Au risque de contredire le sélectionneur national Tarik Sektioui, ce ne sont évidemment pas « trois points » qui seront en jeu lorsque le Maroc affrontera la Syrie, ce jeudi 11 décembre en quart de finale de la Coupe arabe 2025.
La formule, lâchée en conférence de presse, a fait sourire plus qu’elle n’a inquiété. On se doute bien que le sélectionneur n’a pas confondu match de groupes et rencontre à élimination directe.
Il s’agit sans doute d’un simple glissement de langage, rien de plus. Car sur la pelouse du stade international Khalifa, à Al Rayyan, l’équipe nationale n’aura strictement aucun droit à l’erreur. Une défaite renverrait les Lions de l’Atlas dans leur tanière.
Au fond, Sektioui voulait probablement souligner l’ambition de son groupe de faire la différence avant la séance de tirs au but, si jamais le match devait aller jusqu’aux prolongations. Une façon comme une autre d’afficher la volonté de plier l’affaire dans le jeu.
« On espère que l’on fera honneur au maillot et aux supporters en se qualifiant au bout d’une bonne production », souhaite le sélectionneur.
Mais rien n’est moins sûr. En face, les Lions de l’Atlas affronteront une équipe dont le style de jeu leur a souvent posé problème.
D’autant que « dans le football moderne où les niveaux se sont rapprochés, il n’y a plus de petites équipes », prévient Tarik Sektioui, à la fois par humilité et pour se prémunir en cas de mauvaise surprise.
D’ailleurs, il ne faudra pas s’attendre à un feu d’artifice offensif, compte tenu des nombreuses absences qui handicapent le groupe.
Les Mehry, Bencherki ou encore Lamlioui n’auraient certainement pas été de trop pour dynamiser une attaque parfois atone dès qu’elle manque d’espace.
C’est pourtant face à ce genre d’adversaire que le Maroc tentera de décrocher une place parmi les quatre meilleures équipes du tournoi.
La Syrie est passée par les barrages pour atteindre la phase de groupe
Pour la Syrie, qui a dû passer par un barrage pour intégrer la compétition, atteindre ce stade relève presque de l’exploit. Mais à y regarder de plus près, leurs performances relèvent davantage de la logique.
Il n’est finalement pas surprenant de voir cette équipe se qualifier au second tour dans un groupe où la Tunisie, pourtant favorite, a quitté la compétition prématurément, battue par la Palestine mais aussi par la Syrie.

L’analyse de ce match met en évidence l’inefficacité criante des Aigles de Carthage, mais surtout la discipline tactique des Syriens et leur capacité à exploiter les espaces en transition.
Leur équipe est clairement construite en ce sens. La possession n’est pas une priorité. L’idée est de capitaliser sur la vitesse des joueurs de couloir tout en assurant une protection constante de leur surface de réparation.

Le bloc défensif, en 4-4-2 médian à bas et plus enclin à reculer qu’à défendre en avançant, a posé de sérieux problèmes à la Tunisie.
Une configuration qui pourrait gêner le Maroc, comme ce fut le cas face à Oman en première période, lorsque les Lions manquaient de solutions contre un bloc bas.

Le système syrien n’est toutefois pas totalement impénétrable. Son efficacité repose principalement sur la rapidité de circulation du ballon vers les côtés.

Dès que le rythme baisse, les Syriens récupèrent systématiquement la possession. Nous avons évoqué plus tôt que leur bloc ne défend pas en avançant, mais il existe une exception notable.
Notamment lorsque le milieu adverse reçoit le ballon dos au jeu, le joueur syrien le plus proche déclenche un pressing immédiat et intense.

Une fois la récupération effectuée, les Syriens ne s’égarent pas. Face à une Tunisie déséquilibrée dans ses transitions, le porteur du ballon n’était pas toujours pressé, ce qui lui permettait de lancer directement ses coéquipiers en profondeur.
Leurs courses, parfois à vide mais très coordonnées, perturbent les défenses adverses.

Bien que la Syrie allonge souvent le jeu, elle n’hésite pas, par séquences, à repartir proprement de derrière. Et c’est dans ces phases-là que sa défense semble la plus vulnérable.
Les Tunisiens l’avaient bien compris. Ils orientaient la relance syrienne vers le défenseur central droit, tout en coupant la ligne de passe vers Elmar Abraham, véritable plaque tournante de l’équipe.

Une stratégie qui avait porté ses fruits. Du moins pour la Tunisie. Reste à savoir si le Maroc sera capable, à son tour, d’imposer son jeu face à une équipe particulièrement difficile à manœuvrer et dont le portier possède l’un des meilleurs taux d’arrêts du tournoi.

