Après une semaine de compétition, on en saura un peu plus sur la valeur de cette équipe du Maroc en Coupe arabe 2025.

Le calendrier du groupe B lui a réservé le meilleur et le plus dur pour la fin, avec un dernier test face à l’Arabie saoudite, ce lundi 8 décembre (18 h), à Lusail au Qatar.

Plombés par l’expulsion de Abderrazak Hamed Allah et par leur inefficacité sur les rares occasions qu’ils s’étaient créées contre Oman (0-0), les coéquipiers d’Anas Bach se retrouvent dans une position inconfortable, où leur dernier match du premier tour sera tout sauf une formalité.

Certes, le scénario d’un retour prématuré à la maison reste moins probable que celui d’une qualification pour la suite de la compétition, mais l’équipe nationale s’est elle-même compliqué la tâche au moment d’affronter le grand favori du tournoi.

Avec quatre points au compteur et une différence de buts positive (+2), le Maroc aborde cette dernière journée en position favorable avant de défier l’armada d’Hervé Renard, ancien sélectionneur des Lions de l’Atlas.

Plusieurs configurations peuvent l’envoyer en quarts de finale, où il croisera la Syrie s’il finit premier de son groupe en venant à bout de l’Arabie saoudite, ou la Palestine s’il termine 2ᵉ :

  • En cas de victoire ou de match nul face à l’Arabie saoudite, la qualification est automatique, quel que soit le résultat de Oman contre les Comores. Le Maroc terminera dans tous les cas parmi les deux premiers ; 
  • En cas de défaite par un but d’écart, le Maroc resterait à 4 points avec une différence de buts encore positive ou neutre ; 
  • En cas de défaite par deux buts d’écart, le Maroc finirait avec une différence de buts de 0. Oman pourrait revenir à 4 points en battant les Comores, tout en améliorant sa différence. Dans ce cas, les deux équipes seraient à égalité et le classement se ferait à la différence générale.
  • Pour doubler le Maroc, Oman doit gagner avec au moins trois buts d’écart (car une victoire 2-0 mettrait Oman à +1 et le Maroc à 0 ; une victoire 3-0 les mettrait devant ; 2-1 les garderait derrière). Ainsi, une défaite 0-2 face à l’Arabie saoudite ne serait éliminatoire que si Oman gagne par trois buts ou plus ; 
  • En cas de défaite par trois buts d’écart ou plus, le Maroc tomberait à une différence de buts négative. Dans ce cas, la qualification dépendrait entièrement d’un faux pas d’Oman. S’il ne s’impose pas, le Maroc passe. En revanche, si Oman gagne, même par un but, le Maroc serait éliminé.

Un onze du Maroc à l’identité incertaine

Afin d’éviter une déconvenue qui trancherait avec les récents résultats positifs des sélections dirigées par Tarik Sektioui, le staff marocain avance avec prudence.

Le technicien n’a d’ailleurs cessé de marteler en conférence de presse que le meilleur moyen de rentrer prématurément à la maison serait… de viser le strict minimum.

« Si on entre sur le terrain avec l’ambition de jouer le match nul, on risque d’avoir une mauvaise surprise », prévenait le natif de Fès.

Dans ces conditions, la composition du onze de départ relève presque de la quadrature du cercle. Faut-il aligner les meilleurs éléments pour sécuriser la qualification et éviter tout suspense inutile ?

Ou bien, à l’inverse, profiter de ce dernier match du premier tour pour faire tourner et ménager ceux qui tirent physiquement la langue en vue de la phase à élimination directe ?

Jusqu’à hier, le sélectionneur n’avait pas encore son équipe de départ en tête, excepté le poste de gardien, dont il a clarifié la hiérarchie.

« Avant même le début du tournoi, la hiérarchie entre les trois gardiens était déjà établie. Mehdi Benabid est le titulaire du poste, puis viennent Salah-Eddine Chibab et Rachid Ghanimi », assure Tarik Sektioui.

« Mais en raison de l’arrivée tardive de Benabid dans le groupe, nous avons préféré aligner Chihab lors du premier match », poursuit-il, en précisant que le gardien du Wydad sera dans les cages aujourd’hui.

Pour le reste, des changements à toutes les lignes ne sont pas à exclure. Le staff technique doit en effet composer avec un groupe aux états de forme très hétérogènes.

Et le dilemme de la gestion des forces vives s’impose désormais avec acuité, dans une compétition au calendrier infernal.

Ces dernières semaines, certains internationaux étaient sur le pré tous les trois jours, notamment ceux engagés dans les compétitions continentales avec leurs clubs. Ils arrivent à Lusail avec un gros volume de minutes dans les jambes.

Des temps de jeu à gérer prudemment

À l’inverse, d’autres ont eu un temps de jeu famélique et manquent clairement de rythme, ce qui complique encore un peu plus les choix du sélectionneur.

Dans la première catégorie, on retrouve la ligne défensive, où trois joueurs ont enchaîné les matchs avec leurs clubs avant d’être titularisés deux fois d’affilée. On pense à Mohamed Bouleacsout, Soufiane Bouftini et Hamza El Moussaoui.

En milieu de terrain, il devient évident que Mohamed Rabie Hrimate et Anas Bach accusent le coup, notamment après avoir évolué près d’une mi-temps en infériorité numérique lors du nul concédé face à Oman.

Idem pour Walid El Karti, dont la prestation a laissé à désirer. Le secteur offensif n’est certainement pas épargné.

Karim El Barkaoui a été moins en jambes et moins décisif que lors de la victoire face aux Comores, tandis qu’Amine Zouhzouh est passé totalement inaperçu. Et Oussama Tannane, auteur de passes décisives contre les Comores, a disparu des radars.

Bref, l’incertitude règne dans quasiment tous les secteurs de jeu, y compris au poste d’avant-centre.

Dans ces conditions, deviner la composition exacte de l’équipe relève du casse-tête, même pour le sélectionneur. Mais on peut être sûr que Tarik Sektioui alignera la meilleure formation possible pour valider son ticket pour les quarts de finale.

En face, l’Arabie saoudite, presqu’au complet sous la houlette de l’ancien sélectionneur du Maroc, Hervé Renard, affiche une volonté de tourner la page sur ses déboires passés au Qatar. 

Un pays limitrophe qui ne réussit pas tellement aux Faucons verts. Le Mondial 2022 et la dernière de la Coupe arabe ont vu les Faucons verts être éliminés prématurément au premier tour.

Pourtant, les dernières sorties de l’équipe saoudienne n’ont rien eu de transcendant. Elles ont mis en lumière des forces offensives certaines, mais aussi des lacunes défensives, avec notamment des joueurs excentrés dont le repli est intermittent.

Une stratégie saoudienne qui a autant d’avantages que d’inconvénients

Ce n’est pas un hasard si la 60ᵉ nation au classement FIFA affiche cinq buts marqués, mais aussi deux encaissés en un peu plus de 180 minutes. Ces statistiques s’expliquent par un bloc équipe où le repli des attaquants n’est pas systématique.

Si l’Arabie saoudite aime prendre le jeu à son compte (65 % de possession, meilleure équipe du tournoi dans ce domaine), elle reste également dangereuse sur les phases de transition. 

Cette stratégie repose sur le positionnement avancé de Salem Al-Dawsari à gauche et de Saleh Abu Al-Shamat ou Abdulrahman Alobud à droite. 

Quel que soit le titulaire, ces joueurs restent très hauts, même lorsque leur équipe perd le ballon, gagnant ainsi un temps d’avance précieux dans les transitions.

Cet arrêt sur image illustre le positionnement très haut de Salem Al-Dawsari. À la récupération, il bénéficie d’un précieux temps d’avance sur le latéral comorien, qui se rend compte un peu trop tard de son retard à la perte du ballon.

Cette configuration profite pleinement à la complicité entre Al-Dawsari-Al-Buraikan. Le premier (4 passes décisives et un but) bénéficie des appels tranchants de son avant-centre, tandis que ce dernier exploite la qualité de passe de son meneur excentré.

Une connexion à haut débit qu’il faudra absolument neutraliser, au même titre que celle qui lie Al-Dawsari à Mohamed Kano (2 buts). 

Pour cela, les latéraux marocains adopteront probablement la même prudence que lors du dernier match. Mais leur rôle restera crucial, non seulement sans ballon, mais aussi en phase offensive. 

À l’inverse, avec des joueurs offensifs au repli intermittent, les déséquilibres dans la défense saoudienne deviennent criants, notamment sur les côtés.

Projections et dédoublements sur les ailes seront essentiels pour créer des situations de deux contre un et mettre à mal une défense saoudienne parfois déséquilibrée.

En somme, ce choc s’annonce comme fondateur pour une équipe marocaine qui n’a pas encore atteint son plein potentiel.

Les Lions de l’Atlas auront à cœur de rééditer leur victoire sur l’Arabie saoudite lors de la dernière édition, pour aller le plus loin possible dans cette Coupe arabe.