Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) affûte ses armes en vue des prochaines échéances électorales. En déplacement à Meknès, son Secrétaire Général, Nabil Benabdallah, a tenu un discours résolument offensif, ciblant la fracture grandissante entre la jeunesse marocaine et la classe politique.

Le leader du PPS a saisi l’actualité récente marquée par le mouvement de contestation Gen Z, pour dresser un constat d’échec des partis traditionnels. Reconnaissant que l’offre politique actuelle peine à séduire les nouvelles générations, il a toutefois réfuté l’idée d’une jeunesse apolitique. Pour M. Benabdallah, la défiance ne porte pas sur la chose publique, mais sur les acteurs et les méthodes, dénonçant au passage les poursuites judiciaires engagées contre certains manifestants.

L’essentiel de son intervention a consisté en une attaque frontale contre le gouvernement d’Aziz Akhannouch. Nabil Benabdallah a remis en cause la légitimité démocratique de l’actuelle majorité, arguant qu’elle repose sur une base électorale restreinte, fruit d’une forte abstention. Il a pointé du doigt l’usage de l’argent en politique, accusant certains acteurs de verrouiller le jeu électoral en « achetant les consciences » et en profitant de la démobilisation des jeunes.

Selon son analyse, le maintien d’une faible participation arrangerait les affaires de la coalition au pouvoir, lui permettant de conserver sa domination avec un nombre limité de voix.

Face à ce qu’il qualifie de « corruption politique », le patron du PPS a exhorté l’auditoire à rompre avec la logique du boycott. Son calcul est arithmétique : l’entrée de quelques millions de jeunes supplémentaires dans le corps électoral suffirait, selon lui, à bouleverser les équilibres actuels.

En se posant en alternative intègre – soulignant l’absence de promesses matérielles lors de ce meeting –, le PPS cherche à capitaliser sur le mécontentement social. Reste à savoir si cet appel à la mobilisation par les urnes trouvera un écho auprès d’une jeunesse souvent désabusée par les promesses partisanes, qu’elles viennent de la majorité ou de l’opposition.