La Conférence des présidents des universités publiques s’est réunie à l’Université Mohammed V de Rabat pour examiner les mesures relatives à la formation en temps aménagé, notamment l’exonération de certaines catégories de fonctionnaires et de salariés des frais d’inscription, ainsi que l’unification de ces frais à l’échelle nationale.
À l’issue des discussions, la Conférence a recommandé, à l’unanimité, l’exonération des fonctionnaires et des salariés, dont le revenu mensuel ne dépasse pas le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), des frais d’inscription à la formation en temps aménagé, et ce, à compter de l’année universitaire en cours.
Elle a également préconisé l’unification, à l’échelle nationale, des frais d’inscription pour l’ensemble de ces formations à l’horizon de la prochaine rentrée universitaire.
Une mesure qui divise
Il convient de rappeler que la question des frais d’inscription imposés aux étudiants salariés a suscité une vive polémique, notamment en raison des accusations de privatisation de l’université publique et des craintes liées à l’exclusion d’une partie des étudiants de leur droit à l’enseignement.
Alors que le ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, défend un modèle destiné aux étudiants salariés, visant à renforcer l’attractivité de l’université publique et à leur offrir des conditions de formation adaptées, des voix – parmi lesquelles des enseignants et des étudiants – ont réclamé l’annulation de cette mesure.
Contacté par nos soins dès l’instauration de cette mesure, Khalid Zekri, professeur à l’Université de Meknès, estime qu’il s’agit du « début de la privatisation des universités publiques« . Selon lui, les montants exigés par les établissements universitaires marocains sont disproportionnés au regard du niveau de vie moyen des citoyens.