Le paysage est marqué par la violence du drame. D’un côté, les ruines des deux bâtisses effondrées, où s’activent les engins de déblaiement. De l’autre, des immeubles encore debout mais fragilisés, désormais soutenus par des étais en bois et en métal pour prévenir toute nouvelle catastrophe.
C’est au pied de ces façades menaçantes que se joue le drame social. Les résidents des immeubles adjacents, sommés d’évacuer par mesure de précaution, sont là, dans la rue. Certains ont pu sortir quelques affaires : des meubles, des matelas et des sacs s’entassent sur le trottoir, vestiges d’un quotidien disloqué.
Ces familles ne campent pas, elles attendent. Debout ou assises à proximité de leurs biens, elles guettent une solution de relogement ou une information fiable. L’incertitude est totale pour ces hommes, femmes et enfants qui, du jour au lendemain, se retrouvent sans toit, contraints de contempler leur quartier meurtri en espérant une prise en charge rapide.
Le quartier Al Massira, zone populaire de Bensouda, vit au rythme des gyrophares et des engins de chantier. Mais derrière le bruit des machines, c’est le silence lourd de la détresse humaine qui prédomine, celle de citoyens qui ont tout perdu en une nuit et qui attendent désormais des réponses.