Le Maroc a lancé sa Coupe d’Afrique des nations 2025 par une victoire face aux Comores (2-0), ce dimanche 21 décembre au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat.
Loin d’être parfaite, cette victoire s’est dessinée grâce à une réalisation de Brahim Díaz (55′), venu ouvrir la boîte de Pandore, le portier comorien.

Ce dernier n’a ensuite pu que suivre des yeux le magnifique retourné acrobatique d’Ayoub El Kaabi (74e), venu sceller le sort de la rencontre.
Un succès précieux pour les hommes de Walid Regragui, qui se rapprochent d’une qualification pour les huitièmes de finale. Il faudra toutefois confirmer vendredi 26 décembre, toujours à Rabat, face au Mali, sans doute l’équipe la plus solide du groupe A.
Avant même le lancement des hostilités sur le pré, le Royaume et la Confédération africaine de football (CAF) avaient mis la barre très haut lors de la cérémonie d’ouverture.

Un show du plus bel effet, où la pyrotechnie s’est mêlée à des chorégraphies rythmées par une musique entraînante, véhiculant à la fois la culture marocaine et l’unité continentale, pour le plus grand bonheur des spectateurs comme des téléspectateurs.
Une belle démonstration du savoir-faire marocain et africain en la matière, mais aussi le prélude d’une compétition où les Lions de l’Atlas n’ont désormais d’autre choix que de se mettre au diapason.
Le Maroc a aligné un onze inattendu
Étrangement, le onze de départ concocté par Walid Regragui a balayé de nombreuses certitudes qu’il avait lui-même établies depuis plusieurs mois.
Dans le 1-4-3-3 du technicien marocain, le poste de gardien ainsi que le milieu de terrain n’ont connu aucune modification, avec notamment Yassine Bounou dans les buts et un trio Ounahi–Amrabat–Neil El Aynaoui dans l’entrejeu.
En revanche, Romain Saïss fait son apparition dans une charnière centrale 100 % Coupe du Monde 2022, aux côtés de Nayef Aguerd.
Les couloirs étaient occupés par Anass Salah-Eddine à gauche et Noussair Mazraoui à droite, sous les yeux d’Achraf Hakimi.
De retour sur une feuille de match pour la première fois depuis la mi-octobre, le capitaine de l’équipe nationale a été chaleureusement applaudi par plus de 65.000 personnes, en hommage à son Ballon d’Or africain 2025.
En outre, le compartiment offensif a été quasiment modifié dans sa totalité par rapport à ce que le staff de l’équipe nationale a l’habitude de mettre en place. Si Brahim Díaz a évolué sur le côté droit, Walid Regragui a fait confiance à Ismaïl Saibari à l’opposé.
Le front de l’attaque a quant à lui été confié à Soufiane Rahimi. Le seul joueur, avec Ismaïl Saibari, à attaquer naturellement la profondeur. En revanche, le onze national ne manquait pas de manieurs de ballon.
En face, Stefano Cusin a, sans grande surprise, aligné une équipe disposée en 1-5-4-1, avec Youssef M’Changama en numéro dix, en soutien de Rafiki Saïd.
Les Lions de l’Atlas n’ont pas trouvé les espaces nécessaires sur attaques placées
Surmotivés par un hymne national chanté à pleins poumons par un stade en fusion, les Lions de l’Atlas ont démarré pied au plancher.
Acculant des Comoriens dans leur propre moitié de terrain, brouillons et timides à la récupération.
Sauf que les Lions de l’Atlas n’ont pas trouvé les espaces nécessaires sur attaques placées pour s’approcher des cages de Yannick Pandor.
D’ailleurs, la première véritable incursion de Brahim Díaz et ses coéquipiers dans les seize mètres adverses est intervenue sur une phase de transition rapide.
Après une bousculade sur Soufiane Rahimi non sifflée par l’arbitre, celle sur Brahim Díaz a immédiatement été sanctionnée par un penalty, très mal tiré et donc manqué par l’attaquant d’Al Ain Sofiane Rahimi.
Et comme si cela ne suffisait pas, Romain Saïss s’est blessé au genou dans la foulée.
La manière dont le défenseur central s’est écroulé sur la pelouse, ainsi que les accolades de ses coéquipiers sur le banc de touche à sa sortie, ne présageaient rien de bon pour la suite de la compétition.
Deux séquences qui ont quelque peu refroidi l’atmosphère, tant chez les 22 acteurs que dans les tribunes. Une période qui a coïncidé avec les premières approches comoriennes dans le camp marocain.
Mais ce fut de courte durée. L’équipe nationale a repris sa marche en avant, sans pour autant véritablement mettre en danger le portier des Comores. Même la tentative enroulée d’Ismaïl Saibari est passée largement à côté (30e).
Le Maroc a tenté trop de choses difficiles
L’illustration d’une équipe marocaine cherchant systématiquement des gestes et des combinaisons difficiles, au détriment de la patience et de la simplicité.
Les Lions ont trop souvent confondu vitesse et précipitation. Sans oublier un manque de présence dans la surface de réparation des Comores.
Ce qui est assez logique lorsque ton avant-centre, Soufiane Rahimi, se trouve partout sauf dans la zone de vérité.
Au terme de la première période, le sentiment prédominant restait que l’enjeu avait pris le pas sur le jeu.
En témoignent les nombreuses pertes de balle, parfois dangereuses, dont se sont rendus coupables les Lions de l’Atlas. Et la bronca du public, au moment de rentrer aux vestiaires, était amplement méritée.
En parlant de mérite, Neil El Aynaoui aurait mérité d’ouvrir le score sur une déviation au premier poteau, à la réception d’un centre d’Anass Salah-Eddine, qui a enfin été servi par ses coéquipiers sur son côté gauche (49’).
Mais son ballon a fui le cadre d’un gardien qui n’a rien pu faire sur le premier but de cette 35e édition, Brahim Díaz.
Une inspiration géniale d’Ayoub El Kaabi
Pourtant, l’action avait très mal débuté avec un ballon en profondeur de Sofyan Amrabat dans le dos de Noussair Mazraoui. Mais le Mancunien a rattrapé le coup avant de servir au point de penalty l’attaquant madrilène (55’).
Dans leur manière d’exulter, on sentait chez les joueurs autant de joie que de soulagement. Ce fut le cas également sur l’arrêt décisif de Yassine Bounou devant Rafiki Saïd, qui a bénéficié d’une énième perte de balle de la défense marocaine pour se présenter face au portier des Lions de l’Atlas (59’).
Le but du Maroc a au moins eu le mérite d’ouvrir des espaces dans le bloc défensif comorien, dont le gardien a réalisé deux arrêts de toute beauté pour repousser les tentatives coup sur coup de Noussair Mazraoui et Jaouad Yamiq à l’heure de jeu.
Mais Yannick Pandor n’a absolument rien pu faire sur l’inspiration géniale d’Ayoub El Kaabi, qui n’a pas hésité à s’élever dans le ciel de Rabat pour doubler la mise d’un sublime retourné dont il a le secret.
Entrés à un quart d’heure de la fin, Abdessamad Ezzalzouli et Youssef En-Neysiri ont établi une bonne connexion que Youssef En-Neysiri n’a pas concrétisée.
Son tir étant repoussé encore une fois par le portier adverse. Mais le plus important était de gagner. Et le Maroc l’a fait.