Fort d’un noyau de joueurs habitués aux compétitions africaines et arabes, le Maroc aborde son entrée en lice dans la Coupe Arabe 2025 dans la peau d’un favori.

Une ambition qu’il faudra confirmer dès ce mardi 2 décembre (13h) devant les Comores, lors du match inaugural du groupe B, avant que l’Arabie Saoudite n’affronte Oman dans la foulée.

Annoncés forfaits par le sélectionneur national, Tarik Sektioui, Achraf Bencharki et Youssef Mehri suivront des tribunes du Khalifa International Stadium l’entrée en lice de leurs coéquipiers lors d’un match crucial mais sans être décisif pour autant.

En tout cas, les Lions de l’Atlas seraient bien inspirés de faire le plein contre les Comores, mais aussi contre Oman (vendredi 5 décembre) avant de rencontrer l’Arabie Saoudite (lundi 8 décembre) lors du choc de ce groupe B.

Car contrairement à la Coupe d’Afrique des nations 2025 ou encore au Mondial 2026, la marge d’erreur est plus réduite en Coupe Arabe, puisque seuls les deux premiers de chaque poule passent au tour suivant, tandis que les autres équipes rentrent à la maison.

Conscient de la hardiesse de la tâche, Tarik Sektioui n’a pas hésité à miser sur un groupe de 27 joueurs, dont quatre réservistes, composés de cadres confirmés et de profils aguerris aux joutes africaines et dans les pays du Golfe.

28,8 ans de moyenne d’âge

Ce sont pas moins de 10 joueurs évoluant en Arabie Saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis. À ce titre, constituer un groupe d’une moyenne d’âge approchant les 29 ans (28,8), dont dix sur 27 sont des trentenaires, est un choix aussi compréhensible qu’osé.

En effet, le fait que Tarik Sektioui mise sur l’expérience tombe sous le sens d’un calendrier très serré, “puisque nous avons dû préparer cette équipe trois mois seulement avant le début de la compétition. Une période lors de laquelle nous n’avons eu que deux stages, en octobre et en novembre”, explique le sélectionneur national en conférence de presse.

La confiance accordée par le natif de Fès à autant de joueurs d’expérience tient également à l’influence des ligues du Golfe. Car si l’objectif est de disposer d’un maximum de joueurs habitués à ce type de football, il est normal que la moyenne d’âge augmente.

Tout simplement, car la majorité de ces joueurs n’étant pas nés de la dernière pluie. Dans cette partie du monde, les clubs ont plutôt tendance à privilégier des joueurs expérimentés. Et Tarik Sektioui en est parfaitement conscient.

Tout comme de la nécessité de garder l’ossature de l’équipe nationale qui a remporté le Championnat d’Afrique des nations 2025 au Kenya, en août dernier. Ils sont dix champions d’Afrique à poser leur valise au Qatar.

En somme, des choix judicieux sur le papier, attestant de la grande résilience de Tarik Sektioui. Médaillé de bronze aux JO de Paris en 2024, Sektioui a mené la sélection des locaux au sacre dans le Championnat d’Afrique des nations l’été suivant.

Et le voilà encore une fois sur le pont en vue de la Coupe Arabe. “Cette absence de continuité est parfois difficile à gérer”, déplore-t-il. “J’ai l’impression de tout recommencer à zéro à chaque nouvelle compétition et toujours dans un temps réduit”.

Cela dit, il ne semble pas en souffrir particulièrement. L’ancien international marocain prend cette situation avec beaucoup de recul et d’optimisme.

L’importance d’une bonne gestion de la condition physique

Maintenant, c’est bien beau d’accumuler les joueurs d’expérience, mais encore faut-il qu’ils répondent présents et surtout qu’ils soient en forme physiquement.

Car si, à partir du troisième match du groupe, le Maroc ne sera plus obligé de faire le jeu, il devrait en prendre la charge lors de ses deux premières sorties, à commencer par celle face aux Comores.

Une équipe miraculée en quelque sorte. Menés lors des barrages par le Yémen, les Comores ont réalisé un sacré exploit pour renverser le score au terme d’une rencontre à rebondissements.

Menés 4-2 à l’aube du temps additionnel, les Cœlacanthes sont parvenus à arracher une séance de tirs au but après un doublé de l’Istréen Zaïd Amir, d’abord sur penalty, puis à la retombée du ballon au deuxième poteau.

Plus important encore, les Comores opposeront au Maroc un bloc défensif attentiste et bas pour mieux le contrer.

Une situation que les équipes de Tarik Sektioui n’apprécient pas vraiment, comme on a pu le voir lors de la défaite face au Kenya pendant le CHAN.

En outre, cette physionomie implique souvent des replis longue distance qui pourraient être, à la longue, incompatibles avec les capacités physiques des trentenaires marocains.

La dimension athlétique sera encore plus importante du fait que les matchs s’enchaînent tous les trois jours.

Autrement dit, le Maroc et son groupe de joueurs trentenaires ont tout intérêt à plier rapidement les rencontres pour ne pas se retrouver en mauvaise posture et sur les rotules.

D’autant qu’en face, les hommes de Hamada Jambay vendront cher leur peau et auront à cœur de ranger dans le tiroir des oubliettes l’humiliante élimination 5-1 face à la Palestine lors des qualifications il y a quatre ans.