriste. Tout en défendant l’action des ministres istiqlaliens au gouvernement – notamment dans les secteurs de l’eau, de l’équipement et de l’industrie –, il a pointé du doigt les disparités territoriales et sociales persistantes, évoquant un « Maroc à deux vitesses » ce qu’il juge « inacceptable ».
Cette session a clairement marqué le début de la précampagne pour les futures législatives. Nizar Baraka a appelé à une réforme du cadre électoral et exhorté ses militants à la mobilisation. L’objectif affiché est de « retrouver la place de leader », un message destiné à galvaniser la base et à préparer l’appareil partisan à une compétition politique qui s’annonce serrée.