Cette année, la grippe circule plus tôt et plus fortement que d’habitude au Maroc, ce qui suscite des questions et de l’inquiétude chez de nombreux citoyens.
Contacté par Médias24, le Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé, se veut rassurant. « Le virus qui circule actuellement et qui prédomine est le H3N2. Ce n’est pas un nouveau virus. Il s’agit d’un virus connu de la grippe saisonnière, qui, comme tous les virus influenza, subit régulièrement des mutations. C’est un phénomène tout à fait normal ».
Selon lui, la particularité de cette saison réside surtout dans son caractère précoce. « Ce n’est pas la première fois que la saison grippale démarre plus tôt ou plus tard que d’habitude. Ce qui est observé à l’échelle internationale, c’est une transmission un peu plus élevée, mais il s’agit d’observations et non de preuves épidémiologiques établies », précise le Dr Merabet.
Le H3N2 est en effet reconnu pour sa forte transmissibilité, ce qui explique l’augmentation du nombre de cas.
Sur le plan clinique, les autorités sanitaires écartent toute gravité inhabituelle. « Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé et les données nationales, il n’y a pas de sévérité accrue de l’influenza cette saison. Les formes graves concernent essentiellement les personnes à risque, comme c’est le cas chaque année : les personnes âgées, les patients atteints de maladies chroniques ou les personnes immunodéprimées », souligne-t-il.
Les symptômes restent classiques. L’OMS estime que près de 60% des personnes infectées présentent des formes très légères, tandis que 40% développent le tableau typique de la grippe : fièvre, toux sèche, courbatures, maux de tête et fatigue.
« La vaccination reste essentielle, notamment pour les groupes à risque. Elle ne prévient pas toujours l’infection, mais elle protège efficacement contre les formes graves« , insiste le Dr Merabet, rappelant également l’importance des gestes barrières, de l’isolement en cas de symptômes et du respect des règles d’hygiène.
De son côté, le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, apporte un éclairage complémentaire sur la dynamique actuelle du virus. Il confirme une saison grippale exceptionnellement précoce et intense. « Cette dynamique touche en premier les adolescents, les jeunes et les adultes, avant de s’étendre aux enfants et au reste de la population », précise le Dr Hamdi.
Au Maroc, les effets commencent déjà à se faire sentir. « Sur le terrain, on constate une accélération des cas de syndromes grippaux depuis la mi-novembre, alors que le pic survient habituellement en décembre », explique-t-il. Il anticipe un nombre plus élevé de cas, avec un risque accru de formes sévères chez les populations vulnérables, notamment les personnes de plus de 65 ans, les malades chroniques, les femmes enceintes, les personnes obèses, les immunodéprimés et les jeunes enfants.
Les symptômes observés restent similaires à ceux de la grippe saisonnière : fièvre élevée, frissons, maux de tête, écoulement nasal, douleurs musculaires et articulaires, toux sèche, parfois accompagnées de troubles digestifs.
Face à cette situation, les spécialistes convergent sur un même message : la vaccination, la vigilance et le respect des mesures préventives demeurent les meilleurs moyens de limiter l’impact de cette saison grippale précoce au Maroc.