Publié en novembre 2025, le Rapport de la stratégie de la sécurité nationale dévoile sa nouvelle doctrine sécuritaire, réaffirmant le principe « America First« et un retour assumé à l’esprit de la doctrine Monroe.
Dans ce contexte, la Maison-Blanche a salué les accords d’Abraham signés par le Maroc, considérés comme un levier clé pour renforcer la stabilité régionale en Afrique et au Moyen-Orient, dans une logique de réduction des conflits et de renforcement des partenariats.
Ce document stratégique expose les grandes lignes de la vision américaine en matière de sécurité nationale et de politique étrangère, plaçant la protection des intérêts vitaux des États-Unis au cœur de sa démarche.
Cette doctrine met en avant une approche jugée cohérente, réaliste et centrée sur la défense des intérêts nationaux fondamentaux, avec pour objectif affiché de préserver la puissance, la prospérité et l’influence des États-Unis pour les décennies à venir.
Le rapport critique les politiques menées par les administrations précédentes, accusées d’avoir adopté des stratégies « inefficaces« . Ces dernières auraient, selon le texte, entretenu l’illusion d’une domination américaine permanente sans tenir compte des transformations profondes de l’ordre international depuis la fin de la guerre froide.
La Maison-Blanche souligne également que le président Donald Trump et son équipe entendent « ouvrir un nouvel âge d’or pour la nation », un objectif présenté comme la pierre angulaire de ce second mandat. Il est présenté comme suit : « Assurer la survie et la sécurité du pays, protéger son peuple, son territoire, son économie et son mode de vie contre toutes les menaces ».
La question de l’immigration irrégulière occupe une place centrale dans cette nouvelle doctrine. La Maison-Blanche insiste sur la nécessité d’un contrôle strict des frontières, du renforcement des infrastructures nationales et de la modernisation de l’armée et des systèmes de défense, y compris dans leur dimension nucléaire.
Le rapport aborde également la dimension du soft power, en mettant l’accent sur le maintien de l’influence culturelle et spirituelle des États-Unis dans le monde. Il s’agit de raviver la foi du peuple américain dans la grandeur et les valeurs morales de la nation.
Sur le plan géopolitique, la stratégie repose sur plusieurs priorités majeures de la politique étrangère américaine : la stabilité de l’hémisphère occidental, la sécurisation de l’Indo-Pacifique, le soutien aux alliés européens, la prévention de toute domination hostile au Moyen-Orient, sans oublier le maintien du leadership technologique américain, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle et des biotechnologies.
Le document précise également les principes fondateurs de cette nouvelle stratégie, articulés autour d’une approche dite »pragmatique », centrée sur »America First ». Celle-ci s’appuie sur la paix par la force, la défense stricte de la souveraineté américaine, un non-interventionnisme mesuré et le maintien de l’équilibre des puissances mondiales, avec pour finalité de garantir la sécurité, la prospérité et l’indépendance stratégique des États-Unis.
Dans la même logique, la doctrine met officiellement fin à la politique de migration de masse, impose un partage plus équitable des responsabilités sécuritaires avec les alliés, et privilégie le règlement des conflits par la diplomatie de paix. Sur le plan économique, le rapport insiste sur l’importance stratégique de la sécurité économique, à travers la conclusion des accords de commerce équitable, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, la ré-industrialisation, la relance de l’industrie de défense, la domination énergétique et la préservation de la suprématie du dollar.
Le rapport réactualise également la doctrine Monroe, enrichie d’un nouveau corollaire appliqué à l’hémisphère occidental, tout en intégrant les enjeux stratégiques de l’Europe, de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Afrique.
Au niveau africain, l’administration Trump privilégie une »approche traditionnelle », centrée sur l’aide et la promotion des valeurs libérales, tout en développant des partenariats ciblés avec des pays jugés fiables, comme le Royaume du Maroc, afin de renforcer la stabilité et de résoudre les conflits régionaux.
La stratégie américaine pour l’Afrique mise sur des partenariats axés sur le commerce et l’investissement, notamment dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie et les minerais critiques. Le Maroc s’inscrit déjà dans cette dynamique, à travers des projets phares comme le projet de gazoduc Maroc-Nigeria et l’Initiative royale pour l’Afrique atlantique.
Toutefois, la priorité absolue est accordée à la région indo-pacifique, où la Chine est désormais perçue comme le principal centre de gravité géopolitique du XXIᵉ siècle. Face à Pékin, la doctrine privilégie une compétition technologique, économique et militaire maîtrisée, fondée sur un équilibre dissuasif, la protection des routes maritimes, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et le maintien du leadership américain dans les technologies de pointe.
À travers cette nouvelle stratégie, l’administration Trump affiche clairement son ambition : préserver durablement la puissance et l’influence des États-Unis dans un monde marqué par le retour de la rivalité entre grandes puissances.
En conclusion, cette nouvelle doctrine impacte positivement le Maroc qui coche toutes les cases – stabilité, sécurisation des routes énergétiques, coopération sécuritaire et antiterroriste… – et qui sera certainement l’allié pivot dans la région.