Le Maroc a l’opportunité de se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe arabe 2025, et ce, dès la 2e journée du groupe B.

Pour y parvenir, la victoire est impérative pour les hommes de Tarik Sektioui face à Oman, ce vendredi 5 décembre (15h30), au stade de la Cité de l’éducation, à Al Rayyan, au Qatar.

Le sélectionneur national a sans doute forcé le trait en assurant en conférence de presse d’avant-match « que la prochaine rencontre est décisive avant même de penser au rendez-vous face à l’Arabie saoudite ».

Car avec trois points dans la musette, les espoirs de qualification au second tour ne seraient pas anéantis en cas de contre-performance contre Oman. La marge de manœuvre, bien que mince, existe.

Si les déclarations du technicien marocain pourraient être interprétées comme une manière de craindre l’Arabie saoudite, elles sont avant tout adressées à ses joueurs.

Sektioui cherche visiblement à les maintenir sous tension après le relâchement coupable observé en deuxième mi-temps contre les Comores.

Pour l’heure, le sélectionneur doit faire avec quelques forfaits, ce qui ne sera pas une mince affaire, d’autant que les joueurs étaient rincés après leur dernière sortie.

« Notre travail avec le staff et le préparateur physique est principalement axé sur la récupération », a expliqué dans un premier temps le médecin de l’équipe nationale A’, Mohamed Reda Bilal.

Le lendemain de match, les séances d’entraînement sont principalement axées sur la récupération.

« S’agissant des joueurs blessés », reprend-il, « Hamza Hannouri, qui s’est blessé au pied après un contact lors de la dernière séance avant le match contre Oman, ne pourra pas être rétabli à temps pour participer à la compétition ».

Même chose pour Achraf Bencharki, « qui s’est blessé aux ischio-jambiers, à l’occasion du déplacement d’Al Ahly à Rabat pour y affronter l’ASFAR », conclut Mohamed Reda Bilal.

Mounir Chouair est apte à participer à la compétition

Ces mauvaises nouvelles, auxquelles s’ajoute également le forfait de Youssef Mehri, ont été contrebalancées par d’autres plus réjouissantes.

Elles concernent notamment Mounir Chouiar, qui a pu rejoindre ses coéquipiers, et Mourad Louadni, qui devait régler également des procédures administratives. Ce qui l’a sans doute empêché d’être titularisé par Tarik Sektioui car sa préparation du match en avait été perturbée. Raison pour laquelle Anas Bach a été aligné à sa place.

La polyvalence du joueur de l’ASFAR a été précieuse, même si on sentait qu’il n’était pas très à l’aise en charnière centrale.

A priori, il doit retrouver sa place dans le double pivot devant la défense, aux côtés de son coéquipier, Mohamed Rabie Hrimate.

Sur le pont avec leurs clubs, trois jours avant l’entrée en lice du Maroc en Coupe arabe, Mahmoud Bentayg, Walid El Karti, Marwane Saadane et Abderrazak Hamed Allah ont également retrouvé possession de tous leurs moyens, selon Tarik Sektioui.

Il n’en faudra pas moins pour venir à bout d’une sélection omanaise qui a donné du fil à retordre à l’Arabie saoudite, l’un des favoris de la compétition.

Oman a longtemps opposé à l’Arabie saoudite une défense inexpugnable

Il est loin l’âge d’or où un virtuose pouvait s’emparer du ballon au milieu de terrain, éliminer une succession d’adversaires par des arabesques techniques, avant d’aller loger le cuir dans la lucarne.

Aujourd’hui, l’homogénéité du niveau et la rigueur tactique sont devenues la norme. Les espaces sont rationalisés et les décalages sont une denrée aussi rare qu’un talent capable de faire basculer, à lui seul, le destin d’une rencontre. L’organisation collective a pris le pas sur l’improvisation géniale. Le match est d’abord une bataille de systèmes. Et l’opposition entre le Maroc et Oman ne devrait pas déroger à la règle.

À l’inverse de l’Arabie saoudite ou du Maroc, Oman a eu plusieurs jours de préparation et a disputé les barrages pour se qualifier à la phase de groupe de la Coupe arabe. Ils ont donc compensé leur déficit qualitatif par une intensité et une fraîcheur supérieures. On ne peut pas pour autant dire que leur défaite est imméritée.

Bien qu’ils aient eu quelques situations en première mi-temps, ils n’ont jamais réussi à véritablement mettre en danger les protégés d’Hervé Renard.

La quasi-totalité des joueurs omanais campent devant leur but en s’évertuant à réduire au maximum les espaces.

La sélection coachée par le légendaire entraîneur portugais Carlos Queiroz, ancien adjoint de Sir Alex Ferguson à Manchester United et sélectionneur de l’Iran pendant près de dix ans, a surtout brillé par sa discipline tactique et sa solidarité collective. Un bloc équipe compact inexpugnable, bâti autour d’un système défensif modulable, oscillant entre le 4-1-4-1 et le 5-4-1, selon la situation de jeu.

Résultat, l’Arabie saoudite ne s’est créé aucune chance de marquer lors du premier acte. Les rares occasions obtenues par l’Arabie saoudite l’ont été sur des séquences de jeu où Oman venait de récupérer le ballon et que son bloc commençait à anticiper la transition défense-attaque avant de le perdre.

Dans ce cas, l’organisation défensive du Sultanat s’étant étiolée, des espaces s’étaient créés dans la défense où se sont engouffrés les Saoudiens, sans succès.

L’Arabie saoudite a fait bouger le bloc adverse pour étirer les lignes jusqu’à ce qu’une brèche se crée

La deuxième mi-temps fut beaucoup plus animée. Au-delà des trois buts inscrits, dont un sur coup de pied arrêté de Oman – une situation à laquelle le Maroc devra particulièrement prêter attention –, c’est la manière dont les Saoudiens ont réussi à percer le verrou de la défense omanaise qui est intéressante en vue du match des Lions de l’Atlas.

Après avoir manqué de patience pendant les 45 premières minutes, l’Arabie saoudite s’est montrée beaucoup plus appliquée dans ses transmissions et n’a pas hésité à faire bouger le bloc adverse d’un côté comme de l’autre.

Une persévérance qui a fini par payer sur deux actions quasi identiques. Elles mettent en relief bien évidemment la qualité de déplacement de Salem Al-Dawsari, auteur de deux passes décisives.

Les Saoudiens ont patiemment attendu qu’une zone se libère (matérialisée par la flèche jaune) pour pouvoir y lancer Salem Al-Dawsari (la passe est indiquée par la flèche noire).

Mais aussi et surtout l’une des failles les plus importantes dans la stratégie défensive de Oman. Lorsque le ballon navigue de gauche à droite et de droite à gauche, le bloc équipe mis en place par Carlos Queiroz est dans l’obligation de coulisser côté ballon.

Cela nécessite une attention particulière de tous les joueurs pour garder les mêmes distances entre les lignes et les joueurs qui les composent. Or, il suffit d’un moment d’inattention pour que cette discipline collective se rompe, offrant immédiatement l’espace nécessaire à l’adversaire pour s’y engouffrer et créer le décalage tant recherché.

La zone en question est celle située entre le défenseur axial droit et son latéral. Par deux fois, Salem Al-Dawsari a plongé dans cet espace où il a été servi avant d’offrir deux buts sur un plateau à ses coéquipiers.