Avant même la publication des listes officielles pour la Coupe d’Afrique des nations 2025, un bras de fer silencieux entre clubs, fédérations et instances internationales a débouché sur un compromis qui, dans les faits, sert avant tout les intérêts des clubs européens.
La Confédération africaine de football (CAF) avait fixé la date limite pour communiquer les listes définitives au jeudi 11 décembre, soit dix jours avant le début de la CAN 2025 programmée du 21 décembre au 18 janvier.
Plusieurs nations, comme l’Afrique du Sud ou le Cameroun, ont d’ailleurs déjà dévoilé leur groupe. Pourtant, ces joueurs ne seront disponibles pour rejoindre leurs sélections qu’à partir du 15 décembre, et non le 8 décembre comme le stipulent normalement les règlements de la FIFA.
Dans un communiqué, la FIFA indique avoir « repris l’approche adoptée pour la Coupe du Monde 2022 », réduisant de sept jours la période obligatoire de mise à disposition. Celle-ci débutera donc le lundi 15 décembre 2025.
Plusieurs clubs, soutenus par l’Association européenne des clubs (ECA), estiment cette date trop précoce compte tenu du calendrier domestique, et surtout de la 6e journée de Ligue des champions programmée les 9 et 10 décembre.
Des stages de préparation chamboulés
Cette décision tombe mal pour de nombreuses sélections qui avaient prévu un stage dès le 8 ou 9 décembre. Certaines avaient même verrouillé leur logistique depuis plusieurs semaines.
La modification du calendrier oblige désormais les staffs à revoir leurs plans, à réduire leur préparation ou à adapter leurs séances au rythme des arrivées tardives.
Les sélectionneurs y verront sans doute une injustice, d’autant que ce n’est pas la première fois que la CAN se retrouve bousculée par des impératifs extérieurs.
Initialement, la CAN 2025 devait se tenir l’été dernier afin de s’adapter à la Coupe du monde des clubs, très soutenue par Gianni Infantino.
Finalement décalée, la compétition doit désormais cohabiter avec la Coupe arabe 2025, également programmée le même mois sur décision du président de la FIFA.
Ce cumul interroge, alors même que la FIFA affiche régulièrement une proximité avec la CAF.
Et ce n’est pas parce que l’instance encourage désormais les fédérations et les clubs à discuter « de bonne foi » pour trouver des solutions individuelles que le courroux des fédérations africaines s’en trouvera apaisé.
En cas de litige persistant, la FIFA se réserve la possibilité d’intervenir comme médiateur et d’évaluer chaque situation selon plusieurs critères :
- Calendrier des matchs ;
- État d’avancement des compétitions ;
- Temps de jeu passé et prévu des joueurs, ou tout autre élément jugé pertinent.
Une formulation qui ouvre la porte à du cas par cas, sans réelle garantie d’harmonisation pour les sélections africaines.
Malgré ce climat tendu, plusieurs nations ont commencé à publier leurs listes. Mais la plupart devront composer avec une préparation raccourcie et l’incertitude liée aux arrivées tardives.
Une fois encore, la CAN doit jongler avec des contraintes qui ne s’appliquent pas avec la même fréquence à d’autres compétitions internationales.
Les prochains jours permettront de mesurer l’impact réel de ce nouveau compromis sur la préparation des équipes.
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