L’Association marocaine de l’irrigation par aspersion et goutte-à-goutte (AMIAG) a alerté sur la situation critique que traverse le secteur de l’irrigation au Maroc, qualifiée par l’association comme l’une des crises « les plus graves et durables de son histoire ».

Depuis plus de trois ans, précise-t-elle, les entreprises du secteur subissent une accumulation de contraintes majeures, notamment :

  • le retard prolongé du déblocage des subventions publiques du Fonds de développement agricole (FDA), atteignant désormais jusqu’à 24 mois ;
  • la hausse généralisée des coûts des équipements et des intrants ;
  • l’augmentation des taux d’intérêt des avances du Crédit Agricole, passés de 3,5 % à 5,5 % ;
  • l’entrée en vigueur de la loi n° 69-21 relative aux délais de paiement.

L’ensemble de ces facteurs exerce une pression sans précédent sur la trésorerie des entreprises du secteur.

L’AMIAG rappelle que l’État cumule aujourd’hui plus de deux milliards de dirhams d’arriérés de subventions, relatifs à des projets d’irrigation déjà réalisés, réceptionnés et pleinement opérationnels.

Dans ce contexte, les entreprises d’irrigation ont avancé les investissements, assuré la fourniture et l’installation des équipements, tout en supportant l’intégralité des charges financières et opérationnelles, sans que les subventions correspondantes ne soient débloquées, souligne l’AMIAG, précisant que cette situation met gravement en péril leur équilibre financier et expose leurs dirigeants à des risques économiques et juridiques majeurs.

La crise de l’irrigation, marquée par le recours massif à la délégation de créances faute de moyens financiers des agriculteurs, a déjà provoqué la défaillance de nombreuses entreprises et la perte de compétences, faisant peser un risque majeur d’effondrement du secteur et de remise en cause des objectifs nationaux de modernisation agricole, de sécurité alimentaire et de gestion durable de l’eau, explique l’association.

Face à cette situation, l’AMIAG appelle les pouvoirs publics à :

  • accélérer le déblocage des arriérés de subventions ;
  • mettre en place des mécanismes transitoires de soutien à la trésorerie des entreprises ;
  • engager une concertation approfondie avec les professionnels du secteur afin de construire des solutions durables et adaptées aux réalités du terrain.

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