La tragédie qui a frappé la zone urbaine d’Al Massira continue de secouer la capitale spirituelle. Alors que les funérailles des victimes se poursuivent, le sort des survivants, évacués en urgence, et l’état des bâtiments voisins soulèvent de vives inquiétudes.

Dès le jour de la catastrophe, les autorités locales ont procédé à l’évacuation des habitants de trois immeubles adjacents menacés. Selon Bilal Ben Daoud acteur associatif et élu local contacté par Médias24, une solution d’hébergement provisoire a été mise en place dans un hôtel du centre-ville, mais elle ne concerne pas tous les sinistrés.

« Les autorités ont pris en charge uniquement les femmes et leurs enfants en bas âge », précise-t-il. Les hommes, quant à eux, ont été laissés à leur propre sort, contraints de trouver refuge chez des proches. Cette séparation ajoute au traumatisme des familles.

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Confusion au CHU : des rescapés appelés à payer

Une situation ubuesque a également été signalée au Centre hospitalier universitaire (CHU) où des blessés ont été transférés. Parmi eux, une femme enceinte en état de choc a été, selon nos sources, sommée de régler les frais médicaux. « Certains, pris de panique, ont payé », rapporte Bilal Ben Daoud.

Alertées, les autorités locales sont intervenues. Le caïd de l’annexe administrative Al Massira a garanti qu’une attestation administrative serait délivrée pour exonérer de frais l’ensemble des victimes de cette catastrophe.

Sécurisation et psychose des fissures

Sur le terrain, des travaux de consolidation ont débuté. Des étais sont installés pour soutenir les bâtiments adjacents fragilisés. Mais l’inquiétude gagne le voisinage. D’autres habitants, alarmés par l’apparition de fissures et des signes inquiétants de délabrement (infiltrations d’eau, bruits suspects), craignent pour leur sécurité et celle de leurs proches.

Le pacha de la zone urbaine d’Al Massira a annoncé une rencontre imminente avec les sinistrés pour tenter de trouver des solutions durables. En attendant, la priorité reste la mise en sécurité des populations et la gestion humaine d’une catastrophe qui a endeuillé toute une ville et laissé des familles entières sans toit.

Rappelons que dans la nuit du 9 au 10 décembre, deux immeubles à Hay Al Moustaqbal se sont effondrés, faisant jusqu’à présent 23 morts et 15 blessés.

Une enquête a été ouverte par la police judiciaire, sous la supervision du parquet général, afin de déterminer les causes réelles de cette tragédie et d’élucider les circonstances de cet effondrement qui laissera des traces indélébiles à Fès.