« L’organisation conjointe de la Coupe du Monde en 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal devrait accélérer le basculement de l’Espagne comme premier marché touristique émetteur vers le Maroc, devant la France », estiment plusieurs sources professionnelles qui insistent tout particulièrement sur la proximité géographique de 14 kilomètres séparant les deux royaumes voisins.
Le Mondial va jouer un rôle de catalyseur du tourisme transfrontalier
Et d’expliquer que le Maroc bénéficiera lors de cet événement planétaire d’une visibilité accrue sur le marché espagnol qui devrait fortement renforcer les arrivées frontalières en provenance d’Espagne.
Le Mondial de 2030 devrait en effet renforcer la connectivité et la mobilité entre les deux pays avec une augmentation des liaisons aériennes et maritimes. Cette augmentation devrait développer les séjours combinés et les voyages courts et fréquents entre l’Espagne et le Maroc, avant, pendant et après le Mondial 2030.
En outre, cette compétition permettra aux agences de voyage de créer de nouveaux circuits touristiques ibéro-marocains avec des offres touristiques packagées comme celle entre les régions de l’Andalousie et du nord du Maroc qui ne manqueront pas de stimuler les flux interrégionaux.
Une proximité géographique insuffisamment exploitée
« Bien que le Mondial ne durera qu’un mois, les nombreuses campagnes de promotion croisées des pays organisateurs mettront en valeur le Maroc qui deviendra plus attractif aux yeux des touristes ibériques qui ne l’avaient jamais visité », affirme le président d’une fédération hôtelière pour qui la proximité de l’Espagne présente un potentiel encore largement sous-exploité en termes d’arrivées.
Contrairement à la clientèle touristique française qui se concentre le plus souvent sur des villes comme Marrakech ou Agadir, la tenue de cet événement sera l’occasion de multiplier les liaisons maritimes entre Tanger et Algesiras et les vols low-cost pour faire du nord du Maroc une destination week-end plus accessible aux Espagnols qui voyagent souvent en famille ou en groupes culturels.
A terme, cette dynamique inédite permettra d’augmenter progressivement les flux ibériques et de transformer l’Espagne en un marché émetteur de premier plan dans les cinq prochaines années.
Miser sur l’offre touristique régionale pour dépasser le marché français
Tout en se disant prudents, nos sources estiment que le marché espagnol qui a généré 1,5 millions d’arrivées en 2024 contre 2,4 pour son concurrent français pourrait lui ravir son leadership grâce au repositionnement de l’image du Maroc en Espagne qui accroitra son attractivité et consolidera son offre touristique avec de nouveaux flux multidirectionnels d’arrivées ibériques.
Un basculement rendu possible par l’exposition médiatique massive qui permettra de convertir l’intérêt footballistique des jeunes Espagnols et des supporters en tourisme de loisirs, notamment pour tout ce qui concerne le patrimoine andalou et méditerranéen partagé avec le Maroc.
Et de conclure que ce scénario est d’autant plus probable quand on sait que l’Espagne avait déjà créé la surprise en 2012 en devenant le premier partenaire commercial du Maroc devant la France.