Selon un bilan de la situation épidémiologique du VIH au Maroc, présenté ce lundi 1er décembre par le ministère de la Santé et de la protection sociale, l’épidémie reste « globalement faible dans la population adulte générale », avec une prévalence de 0,08 %, mais elle est concentrée au sein des populations clés :

  • 2,2 % chez les professionnelles du sexe féminines,
  • 5,3 % chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes,
  • 5,3 % chez les personnes qui s’injectent des drogues,
  • et 4,6 % chez les migrants.

Les populations clés et leurs partenaires représentent 67 % des nouvelles infections. Parmi les cas notifiés à fin 2024, 66 % étaient au stade asymptomatique, et 64 % des notifications provenaient des régions de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Souss-Massa.

Le nombre estimé de nouvelles infections a reculé de 22 % entre 2013 et 2024, selon les données du Programme national de lutte contre le Sida. Parallèlement, la proportion des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) connaissant leur statut sérologique est passée de 49% en 2013 à 80% en 2024. Parmi celles diagnostiquées, 95% bénéficient désormais d’un traitement antirétroviral (ARV), confirmant les progrès réalisés en matière de dépistage et de prise en charge.

Selon l’enquête nationale de séroprévalence 2019, la prévalence de l’hépatite C était de 0,5 %, celle de l’hépatite B de 0,7 % et celle de l’hépatite A de 88 % au niveau national, mais ces taux sont beaucoup plus élevés chez les populations à risque, atteignant 60 % chez les hémodialysés et les personnes injectrices de drogues.

 Une prévalence de 5,3 % chez les personnes qui s’injectent des drogues

Les troubles liés à l’usage de substances psychoactives constituent un problème de santé publique croissant au Maroc, représentant 5,55 % de l’ensemble des troubles mentaux, soit près de 340.000 cas prévalents selon l’IHME (2019).

Cette problématique touche particulièrement les jeunes, avec un nombre estimé à 1.600 injecteurs de drogues à l’échelle nationale en 2024. La situation sanitaire de cette population est alarmante :

  1. la prévalence du VIH atteint 5,3 % chez les personnes qui s’injectent des drogues (PID), contre 0,08 % dans la population générale,
  2. tandis que l’hépatite C (HVC) touche 36,7 % des PID, contre seulement 0,5 % chez le reste de la population.