Cash Plus a gagné un peu plus de 61% sur sa première semaine de cotation, entre le 8 et le 12 décembre 2025. Introduite au prix de 200 DH, l’action a clôturé cette première semaine à 321,9 DH.
Sur la période, le volume total des échanges a dépassé 234 MDH, faisant de Cash Plus la deuxième valeur la plus échangée de la semaine, juste derrière Maroc Telecom.
Dans ce même sens, il convient de rappeler que BKGR avait recommandé de souscrire à l’IPO de Cash Plus, en estimant un cours d’appréciation à 254 DH, soit un potentiel de hausse de 27%. Un niveau qui a été non seulement atteint, mais largement dépassé.
Plusieurs analystes que nous avions contactés lors de l’IPO avaient exprimé des avis positifs sur le potentiel de l’action, estimant que le marché devrait accueillir favorablement le titre.
Au cours de la séance du 15 décembre, l’action a baissé de 0,9% à 319 DH. La capitalisation s’élève désormais à près de 8 MMDH, contre 4,9 MMDH à l’introduction.
Source: medias24.com
Où va l’action Cash Plus ?
« La hausse du titre était attendue après l’IPO, compte tenu du niveau très élevé de la demande. Un parcours de plus de 60% sur la première semaine reste cohérent avec l’appétit des investisseurs autour du titre, mais aussi avec l’intérêt pour ce nouveau segment, qui offre une vraie diversification en bourse », explique un analyste de la place.
« On observe également une montée en puissance de la culture boursière chez les petits porteurs, qui cherchent de plus en plus à profiter des introductions en bourse. D’autant plus que l’allocation était limitée à 18 actions par souscripteur. Pour beaucoup, ce niveau a été jugé insuffisant, ce qui explique aujourd’hui une volonté de renforcer les positions sur le marché secondaire ».
« Pour les prochaines séances, après une hausse continue, une phase de correction est tout à fait normale. Il n’y a rien d’anormal ou d’inquiétant à ce stade, c’est même un mouvement sain de marché. Le titre a beaucoup progressé en très peu de temps et certains investisseurs peuvent naturellement procéder à des prises de bénéfices ».
D’ailleurs, sur le carnet d’ordres de la séance du 15 décembre, le marché s’est montré plutôt vendeur. Côté achat, on recense environ 8.700 titres demandés, répartis sur une vingtaine d’ordres, essentiellement positionnés autour de 316 à 317 DH.
En face, les vendeurs sont plus nombreux, avec près de 13.700 titres proposés via près de 500 ordres, concentrés majoritairement autour de 320 DH. Donc, il s’agit d’une volonté de prise de bénéfices après la forte hausse enregistrée depuis l’introduction.
Les acheteurs, eux, restent bien présents, mais se montrent plus patients, préférant attendre un niveau de prix plus confortable.
Au-delà de cet effet post-IPO, Cash Plus bénéficie aussi d’un contexte sectoriel porteur. L’entreprise est la première fintech à s’introduire à la Bourse de Casablanca, opérant sur le segment des établissements de paiement, un marché soutenu par la montée des transferts formels, la digitalisation accélérée des paiements et les politiques publiques en faveur de l’inclusion financière.
Avec près de 4.909 agences couvrant 119 localités et plus de 4 millions de comptes de paiement ouverts, Cash Plus dispose d’un ancrage opérationnel solide, notamment auprès des populations peu bancarisées.
« Le marché anticipe aussi la capacité du groupe à exécuter son plan de développement, qui repose à la fois sur l’extension du réseau et sur la montée en puissance du digital », estime un autre analyste. Le business plan communiqué table sur un rythme de croissance soutenu, avec un taux de croissance annuel moyen des commissions de plus de 14% à horizon 2030, porté par l’élargissement du réseau à 7.800 agences et par le déploiement de la Super App intégrant le M-Wallet ».
Sur le plan de la valorisation, les multiples retenus sont « corrects » au regard du profil de croissance. Sur la base du prix d’IPO de 200 DH, le titre ressortait sur un P/E moyen de 16,2x sur la période 2025E-2030E, soit une décote d’environ 20% par rapport aux ratios normatifs du marché marocain. Le rendement du dividende attendu dépasse quant à lui 5%, soit plus du double de celui du MASI.
Bien évidemment, « la concurrence sur le marché des paiements demeure intense, avec la présence d’acteurs historiques soutenus par des groupes bancaires, et l’émergence potentielle de nouveaux entrants digitaux. Le modèle repose également fortement sur un réseau de franchisés, qui représente près de 87% des agences, ce qui expose le groupe à un risque de concentration. Enfin, la montée en puissance du digital implique des investissements continus, notamment en systèmes d’information et en cybersécurité ».
À ce stade, « le marché semble surtout retenir la visibilité offerte par le modèle et la dynamique de croissance annoncée. L’essentiel, désormais, sera la capacité de Cash Plus à délivrer, trimestre après trimestre, sur les objectifs annoncés. C’est là que l’histoire boursière se jouera vraiment ».
Par ailleurs, « la question de la sortie progressive du fonds MCP. À l’issue de l’IPO, ce dernier conserve une participation de plus de 14% dans le capital de Cash Plus. En l’absence de clause de lock-up pour les actionnaires hors groupement d’actionnaires stables, une cession partielle ou totale du fonds reste une option envisageable à moyen terme ».
« Ce n’est pas un risque immédiat, mais un élément que le marché intègre toujours dans ce type de configuration. Une sortie mal calibrée pourrait créer une pression ponctuelle sur le titre, même si elle n’altère pas les fondamentaux de l’entreprise ».