C’est une question qui a longtemps tenu en haleine les supporters des deux rives de la Méditerranée. Lamine Yamal, prodige de 18 ans qui affole les défenses de Liga, aurait-il pu porter le maillot des Lions de l’Atlas ? Lors d’un entretien accordé à Jon Wertheim, le jeune ailier a levé le voile sur ce dilemme qui a traversé son début de carrière.

Un choix guidé par l’ambition européenne

« La vérité est que c’était quelque chose d’étrange parce que c’était dans ma tête : « Écoute, je peux jouer avec le Maroc », confie le joueur, rappelant l’exploit historique des Marocains lors du dernier Mondial au Qatar. Pourtant, au moment de trancher, l’hésitation n’a pas duré. « Je n’ai jamais eu de doute, en fait », affirme-t-il.

Son choix pour l’Espagne s’est imposé comme une évidence sportive et culturelle. Né et grandi en Espagne, formé à la Masia, Yamal visait les sommets du football européen. « J’ai toujours voulu jouer un Euro », explique-t-il, soulignant la visibilité et la proximité du football continental. Un pari gagnant, puisqu’il a déjà soulevé le trophée européen avec la Roja l’été dernier.

Le Maroc, « amour et respect »

Malgré ce choix, Lamine Yamal refuse d’oublier ses origines. « Avec tout mon amour et le respect que j’ai pour le Maroc », insiste-t-il, rappelant que le Maroc reste une part intégrante de son identité. « J’aurai toujours de l’affection pour le Maroc, c’est mon pays aussi ».

Pour le jeune homme de Rocafonda, jouer pour les Lions de l’Atlas n’aurait été ni « bizarre ni mauvais ». Mais le destin en a décidé autrement, guidé par son parcours de vie en Espagne. Aujourd’hui, c’est sous les couleurs espagnoles qu’il rêve de Coupe du monde, avec l’ambition de marquer l’histoire, tout en gardant une place spéciale pour la terre de ses ancêtres.

Rocafonda, l’école de la vie

Au-delà de la nationalité sportive, c’est son quartier de Rocafonda (Mataró) qui définit Lamine Yamal. Son célèbre geste du « 304 », en référence au code postal local, est devenu sa marque de fabrique. « Nous saurons toujours d’où nous venons », affirme-t-il, fier de représenter ces quartiers populaires souvent oubliés.