Le président américain a annoncé, le mardi 2 décembre, qu’un nouveau dirigeant pourrait prendre la tête de la Réserve fédérale au début de l’année prochaine, en remplacement de Jerome Powell. « Nous annoncerons probablement en début d’année prochaine qui pourra devenir le nouveau président de la Fed », a déclaré Donald Trump, confirmant ainsi la probabilité d’un changement majeur à la tête de l’institution monétaire américaine.

Selon le chef de l’État, Kevin Hassett, principal conseiller économique de la Maison-Blanche, apparaît comme l’un des candidats privilégiés pour succéder à Jerome Powell. « C’est une personne respectée, je peux vous l’assurer. Merci Kevin », a ajouté Donald Trump, semblant confirmer son intérêt pour cette candidature.

Kevin Hassett, connu pour sa loyauté envers Donald Trump, s’est distingué par son soutien aux politiques protectionnistes du président, notamment l’imposition de vastes droits de douane sur les produits étrangers. Il a également plaidé à plusieurs reprises pour une baisse des taux d’intérêt, une orientation que le département américain du Trésor défend depuis longtemps.

Cependant, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a tempéré les spéculations : « La vérité, c’est que personne ne sait qui sera le prochain candidat du président Trump à la tête de la Réserve fédérale tant qu’il ne l’aura pas annoncé lui-même. D’ici là, tout n’est que pure spéculation ».

Donald Trump a par ailleurs reconnu que, malgré l’intérêt porté à Kevin Hassett, ce dernier n’est pas son premier choix. Le président américain affirme privilégier Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, pour remplacer Jerome Powell. « J’ai parlé à Scott de la possibilité qu’il accepte le poste, mais il ne veut pas », a-t-il indiqué.

La volonté de Donald Trump de tourner la page de Jerome Powell pourrait se heurter au Congrès, notamment si la majorité au Sénat ne lui est pas acquise. Toute nomination à la présidence de la Fed devra en effet être confirmée par la Chambre haute selon la loi bancaire de 1935.

L’origine du différend entre Donald Trump et Jerome Powell réside dans la conduite de la politique monétaire américaine. D’un côté, le président Trump souhaitait une baisse des taux d’intérêt afin de stimuler l’investissement et l’emploi. De l’autre, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, privilégiait une hausse des taux pour stabiliser les prix, maîtriser la masse monétaire et, par conséquent, lutter contre l’inflation.

Cette approche s’opposait directement à la vision portée par le mouvement MAGA (« Make America Great Again »), défendu par Donald Trump. Ce programme ambitionne de renouer avec l’ère Reagan, perçue comme une période de prospérité et de puissance, durant laquelle les États-Unis dominaient dans plusieurs domaines et incarnaient pleinement le « rêve américain ».

Mais en réalité, la politique actuelle de l’administration américaine rend les États-Unis moins attractifs en tant que modèle de la fin de l’histoire. Longtemps présentés depuis la fin de la guerre froide comme l’exemple ultime de prospérité et de développement pour l’humanité, les États-Unis voient aujourd’hui leur image s’éroder.

Cette évolution se traduit par un affaiblissement de leur soft power au profit de nouveaux acteurs désormais perçus comme des puissances concurrentes, notamment la Chine et les BRICs.