Comme annoncé en juin dernier par Médias24, des visites de contrôleurs anonymes de la qualité des prestations hôtelières devraient être lancées dans les établissements d’hébergement touristique au plus tard au mois de mars 2026, apprend Médias24 de plusieurs sources autorisées.
La sélection du meilleur candidat est en cours
Dans le cadre des nouveaux décrets d’application de la loi 80‑14 qui réforment le système de classement hôtelier, des audits anonymes cibleront les hôtels, riads, maisons d’hôtes, résidences touristiques, kasbahs classés de 3 à 5 étoiles ainsi que les établissements en cours de reclassement.
Pour vérifier qu’ils offrent réellement la qualité du classement affiché, plusieurs marchés ont été lancés par le ministère de tutelle afin de sélectionner des sociétés capables de faire les audits requis.
Après avoir réservé une chambre incognito, leurs contrôleurs évalueront la qualité de leur parcours client, à savoir : accueil, état de la chambre, de la restauration, des services additionnels, la propreté, la sécurité… en se basant sur une grille allant jusqu’à 800 critères selon le type d’établissement.
Et d’ajouter que faute de cabinets nationaux spécialisés dans ce type de contrôle, il est plus que probable que le choix du ministère se portera dans un premier temps sur une société étrangère avant d’arriver à terme à un ratio de 50% de consultants privés locaux et 50% d’experts internationaux.
Une caution élevée pour les entreprises qui soumissionneront
Après que plusieurs entreprises ont déposé leur candidature, à l’image du cabinet français d’audit In Extenso, qui dispose d’une expertise reconnue à l’international, le choix final est imminent, nous confirme une source proche du dossier, en ajoutant que les critères de sélection sont drastiques.
Sachant que « les établissements contrôlés risquent gros » en cas de rapport négatif, notre source révèle que les sociétés d’audit qui soumissionneront devront déposer une caution de 700.000 euros pour éviter toute tentation d’influence ou de corruption de ses agents chargés du contrôle qualitatif.
Les premiers résultats prévus courant 2026
Bien que nos interlocuteurs refusent de nous révéler le montant du budget ministériel qui sera alloué à ces actions de contrôle de qualité, ils estiment que les premiers résultats seront bénéfiques très rapidement.
« Si les premiers rapports des clients mystère donneront aux hôteliers un certain délai avec des mises en demeure adressées au gérant de l’établissement en cas de rapport négatif pour remédier aux infractions relevées par le contrôleur, ils permettront de générer une montée en gamme progressive des prestations et des infrastructures d’accueil des établissements d’hébergement touristique », précisent nos interlocuteurs qui tablent sur des résultats probants à partir du 2ᵉ trimestre 2026 et sur un possible reclassement du parc d’hébergement à l’horizon 2027.
Les gérants d’établissements classés dans l’expectative
Tenus à l’écart du processus de contrôle, les gérants d’hôtels ou d’autres formes d’hébergement contactés par Médias24 craignent d’éventuelles sanctions découlant d’une unique visite mystère.
S’ils reconnaissent que certains confrères affichant un classement qualitatif injustifié méritent d’être sanctionnés, ils espèrent ne pas faire l’objet de sanctions hâtives conjoncturelles, qui pourraient leur faire perdre une partie de leur clientèle pour une simple fuite d’eau dans une chambre.
En d’autres termes, le système de contrôle devra donner lieu à deux ou trois visites pour susciter une culture continue d’amélioration des prestations et ne pas être un moyen de sanctionner.